Judas and the Black Messiah (2021) de Shaka King

Ce projet de biopic sur le leader Black Panther Fred Hampton (Tout savoir ICI !) date de 2014 avec un permier scénario de Kenny et Keith Lucas qui tente alors de le vendre notamment à Netflix. En 2016 les deux auteurs travaillent ensuite avec Shaka King sur un projet de pilote télé tandis qu'un projet plus avancé signé Will Berson est en train de voir le jour sous la direction de F. Gary Gray qui ne verra finalement pas le jour. Finalement, les frères Lucas finissent par collaborer avec Will Berson avec Shaka King en tant que co-scénariste et réalisateur. Ce dernier a réalisé plusieurs courts métrages et un long avec "Newlyweeds" (2013) resté plutôt confidentiel. Après plusieurs mouture l'histoire de Fred Hampton se focalise sur la période 1968-1969 jusqu'à son assassinat par le FBI. A noter que le film fut présenté au Festival de Sundance 2021, et qu'il était un des favoris aux Oscars en compagnie du film "Les 7 de Chicago" (2021) de Aaron Sorkin dont l'histoire est reliée et crée un vrai parallèle...

Judas and the Black Messiah (2021) de Shaka King

1968, un petit voleur de voiture, William O'Neal se voit contraint d'accepter une "offre" du FBI et devient un indic infiltré au sein des Black Panthers de Chicago alors dirigé par un leader charismatique, Fred Hampton. Tandis qu'il s'accomode de ce job plutôt bien rémunéré, William devient un proche du leader tandis que bientôt, le patron du FBI, Hoover, ordonne qu'on aille plus loin en ce qui concerne Fred Hampton... Cet indic est joué par Lakeith Stanfieldvu dans (2014) de Ava DuVernay et "N.W.A. : Straight Outta Compton" (2015) de F. Gary Gray puis dans (2017) de Jordan Peele après lequel il retrouve son partenaire Daniel Kaluuya qui incarne Fred Hampton, acteur devenu majeur après quelques bijoux comme "Black Panther" (2018) de Ryan Coogler et surtout le sublime "Queen and Slim" (2019) de Melina Matsoukas. Le duo retrouve également après "Get Out" Lil Rel Howery vu récemment dans (2018) de Susanne Bier. Côté FBI citons J. Edgar Hoover incarné par un Martin Sheen méconnaissable qui retrouve à l'affiche Lakeith Stanfield après "Selma", puis l'agent de liaison interprété par Jesse Plemons remarqué dans de grands films comme (2017) de Scott Cooper, "Pentagon Papers" (2017) de Steven Spielberg et récemment dans "The Irishman" (2019) de Martin Scorcese. Puis citons Dominique Fishback et Algee Smith qui se retrouve après "The Hate U Give" (2018) de George Tillman Jr.... Le film fait référence aussi et surtout à un documentaire où le vrai William O'Neal est interviewé, ce qui donne un autre angle de vue des années après et qui perce aussi toute l'ambiguité autour de cet homme ; d'ailleurs les images d'archives de la fin du film sont un vrai bonus. Sur le fond le film renvoie forcément au récent mouvement du Black Lives Matter et fait un écho particulier aux événements un demi-siècle après. Rappelons que le leader Fred Hampton est mort à seulement 21 ans, et on peut par contre tiquer, être gêner par le fait que son interprète Daniel Kaluuya en a 32 (et les fait !) heureusement compenser par une performance de haute volée de l'acteur, sans doute habité et investi par le sujet l'acteur étant semble-t-il particulièrement attiré par les projets "raciaux".

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D'un côté on a donc un traître qui agit de façon intéressée financièrement parlant car sans réel sens politique, de l'autre un leader charismatique qui de vient de plus en plus présent et important dans la lutte des droits civiques, mais aussi contre la pauvreté. D'ailleurs on est même éberlué quand on voit Fred Hampton tendre la main à des blancs sudistes parés du drapeau confédéré mais qui s'avère pourtant si génialement véridique ! Par là même, ce leader fait référence sans discontinuer à Mao ou Che Guevara, mais aussi à l'ombre pesante de ses aînés Martin Luther King et Malcolm X sans pourtant que ce martèlement soit probant ou utile à l'évolution du récit ou même de l'homme. On apprécie le rapport entre O'Neal et son agent de liaison, l'un croyant sans doute avoir un lien privilégié tandis que l'autre reste pourtant toujours distant. Cette relation, mise en perspective avec les images d'archives posent de nombreuses questions sans qu'on ait les réponses (que pense vraiment O'Neal ?!). On apprécie aussi la tension toujours palpable sans pour autant tomber dans la facilité du pathos ou d'un héroïsme icônique qui serait malvenu. Par contre, on peut trouver que l'ensemble demeure un peu académique dans le sens où le film manque un peu de panache et/ou de poils à gratter. Shaka King n'est ni Oliver Stone ni Spike Lee. Le film manque ainsi de scènes marquantes, d'une iconographie plus forte. Néanmoins, l'histoire est passionnante et ouvre une nouvelle porte sur une période historique américaine toujours aussi dense et foisonnante, dont la complexité est une source sans fin d'inspiration. Un film puissant à voir et à conseiller, à voir en parallèle de "Les 7 de Chicago", les deux histoires étant reliées.

Note :

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