The Nightingale (2018) de Jennifer Kent

Attention, à ne pas confondre avec le prochain film au titre éponyme (2021) de Mélanie Laurent. Ce film est une production australienne tournée en 2017, sortit dans plusieurs festivals en 2018 puis 2019 avant un stand-by coronavirus d'où cette sortie tardive très limitée à travers le monde, et sur plateforme en France. Il s'agit du second long métrage de Jennifer Kent qui avait connu un joli succès avec son premier, le film d'horreur "Mister Babadook" (2014). La cinéaste est productrice-réalisatrice-scénariste de son film... En 1825, en Australie à une époque où l'île-continent servait avant tout de pénitencier géant pour la couronne britannique, Clare est une bagnarde irlandaise a épousé un autre bagnard mais alors qu'elle devrait obtenir sa libération elle reste sous le joug d'un officier. Après une nuit tragique, Clare est violée et sa famille massacrée. Aussitôt remise elle décide de poursuivre les coupables pour se venger dans un pays qui est alors encore terriblement hostile...

The Nightingale (2018) de Jennifer Kent

L'héroïne est incarnée par l'actrice italo-irlandaise Aisling Franciosi vue dans les séries TV "The Fall" (2013-2016) et "Games of Throne" (2016-2017) puis vue dans le très bon film "Jimmy's Hall" (2014) de Ken Loach. Son guide aborigène est joué par Baykali Ganambarr vu ensuite dans "The Furnace" (2020) de Roderick MacKay, un autre est joué par Charlie Jampijinpa Brown vu dans un autre film australien "Sweet Country" (2018) de Warwick Thornton, il retrouve donc après ce film Ewen Leslie aperçu auparavant dans "Sleeping Beauty" (2011) de Julia Leigh. Les soldats sont joués par Sam Caflin vu entre autre dans "The Riot Club" (2014) de Lone Scherfig, "My Cousin Rachel" (2017) de Roger Michell et "Enola Holmes" (2020) de Harry Bradbeer, par Damon Herriman surtout connu pour avoir incarné le gourou Charles Manson dans la série TV "Mindhunter" (2019) et dans "Once Upon a Time... in Hollywood" (2019) de Quentin Tarantino... D'emblée la photographie impose un ton grisâtre, une couleur désaturée pour appuyer une atmosphère anxiogène en contraste judicieux avec les grands espaces et la nature hostile d'un pays encore méconnu. Le film débute fort avec un côté malsain qui s'installe dès les premières minutes avec des soldats lubriques et un viol frontal qui ne peut laisser indifférent. Les bases sont mises en place : l'histoire va être sale et sans concession.

The Nightingale (2018) de Jennifer Kent

Mais ce prologue n'est qu'une mise en bouche (si j'ose dire !), puisque qu'un passage arrive encore plus démonstratif. Un passage qu'on penserait aisément signer d'un homme si on ne savait pas que, pourtant, c'est une Jennifer Kent qui est derrière la caméra. Démonstratif, c'est le mot car coup sur coup on se dit qu'on pouvait se passer d'une des deux séquences que la tragédie était d'oresd et déjà bien suffisante. Cette propension à l'esbroufe visuelle est sans doute le gros défaut du film où on a l'impression que la réalisatrice-scénariste désire jouer la carte choc, mais le résultat est que certaines scènes semblent très et trop gratuites comme celle de l'acharnement sanguinaire (c'est dingue comme un coeur peut être si solide !) ou celle du gosse . La cinéaste signe une histoire de vengeance sans approfondir la dimension psychologique, aborde deux sujets (déportation au bagne, colonisation des aborigènes) comme un plaidoyer très manichéen anti-britannique sans nuance, assez caricatural. Ce film aurait pu être une quête féministe et sociale avec une aventure viscérale à la (2017) de Martin Koolhoven, mais au final il s'agit d'un western classique où la violence et l'action prime sur le fond et le message. Heureusement, on apprécie la reconsitution d'une Australie en pleine colonisation, le climax bien rendu, une Clare/Franciosi parfaite en rossignol brisé et on aime ce revirement qui montre que tuer n'est pas si simple, que la vengeance n'est pas si aisée, et qui rappelle aussi que l'affiche est bien trompeuse. Le film reste interessant sur bien des niveaux et on passe relativement un bon moment mais le film aurait gagné à être moins excessif gratuitement.

Nightingale (2018) Jennifer KentNightingale (2018) Jennifer Kent


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