Indomptable Angélique (1967) de Bernard Borderie

4ème épisode de la célèbre marquise rousse après "Angélique, Marquise des Anges" (1964), "Merveilleuse Angélique" (1965) et "Angélique et le Roy" (1965) tous de Bernard Borderie qui reprend donc en main la saga après avoir entre temps tourné le polar "Brigade Antigangs" (1966) avec notamment Robert Hossein et Henri Cogan tous les deux récurrents dans les films de Angélique. Adapté comme toujours du roman éponyme (1960) de Anne et Serge Golon qui suit tout aussi logiquement l'ordre chronologique des aventures. Mais pourtant cette fois les films commencent à modifier un tantinet les choses, on verra ça un peu plus bas... Si Francis Cosne et Bernard Borderie sont de nouveau les scénaristes du film, ils sont assistés cette fois de Pascal Jardin qui écrira surtout pour Pierre Granier-Deferre dont les chefs d'oeuvres "La Horse" (1970), "Le Chat" (1971) ou encore "Le Train" (1973).

Indomptable Angélique (1967) de Bernard Borderie

Il s'agit du premier film à avoir été tourné quasi entièrement hors de France, essentiellement en Sardaigne puis en Tunisie... Angélique, après avoir découvert que son mari Joffrey de Peyrac est encore envie, décide de partir sur les mers pour retrouver l'homme qu'elle aime. Mais après plusieurs péripéties elle est capturée par des pirates qui veulent la vendre comme esclaves... On retrouve la pulpeuse Michèle Mercier dans le rôle titre, puis Robert Hossein dans le rôle de Joffrey de Peyrac, les deux acteurs se seront retrouvés entre temps hors "Angélique" dans le film "La Seconde Vérité" (1966) de Christian-Jaque. A leurs côtés, citons Roger Pigaut vu dans "Le Comte de Monte Cristo" (1954) de Robert Vernay et dans "J'ai tué Raspoutine" (1967) de Robert Hossein, Ettore Mannni spécialiste du peplum italien dont "Les Légions de Cléôpatre" (1959) et "Hercule à la Conquête de l'Atlantide" (1961) tous deux de Vittorio Cottafavi, Sieghardt Rupp remarqué en frère Rojos dans "Pour une Poignée de Dollars" (1964) de Sergio Leone, puis Mino Doro vu dans "Huit et Demi" (1963) de Luchino Visconti qui retrouve Borderie après "Rocambole" (1963). Notons aussi que le narrateur est la voix de Jacques Toja, qui n'est autre que Louis XIV dans les trois premiers films... Donc pour la première fois, le roman en question est en fait scindé en deux, ce même roman servira également au prochain et 5ème film, "Angélique et le Sultan" (1968), mais surtout une liberté est prise puisque dans les oeuvres littéraires l'identité du Rescator n'est dévoilé que deux romans après, en partance pour le Nouveau Monde.

Indomptable Angélique (1967) de Bernard Borderie

Mais on constate surtout que les références historiques sont beaucoup moins nombreuses, peu ou pas de liens avec de grands personnages, peu ou quasi pas de nouvelles technologies de leur temps ce qui était loin d'être anodin dans la richesse des récits et des trois premiers films. Dommage... Par contre, à contrario, les aventures de Angélique se teintent cette fois beaucoup plus d'exotisme et d'aventures pures, dans les sens premier du terme. Plus de France, encore moins de faste de la cour de Versailles mais les grands espaces, la mer et les pirates et surtout notre héroïne souffre encore plus ce qui semble aussi lui rappeler qu'elle reste bel et bien amoureuse de son époux. Angélique est pleine d'espérance mais subit comme jamais les affres misogynes des hommes qu'elle croise. À la fois plus érotique et tragique, plus exotique et aventureux, la suite des événements ne sont pas tendre avec la Marquise des Anges. Des aventures qui partent vers d'autres horizons ce qui permet de redonner un coup de fouet niveaux décors et ambiance même si certains aspects nous manquent (Versailles, Jean Rochefort...). Mais les drames font que l'esprit général est plus sombre encore, se rapprochant donc un peu mieux des romans originels. Imparfait assurément mais ça reste un bon moment mêlant tous les ingrédients du genre et restant cohérent avec l'héroïne Angélique et son caractère aussi inconséquent que ténébreux.

Note :

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