[CRITIQUE] : Memory Box

[CRITIQUE] : Memory Box
Réalisateur•ice : Joana Hadjithomas et Khalil Joreige
Acteurs : Rim Turki, Manal Issa, Paloma Vauthier,...
Budget : -
Distributeur : Haut et Court
Genre : Drame, Comédie.
Nationalité : Français, Libanais, Canadien, Qatarien.
Durée : 1h42min.
Synopsis :
Montréal, le jour de Noël, Maia et sa fille, Alex, reçoivent un mystérieux colis en provenance de Beyrouth. Ce sont des cahiers, des cassettes et des photographies, toute une correspondance, que Maia, de 13 à 18 ans, a envoyé de Beyrouth à sa meilleure amie partie à Paris pour fuir la guerre civile. Maia refuse d’affronter ce passé mais Alex s’y plonge en cachette. Elle y découvre entre fantasme et réalité, l’adolescence tumultueuse et passionnée de sa mère dans les années 80 et des secrets bien gardés.

Critique :

Pas si éloigné du beau et récent #SousleCieldAlice, #MemoryBox est une fresque poétique et sensorielle plastiquement grisante, un touchant et nostalgique récit sur les souvenirs d'une jeunesse tourmentée par les turpitudes aveugles d'une Histoire qui ravage tout sur son passage. pic.twitter.com/9Z5q5jT7ta

— Fucking Cinephiles (@FuckCinephiles) January 19, 2022

En fin de compte, que savons-nous réellement de nos parents, excepté ce qu'ils ont bien voulu nous dire - ou nous montrer - d'eux-mêmes ?
L'orgueil voudrait que l'on connaisse à la perfection ceux que nous aimons et d'une certaine façon, nous savons le principal tant nous avons connaissances des événements majeurs de leur vie, ainsi qu'une pléthore de faits supposément anecdotiques, mais qui font le sel autant de leurs personnalités, que de notre attachement - ou non - à leur égard.
Et cette connaissance, cette familiarité coïncide évidemment avec la période de nos existences respectives ou nos quotidiens étaient communs, mais qu'en était-il de cette vie avant nos naissances ?
C'est une vraie curiosité sur laquelle joue joliment le charmant et poétique Memory Box du tandem de réalisateurs libanais Joana Hadjithomas et Khalil Joreige, vissé sur la relation complexe entre Maia et sa fille Alex, dont la distance n'est dû qu'à la volonté de la mère, de préserver sa fille de la vérité de son passé et de sa jeunesse dans un Liban en guerre.
Une décision qui va cependant vaciller lorsqu'elle reçoit un mystérieux colis en provenance de Beyrouth, une relique de sa correspondance (photos, K7,...) de l'époque avec sa meilleure amie vivant à Paris.

[CRITIQUE] : Memory Box

Copyright Haut et Court, Abbout Productions


Si Maia reste déterminée à ignorer son passé, Alex elle, va secrètement plonger dedans, découvrant une vie complètement différente dont elle ignorait complètement l'existence...
Pas si éloigné du magnifique Sous le Ciel d'Alice de Chloé Mazlo sortie cet été, formidable bulle de légèreté pleine de fantaisie et de couleurs, dressant autant un superbe portrait de femme qu'il incarne une chronique sociale solaire sur le traumatisme de la guerre civile au Liban; Memory Box, un brin autobiographique, se fait autant une merveilleuse célébration de la vie, qu'un beau récit d'amour et de compréhension intergénérationnels.
Profitant de la curiosité de la jeunesse (dans laquelle les cinéastes peuvent se reconnaître) pour mieux revisiter le passé mutique de la génération précédente et aider à guérir ses blessures toujours béantes, Hadjithomas et Joreige peignent une fresque poético-hybride incroyablement ludique (entre un réalisme quasi-documentaire et une animation fantaisiste, tout droit sortie d'un conte de fées), dont l'inventivité n'est finalement plombé que par des petits détails (notamment sa manière de surligner en off, ce que les images expriment avec délicatesse).
Des petites maladresses donc, qui n'entachent en rien le plaisir procuré par cette évasion touchante et sensorielle plastiquement grisante, sur la transmission et le devoir de mémoire; un touchant portrait sur les souvenirs d'une jeunesse tourmentée par les turpitudes aveugles d'une Histoire qui ravage tout sur son passage, magnifiquement interprété et méticuleusement monté.
Une belle découverte.
Jonathan Chevrier
[CRITIQUE] : Memory Box

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