Batman et Robin (1997) de Joel Schumacher

Après le succès tout relatif et si peu mérité de "Batman Forever" (1995), la Warner fait de nouveau confiance au réalisateur Joel Schumacher, mais cette fois sans Tim Burton qui quitte le navire à temps et sans la star Val Kilmer qui, après ses mésententes avec le réalisateur, a préféré choisir un autre héros (qui ne lui portera pas plus chance), "Le Saint" (1997) de Phillip Noyce. Entre temps, et déjà après "Le Client" (1994) et "Batman Forever" Schumacher a retrouvé son scénariste Akiva Goldsman sur le thriller "Le Droit de Tuer ?" (1996) sur lequel ils ont commencé à travailler sur cette suite. Schumacher persistant et signant sa volonté d'accentuer tout ce qu'il avait pu faire sur "Batman Forever" (?!). Ainsi, toujours plus d'inspiration d'après la série TV "Batman" (1966) en insistant sur un hommage au style dit "camp" (soit "terme utilisé par les historiens de l'art et les critiques culturels pour décrire un style, une forme d'expression et un regard propre à la sous-culture gay masculine"). Le scénariste ajoutera plusieurs éléments autour du personnage de Mr Freeze inspirés de la série TV d'animation "Batman" (1992)... À Gotham City, un nouveau méchant fait régner la terreur, Mr Freeze, un scientifique qui est obnubilé à trouver coûte que coûte les moyens de sauver sa femme qu'il garde cryogénisée alors qu'elle a contracté une maladie incurable. Entre temps, une autre méchante, Poison Ivy manigance pour éradiquer l'humanité. Batman et Robin ont du pain sur la planche, tandis que Alfred mourant reçoit la visite de sa nièce...

Batman et Robin (1997) de Joel Schumacher

Suite oblige, on retrouve des personnages, Batman forcément, mais celui-ci aura changé d'apparence entre temps. On retrouve donc Gordon et Alfred incarnés respectivement par Pat Hingle et Michael Gough, ainsi que Robin de nouveau joué par Chris O'Donnell qui aura joué entre temps dans "L'Héritage de la Haine" (1996) de James Foley et "Le Temps d'Aimer" (1996) de Richard Attenborough. Par contre, Batman est cette fois incarné par George Clooney, alors très populaire grâce à la série TV "Urgences" (1994-2000) et dont ses apparitions au cinéma restent fortement anecdotiques à l'exception notable de "Une Nuit en Enfer" (1996) de Robert Rodriguez. Ce dernier n'est pas encore bankable, la vraie star du film incarne le méchant, un certain Arnold Schwarzenegger, au sommet après notamment le dyptique "Terminator" (1984-1991) de James Cameron ce qui lui permet d'imposer de jolies conditions, à savoir un cachet de 25 millions de dollars (un record !) plus un pourcentage sur les futures adaptations (on verra, un mauvais calcul sur ce point !). L'autre antagoniste est jouée par Uma Thurman alors en pleine ascension après "Pulp Fiction" (1994) de Quentin Tarantino et "Bienvenue à Gattaca" (1997) de Andrew Niccol. Citons la nièce de Alfred jouée par la jeune Alicia Silverstone alors révélée par des films comme "The Babysitter" (1995) de Guy Ferland et surtout "Clueless" (1995) de Amy Heckerling, puis un petit rôle de fiancée de Batman pour Elle McPherson, une des plus grandes top model de sa génération qu'on avait pu apercevoir déjà au cinéma dans "Leçons de Séduction" (1996) de Barbara Streisand et "Jane Eyre" (1996) de Franco Zeffirelli... Le film débute par un fou rire, celui de mon fils, comme il le rappelle après un geste "entrejambe" façon Michael Jackson de l'Homme-Mystère dans "Batman Forever" voici qu'on a droit à un gros plan sur un fessier de chauve-souris ! Un tic qui n'en est pas un puisque le film va offrir quelques gros plans inutiles et grossiers de tous nos super-héros jusqu'à la plastique révélée de batgirl. Sans doute l'effet "camp" (ah ce détail allant jusqu'aux tétons des costumes) voulu par Schumacher, le fait que le cinéaste soit homosexuel assumé explique peut-être ce goût prononcé ?! En tous cas, après le désastre du précédent opus force est de constater que le réalisateur persiste et signe bel et bien pour un déluge de mauvais goût dans la veine du "... Forever".

Batman et Robin (1997) de Joel Schumacher

On constate également une construction narrative similaire (s'est pas foulé Akiva Goldsman), un prologue où un gros méchant veut tout casser, un second qui prépare son entrée, la belle du héros toujours aussi potiche, une révélation pour donne run coup de main. Pourtant, cette fois on a pas droit à deux clowns usant de tous leurs pouvoirs pour un concours de grimaces, Schwarzenegger s'en sort étonnament bien et avec sobriété, Uma Thurman quant à elle fait sa Jim Carrey mais en droguée parcimonieuse (!), le pire venant du Batman puisque incarné par un George Clooney inexistant, l'oeil hagard qui ne croit pas en ce qu'il fait, et qui se demande sans doute ce qu'il fait là, se disant sûrement qu'il est en train de connaître le même genre d'expérience que dans "Le Retour des Tomates Tueuses" (1988) de John De Bello, nanard culte de ses débuts. Les décors en carton pâtes tous hideux et sans inspiration, les effets spéciaux toujours aussi honteux (1997 !!!), un scénario sans aucune surprise le tout parsemé de faux raccords records, d'incohérences en tout genre font que ce film n'a rien à envier à "Batman Forever". Notons les dialogues toujours aussi inventifs ("ils nous cherchent des crosses", "Freeze t'es givré"...) Pourtant force est de constater que tous sur ce film ont assumé de continuer droit devant et sans tergiverser dans le sillon du précédent. Incroyable mais vrai ! Citons pêle-mêle la glace en latex, quelques passages qui sont remis en simple aller-retour, la batmobile qui sort de sa batcave alors qu'elle y entre normalement, sans compter le pompon de la fin, où nos héros ont un ultimatum à 11mn mais qui leur permet tout de même de changer de costume l'air de rien (?!). Plus anecdotique, l'origine de Batgirl est une nouveauté du film, aucun lien avec les comics originels. cette fois, c'est la goutte d'eau, le public ne suit plus avec un box-office mondial de seulement 238 millions de dollars pour un budget de 160 millions ! Même si Schwarzy coûte cher, il semble que monter le budget de 100 pour "... Forever" à 160 démontre une réelle confiance des producteurs qui n'ont assurément pas eu le nez fin. Au point que plus tard, le réalisateur lui-même présentera ses excuses suivi de George Clooney quelques années plus tard. Un naufrage alors même que la Warner avait d'ores et déjà lancé un nouveau volet, aussitôt repoussé suite au résultat commercial. Repoussé, annulé, puis relancé, repoussé... En attendant un certain "Batman Begins" (2005)...

Batman Robin (1997) Joel Schumacher

Pour info bonus, Note de mon fils de 11 ans :

Batman Robin (1997) Joel Schumacher

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