Madame Claude (2021) de Sylvie Verheyde

Biopic sur le plus célèbre proxénète de France, à savoir qu'il s'agit d"une femme, Fernande Grudet dit Madame Claude (Tout savoir ICI !). Un destin digne d'un film en effet, qui a déjà été porté sur grand écran avec "Madame Claude" (1977) de Just Jaeckin avec Françoise Fabian dans le rôle titre, qui sera suivi par une pseudo-suite "Madame Claude 2" (1981) de François Mimet avec cette fois Alexandra Stewart dans le rôle. Si en 1977 le film se basait sur le livre "Allo oui, ou les Mémoires de Madame Claude" (1975) de Jacques Quoirez ce nouveau projet n'indique pas de sources. Le film est écrit et réalisé par Sylvie Verheyde qui a déjà abordé le sujet de la prostitution avec "Sex Doll" (2016). Le film était prévu en sortie cinéma mais vu le contexte sanitaire le film a été acquis par Netflix... Fin des années 60, Madame Claude est une institution depuis déjà une dizaine d'années et son réseau de prostituées de luxe fonctionne à plein et lui a permis de devenir une femme de pouvoir avec une certaine impunité grâce aux quelques services qu'elle rend à la Police et aux services Secrets. Elle engage Sidonie, qui devient sa protégée alors que les années 70 sonnent le déclin...

Madame Claude (2021) de Sylvie Verheyde

Madame Claude est incarnée par Karole Rocher, actrice fétiche qui est de tous les films de la réalisatrice, elle retrouve donc Hafsia Herzi après "Sex Doll", cette dernière avait déjà été prostituée dans le magnifique "L'Apollonide - Souvenirs de la Maison Close" (2011) de Bertrand Bonello. Parmi les autres filles citons Mylene Jampanoï qui se fait malheureusement rare ou si peu présente comme pour son dernier film "Made in China" (2019) de Julien Abraham, puis surtout Garance Marillier révélation de (2017) de Julia Ducournau vue récemment dans (2020) de Anna Falguères et John Shank. Madame Claude/Rocher est entouré de plusieurs hommes, soutiens plus ou moins amicaux avec Roschdy Zem vu récemment dans "La Fille au Bracelet" (2020) de Stephane Demoustier et qui retrouve Karole Rocher après "Sauve-Moi" (2000) de Christian Vincent, Pierre Deladonchamps vu dans "Notre Dame" (2019) de Valérie Donzelli et "Vaurien" (2020) de Peter Dourountzis, Paul Hamy qui retrouve la cinéaste et ses partenaires de "Sex Doll", Benjamin Biolay qui retrouve également la réalisatrive et Karole Rocher après "Stella" (2008), et enfin Philippe Rebbot vu récemment dans "Effacer l'Historique" (2020) du duo Kervern-Delépine... La première déception est que Sylvie Verheyde a écrit un scénario remplit de trous, un gruyère où il y a tout et rien à la fois. Des ellipses importantes, des raccourcis grossiers, des inventions ou des libertés faciles, mêlant surtout ce qui a fait la réputation de Madame Claude à toutes sortes d'autres fantasmes ce qui fait que le film est un biopic dont on ne peut rien tirer de vraiment probant.

Madame Claude (2021) de Sylvie Verheyde

D'abord Madame Claude a mis en place son entreprise dès la fin des années 50 et si elle avait sans aucun doute le "bras long" au temps de sa splendeur il est étonnant que le film s'attarde énormément sur l'affaire Markovicz (une parmi tant d'autres) et occulte par exemple l'affaire du Gavroche alors que Roschdy Zem joue justement un protagoniste central. Par là même, certains paramètres sont bâclés alors qu'on en sait assez pour constater les approximations trop nombreuses ; ainsi Madame Claude était plutôt une femme qui avait un minimum de classe, elle gérait plus de 500 filles particulièrement belles qu'elle chouchoutait et dorlotait, malgré la beauté des filles du film la plupart ne sont pas à un niveau digne d'une prostitution d'élite (oui un détail), Madame Claude jouée par Karole Rocher oscille entre doutes et hystérie ce qui n'est pas franchement très crédible surtout à son apogée. Au final, les 20 ans au sommet se résument aux années 1968-1972, puis à quelques résumés grossiers ensuite le tout avec une succession de faits anecdotiques plus ou moins faussés dont une Sidonie/Marillier complètement fictive qui ne sert à rien d'autres que de créer une sous-intrigue sans intérêt. Rappelons que la vie de Fernande Grudet est assez riche pour ne pas avoir à inventer des intrigues aux légendes déjà existantes. De surcroît, si on retire les séquences de cabaret et aux scènes plus ou moins "scabreuses" et gratuites il ne resterait plus grand choses des 110mn du film. Le scénario sent trop l'approximation et l'invention par-dessus le mythe, une tentative vaine de récréer une époque sulfureuse qui s'avère fantoche et sans intérêt. Un survol vide de substance. Vite vu vite oublié à n'en pas douter.

Madame Claude (2021) Sylvie Verheyde


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