[CRITIQUE] : Sleep

[CRITIQUE] : Sleep

Réalisateur : Michael Venus
Avec : Gro Swantje Kohlhof, Sandra Hüller, August Schmölzer, Marion Kracht, Max Hubacher, Martina Schöne-Radunski,...
Distributeur : -
Budget : -
Genre : Épouvante-Horreur, Thriller.
Nationalité : Allemand.
Durée : 1h42min.
Synopsis :
Pour lutter contre les intenses cauchemars qui malmènent son sommeil, Marlene se rend dans un hameau reculé dans la montagne qui ressemble étrangement aux lieux de ses effrois nocturnes. Devenue brusquement apathique, elle y est rejointe par sa fille Mona, qui peu à peu découvre la froideur de ce lieu anxiogène. Tandis que cette dernière cherche à comprendre le mal qui paralyse sa mère, elle doit affronter le passé macabre de ce village et les forces menaçantes qui le hantent…


Critique :

Plus cérébral que viscéral et catapulté dans un beau cadre anxiogène, #Sleep incarne un cauchemar fiévreux et sauvage sur les traumatismes intergenerationnels à la pertinence bien trop réelle pour ne pas troubler, utilisant finement le folklore et les apparats du conte de fées. pic.twitter.com/yuim1zQ6nm

— FuckingCinephiles (@FuckCinephiles) January 28, 2021

Notre sommeil, au-delà d'être vital pour notre santé, sert souvent de terreau parfait à nos subconscients, pour traiter les souvenirs et autres pensées qui véhiculent nos quotidiens, ou sont même plus profondément enfouis dans nos esprits et nos âmes.
Bon ou mauvais, les rêves révèlent parfois des vérités oubliées - volontairement ou non - enfouies depuis des lustres, des secrets si lointain qu'il n'y a que par ce biais incontrôlé et incontrôlable, qu'ils peuvent s'exprimer à nouveau.
Sleep, premier long-métrage du très prometteur Michael Venus, s'attache à cette intrusion du sommeil dans le quotidien au travers d'une femme tourmentée par ce qu'elle voit, et croque une merveille de cauchemar mysterieux et vertigineux entre songe et réalité, qui examine avec férocité le potentiel retour du totalitarisme dans les contrées allemandes.
L'héroïne du métrage, Marlene (formidable Sandra " Toni Erdmann " Hüller), mère célibataire aimante de la fraîchement adulte Mona, qui rêve toujours du même endroit (un hôtel so-Overlook où elle a " vu " trois hommes se suicider, tandis qu'un quatrième résiste à passer à l'acte).

[CRITIQUE] : Sleep

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Lorsqu'elle remarque sur une brochure un hôtel qui correspond exactement à celui de son rêve, elle décide de s'y rendre et vivra un profond traumatisme dans l'une de ses chambres, qui la fera tomber dans une dépression particulièrement apathique.
Alors que Mona vient chercher des réponses dans le village boisé de Stainbach, elle aussi commencera à vivre des rêves troublants - même éveillée - dans lesquels elle voit des suicides graphiques, une truie sauvage et une jeune femme fantomatique nommée Trude.
Tous ces visions terrifiantes et choquantes font in fine partie d'une malédiction - à la fois la sienne et celle de l'hôtel - nourrit dans un passé meurtrier et qui insiste pour réclamer réparation pour tous les péchés passés...
Plus cérébral que viscéral, hanté par le spectre du nazisme tentant de reprendre la main sur la nation, alors que les générations actuelles semblent somnambuler face à sa résurgence pernicieuse (alors que l'on voit tous, partout à travers le globe ou même me vieux continent, les fronts d'extrême droite prendre de plus en plus le pouvoir); Sleep, qui ne perd pas de temps pour nous catapulter au coeur de l'action (même si son rythme connaîtra quelques petits coups de mou en cours de route), est une oeuvre troublante, un film de fantômes nourrit par les thèmes de la culpabilité, du traumatisme et de la vengeance, ou le passé impuni revient transpercer le présent pour réclamer son dû.

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Dans un cadre anxiogène (allégorie d'un pays dont le présent et les rêves sont toujours hantés par son passé récent étouffant), le film souffle un vrai vent de féminisme (au-delà d'une belle relation mère-fille, ce sont les femmes sont les seules à agir, bousculant le règne du Vaterland et du patriarcat stagnant) et incarne un rêve fiévreux et sauvage sur les traumatismes intergénérationnels à la pertinence bien trop réelle pour ne pas troubler, utilisant finement le folklore et les apparats du conte de fées - le tout avec une esthétique " Lynchienne " à tomber.
On appelle ça une jolie réussite pour un premier long.
Jonathan Chevrier[CRITIQUE] : Sleep

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