Promising Young Woman (2021) de Emerald Fennell

Premier long métrage de Emerald Fennell, d'abord actrice qu'on a pu voir dans des films de (2010) de Bernard Rose à (2015) de Joe Wright en passant par "Albert Nobbs" (2011) de Rodrigo Garcia et "Danish Girl" (2015) de Tom Hooper, mais aussi avec un rôle récurrent dans la série TV "The Crown" (2019-...). L'actrice semble pourtant avoir la vélléité de passer derrière la caméra après un coutr métrage "Carefull How You Go" (2018) et après avoir porté les casquettes de productrice-scénariste sur la série TV "Killing Eve" (2019). En tant que femme, et au vu de la période très actuelle qui a explosé les thématiques autour des violences faîtes aux femmes depuis 3-4 ans on n'est pas très étonné du sujet abordé dans son films : le viol. La réalisatrice-scénariste (qui s'octroie un petit caméo devant la caméra) signe donc un film qui lorgne sur le sous-genre "Rape and Revenge". On remarque au sein de l'équipe de production deux noms, Tom Ackerley et la star Margot Robbie, couple à la ville et surtout producteurs qui ont produit et joué pour elle dans les films (2017) de Craig Gillepsie et (2020) de Miles Jorois-Peyrafitte... Cassie n'est plus que l'ombre d'elle-même depuis 7 ans, où un événement tragique l'a obligée à stopper ses études de médecine qui lui promettaient un avenir prometteur. Depuis elle est serveuse, et la nuit venue elle force le destin afin de piéger des hommes "trop entreprenant" susceptible d'être des prédateurs. Elle rencontre pourtant un homme, ex-étudiant qu'elle a connu il y a donc plus de 7 ans. Si cette rencontre lui redonne un peu d'espoir, un autre événement va lui rappeler pourquoi elle a agi comme ça depuis ces 7 années...

Promising Young Woman (2021) de Emerald Fennell

Cassie est incarnée par Carey Mulligan, souvent abonnée aux rôles d'ingénues ou de jeunes femmes bien sous tous rapports comme dans "Une Education" (2009) de Lone Scherfig, "Drive" (2011) de Nicolas Winding Refn ou "Loin de la Foule Déchaînée" (2015) de Thomas Vinterberg et à l'exception peut-être du sulfureux (2011) de Steve McQueen. Ses parents sont interprétés par Clancy Brown connu pour "Highglander" (1986) de Russell Mulcahy et "Les Evadés" (1994) de Frank Darabont, avec Jennifer Coolidge particulièrement remarquée en maman de Stifler dans la saga culte "American Pie" (1999-2012). Ses proches sont joués par Molly Shannon vue notamment dans "Marie-Antoinette" (2006) de Sofia Coppola et "Bad Teacher" (2011) de Jake Kasdan, puis Laverne Cox connue pour la série TV "Orange is the New Black" (2013-2019) qui lui permet d'être la première personne transgenre nommée aux Emmy Awards. Citons Alison Brie vue récemment dans "Ma Belle-Famille, Noël et Moi" (2020) de Clea DuVall et (2020) de son conjoint Dave Franco, puis Alfred Molina, grand acteur qui se fait de plus en plus rare mais vu dernièrement dans (2018) de Adam MccKay et qui retrouve Carey Mulligan après "Une Education" (2009) de Lone Scherfig. Puis enfin, citons les mâles victimes et plus ou moins coupables joués par Sam Richardson, Chris Lowell, Adam Brody, Max Greenfield, Christopher Mintz-Plasse, et Bo Burnham, ce dernier ayant un rôle plus important, qu'on a pu apercevoir déjà dans des comédies comme "Funny People" (2009) de Judd Apatow, "Bon à Tirer" (2011) des frères Farrelly ou "#Pire Soirée" (2017) de Lucia Aniello... Le Rape and Revenge est un sous-genre très répandu et mainte fois exploitée, mais là où il y a un père vengeur (la franchise "Un Justicier dans la Ville" avec Charles Bronson par exemple) ou la propre victime qui se fait justice ("L'Ange de la Vengeance" de Ferrara ou encore "L'Eté Meurtrier" de Becker), cette fois il s'agit d'une meilleure amie, et sans forcément user de moyen violent pour arriver à ses fins on s'étonne que le film ait été limité à un classemment R-Restricted soit interdit au moins de 17 ans non accompagné (?!). Un classement clairement sévère puisque le film ne montre franchement aucune scène violente ou choquante, le tout étant surtout suggéré.

Promising Young Woman (2021) de Emerald Fennell

Le premier hic repose sur Carey Mulligan, si elle est toujours aussi talentueuse et charmante, il faut bien avouer qu'elle accuse le coup de ses 35 ans, ce à quoi on a bien du mal à croire à une Cassie de seulement 30 ans, où alors excusons en partant du principe que le trauma l'aurait sensiblement vieilli ; pourquoi pas. Le scénario reste très évasif au début sur les origines du mal, sur le pourquoi du comment qui ont poussé Cassie a quitté les études et à commencer ses "missions nocturnes". Mais on se doute évidemment trop vite du passif, et la rencontre avec le médecin finit par tuer tout suspense. En effet, il est incompréhensible qu'elle ne s'interroge pas plus sur ce docteur, après ces 7 années d'expériences à se venger et à se méfier des hommes elle devrait logiquement d'abord douter de lui. Alors qu'on se doute d'emblée du soucis qui va surgir, pendant près d'une heure Cassie tente donc de construire une vraie histoire et, peut-être tourner la page. On attend donc pendant une heure un rebondissement qui ne viendra jamais, ou plutôt on attend celui qu'on a deviné en espérant un twist qui ne viendra toujours pas. Les vengeances de Cassie n'ont rien de probant, franchement, et on se demande même pourquoi elle assume sa condition de victime aussi loin de son intimité. Le récit est de surcroit plombé par d'autres maladresses, par exemple comment croire qu'une ancienne amie ait gardé une vidéo traumatisante dans un portable durant plus de sept années ?! Comment trouver crédible un bijou qui n'aurait pas fondu ou même noirci dans un feu ?! Et comment expliquer une police qui effectue une arrestation qui n'est même pas pour le bon motif originel ?!... L'atmosphère est plutôt réussi, et malgré tout Carey Mulligan est merveilleuse, tout en fragilité malgré sa force, touchante malgré sa détermination. Mais sans être foncièrement mauvais le film déçoit, on reste sur notre faim tant il est convenu. Le film manque cruellement d'audace, autant sur le fond que dans la forme, et finalement le film semble bien lisse comparé à son ambition. Dommage.

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