Dreamland (2020) de Miles Joris-Peyrafitte

Après un premier long métrage avec "As You Are" (2018), le réalisateur Miles Joris-Peyrafitte enchaîne avec ce film qui s'inspire de la grande époque des gangsters et de la crise post-1929 aux Etats-Unis, périodes riches en événements déjà maintes fois portés à l'écran. Le cinéaste reçoit le soutien de producteurs qui ont l'habitude des faibles budgets, d'abord Brian Kavanaugh-Jones venu de chez Blumhouse (, ...) mais aussi derrière les films "Take Shelter" (2012) et "Midnight Special" (2016)tous deux de Jeff Nichols, puis de Tom Ackerley producteur de (2017) de Craig Gillepsie et "Terminal" (2018) de Vaughn Stein, tous deux avec une certaine Margot Robbie, star bankable qui est justement la conjointe de Ackerley à la ville et également co-productrice du film. Le réalisateur est donc plutôt bien soutenu pour ce projet écrit par le méconnu Nicolaas Zwart, qui a été avant ça assistant sur 2-3 courts métrages, et qui a écrit un épisode de la série TV "Riverdale" (2017-...)... Durant la Grande Dépression, en 1935, l'ado Eugene Evans rêve de pouvoir aidé financièrement sa mère qui s'est remarié avec un policier après que son père les a abandonné des années auparavant. Eugene rêve aussi de revoir son père qui serait au Mexique selon une cartre reçue il y a des années. L'ado saisit sa chance quand il retrouve une fugitive dans sa grange pour qui il y a une grosse récompense...

Dreamland (2020) de Miles Joris-Peyrafitte

Le jeune héros est interprété par Finn Cole connu surtout comme membre du gang dans la série TV "Peaky Blinders" (2014-...) mais vu aussi sur grand écran dans "Massacre au Pensionnat" (2018) de Crispian Mills et "Heer Are the Young Men" (2020) de Eoin Macken. Sa mère est jouée par Kerry Condon vue entre autre dans "Tolstoï, le Dernier Automne" (2010) de Michael Hoffman, "This Must Be the Place" (2011) de Paolo Sorrentino et "Three Billboards" (2017) de Martin McDonagh, son beau-père est joué par Travis Fimmel célèbre Ragnar de la série TV "Vikings" (2013-2017) mais également vu au cinéma dans "The Bayton Outlaws" (2012) de Barry Battles, "Maggie a un Plan" (2015) de Rebecca Miller et "Warcraft : le Commencement" (2016) de Duncan Jones, puis la jeune soeur qui est interprétée par Darby Camp vue dans le dyptique "les Chroniques de Noël" (2018-2020) de Clay Kaytis. Enfin, on notera le couple de gangsters en fuite, lui joué par Garrett Hedlund acteur vu notamment dans "Sur la Route" (2012) de Walter Salles, (2015) de Joe Wright ou (2017) de Dee Rees, puis elle incarnée évidemment par la star Margot Robbie qui retrouve son partenaire Finn Cole après "Massacre au Pensionnat", et vue récemment dans (2020) de Jay Roach et "Birds of Prey" (2020) de Cathy Yan où elle reprend son rôle icônique de Harley Quinn... Au vu du speech on pense forcément aux gangsters ayant défrayés la chronique jusqu'à amener un certain J. Edgar Hoover a créé le FBI, on pense donc à Bonnie Parker et Clyde Barrow puis à John Dillinger et Billie Frechette dont on peut citer les films les plus fameux sur eux, respectivement "Bonnie and Clyde" (1967) de Arthur Penn et "Public Enemies" (2009) de Michael Mann. Par là même, la période de la Grande Dépression qui suit le Krach de 1929 a également inspiré bon nombre de cinéaste au premier lieu citons le chef d'oeuvre "Les Raisins de la Colère" (1940) de . Miles Joris-Peyrafitte est à l'évidence sous l'influence de ses aînés prestigieux mais en mettant en place deux autres paramètres qui pourraient faire une différence non négligeable : la différence d'âge du couple entre l'ado en perte de repère et la braqueuse en fuite, puis imaginer une histoire vraie sans en être une.

Dreamland (2020) de Miles Joris-Peyrafitte

Sur ce dernier point c'est plutôt maladroit voir peu judicieux car le réalisateur met tout en place pour qu'on croit à un récit tiré ou inspiré d'une histoire vraie notamment avec la mise en place de la voix Off, narratrice 25 ans après les faits. D'abord c'est un système malhonnête, puis comment croire à des souvenirs aussi précis 25 ans après, d'une fillette qui en avait à peine 10 ?! La différence d'âge est un plus plus intéressant déjà, qui impose d'abord une question morale même si étant donné le passif criminel on y croit guère, qui impose un espoir romanesque qui colle à l'imagerie populaire vis à vis des gangsters alors vus par le peuple comme des héros anti-système et qui faisait les choux gras de la presse populaire. On a effectivement aucun mal à croire à la naïveté d'un ado fasciné par une criminelle qui est particulièrement belle, forcément. Il y a aussi une histoire d'apprentissage, d'émancipation, d'éveil aux sens, tout un pan du passage à l'âge adulte qui donne de l'épaisseur au récit qui est par là même pourtant plombé par un scénario trop balisé et surtout plombé par des passages trop tirés par les cheveux comme la petit soeur quasi médium, un flic aveugle lors d'un contrôle routier ou un ado néophyte qui ne semble pas à sa première fois... Le côté diaporama "malickienne" est un peu too much, n'apporte pas grand chose et on aurait aimé une vraie mise en valeur des paysages et des décors d'autant plus que la photographie est très belle. Niveau acting, on constate un Hedlund sous-exploité voir complètement occulté, tandis que le personnage du beau-père/Fimmel est très intéressant et ne tombe pas dans l'écueil du buté abruti et/ou violent, en prime on appréciera le personnage de Allison/Robbie tout en ambiguité (aime-t-elle vraiment ou est-elle manipulatrice ?!). En conclusion, Miles Joris-Peyrafitte signe un film non dénué de qualité, avec de bonnes idées et des séquences inspirées mais dans le même temps qui n'exploité pas à fond ses qualités, préférant un côté balisé sans un minimum d'audace. Pas un grand film donc, loin s'en faut, même ça se regarde comme on dit.

Dreamland (2020) Miles Joris-PeyrafitteDreamland (2020) Miles Joris-Peyrafitte


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