Des types de personnalité

Il est possible de décrire un type de personnalité par les expériences intérieures et le comportement. Ensuite, il suffit de l’appliquer à un personnage.

personnalitéLa psychologue Linda Edelstein remarque que le développement d’une personnalité commence assez tôt dans la vie et demeure remarquablement cohérente tout au long de cette vie.

Une cohérence fragile toutefois

Il est utile de réfléchir aux types de personnalité et aux comportements habituels avant d’imaginer comment des personnages pourraient se comporter malgré le type de personnalité qui leur sied le mieux au regard des exigences de l’histoire.

Et comment les voir se développer, changer et réagir dans des conditions extraordinaires.
Parce qu’un personnage, et en particulier, le personnage principal connaîtra un arc dramatique au cours de ses tribulations et pérégrinations.

C’est-à-dire que le récit que l’on fait de lui est essentiellement l’histoire d’un être qui cherche à atteindre ce qui est à la racine de son être justement, c’est-à-dire lui-même, ce qu’il est réellement. Et que sans le tourment dont il souffre au cours de l’histoire, il est incapable d’atteindre.

Les traits de personnalité émanent d’un mélange d’expériences de vie, de manières de pensée acquises et peut-être d’un tempérament hérité d’après ce que dit Linda Edelstein. Et nous nous organisons avec toutes ces données.

Les personnages de fiction manifestent leurs traits dans leurs attitudes, leurs réactions, leurs modes de vie et leurs sentiments. Les traits de caractère sont également influencés par le contexte dans lequel on se trouve. Par exemple, une personne solitaire peut être efficace en tant que chercheur dans un laboratoire, mais mal à l’aise lors d’un anniversaire.

Les individus sont des êtres réactifs, de sorte que différentes situations influencent les traits observés à ce moment et comment ils réagissent à la situation. En outre, au fil du temps et des étapes de la vie, l’environnement et les circonstances de la vie enrichiront ou déformeront la personnalité, et amèneront un individu à se comporter de manière plus sage ou plus pathologique.

Un personnage aux multiples facettes

Posséder de multiples facettes ne signifie pas que nous sommes une personnalité multiple. On manifeste parfois des traits de caractère contradictoires ce qui ajoute par exemple à la complexité d’un personnage mais surtout, les traits décrits ne sont pas monolithiques.

Les individus affichent des traits à différents degrés sur une échelle allant de léger à modéré à fort. En créant vos personnages, vous pouvez choisir parmi certains traits et décider de la force de ces traits.

Linda Edelstein nous propose de distinguer entre ce qui est interne, c’est-à-dire les émotions et les attitudes et ce qui est relationnel, intersubjectif et qui consiste en notre comportement et nos réactions aux autres.

L’attitude est employée pour manifester les sentiments donc quelque chose d’intérieur alors que le comportement ne s’explique que par rapport à autrui. Ainsi, on affiche une attitude face à notre miroir si l’on projette des sentiments sur nous-mêmes ou bien notre comportement vis-à-vis d’un être que l’on cherche à séduire pourrait être plus ou moins difficile selon l’influence que l’image que nous renvoie notre miroir peut avoir sur nous.

Linda Edelstein prend aussi l’exemple d’un personnage au caractère aventureux qui reste souvent indifférent (non pas méprisant) des sentiments d’autrui, une qualité essentiellement interne. Il peut faire preuve de ce trait de caractère dans sa relation aux autres, en ignorant les conventions sociales ou en adoptant des comportements qui dénotent qu’il ignore les autres.
Dans le même temps, la confiance en soi qui accompagne un caractère aventureux, qui lui permet de prendre des risques, peut aussi l’amener à mal juger d’une situation ou d’un comportement d’un autre personnage et mener au désastre.

Vices et vertus

Le thème des vertus combattant les vices se retrouve aussi bien dans la Bible que dans l’art architectural. Cependant, Linda Edelstein liste plutôt six vertus et les traits de la personnalité censés leur correspondre.

Ainsi, les vices seraient alors considérés comme non pas tant s’opposant à la vertu mais plutôt minorant son influence et son impact sur la personnalité d’un personnage. Tout est en nuances de gris.

  • Sagesse et connaissance
    De cette vertu (Edelstein lie arbitrairement la connaissance à la sagesse. On pourrait ne pas être d’accord), nous pouvons inférer la créativité, la curiosité, l’ouverture d’esprit donc une ouverture aux autres. Cela suppose aussi une soif de connaissances et un regard tourné vers l’horizon. Cette vertu offre une perspective au personnage, un besoin d’aller de l’avant, de ne pas s’enfermer dans un carcan social imposé.
  • Le courage
    Cela implique la bravoure bien-sûr mais aussi l’endurance, l’intégrité et une vitalité. Cette vitalité demande quelques précisions. On peut y voir de la ferveur, de l’enthousiasme, de la vigueur et de l’énergie. Aborder la vie avec excitation et énergie ; ne pas faire les choses à moitié ou sans enthousiasme ; vivre la vie comme une aventure ; se sentir vivant et prêt a tout.
    La force de la vitalité est d’une importance capitale et constitue l’une des cinq forces clés les plus fortement corrélées au bonheur et au bien-être. (Les quatre autres forces sont la curiosité et l’intérêt pour le monde, l’espoir et l’optimisme, la gratitude et la capacité d’aimer et d’être aimé).
  • L’humanité
    Par humanité, Linda Edelstein nous parle de compassion, de compréhension d’autrui, de bonté. Il ne s’agit pas d’un idéal d’humanité qui ne sera qu’une illusion s’il ne se concrétise pas dans la réalité. Il existe une frontière entre notre conscience et la réalité du monde extérieur. Être humain, c’est franchir nos limites et se fondre dans l’autre.
    Honorer les valeurs humaines consiste à les appliquer dans la réalité.
  • La justice
    C’est une vertu qu’il faut bien comprendre. Il y a l’individu et la société, c’est-à-dire les autres auxquelles nous appartenons aussi. Lorsque nous faisons un acte que nous jugeons juste (selon une morale que nous avons admise mais que nous n’avons pas décidée), la justice veut que d’une manière ou d’une autre, nous soyons rétribué de cet acte.
    Cependant, dans le domaine moral ou religieux (la vie civile et l’ordre religieux ont chacun leur propre vision des choses en la matière), la rétribution peut être une récompense ou une punition, matérielle ou spirituelle.
    Dans une autre acception, la justice est à comprendre comme justice sociale, c’est-à-dire une équité qui s’applique dans le monde extérieur comme une solidarité collective. Un personnage de fiction qui se caractérise sous cette vertu de la justice sera alors décrit comme un leader charismatique, un modèle, un exemple.
    Par contre, si l’on nuance cette caractéristique, nous soulevons deux problématiques. L’une est qu’autrui qui s’aveugle à la lumière d’un leadership charismatique comme le nomme Max Weber s’anéantit dans cette dévotion. L’autre est que le personnage affublé de ce tempérament cherche sans cesse l’approbation des autres. Il s’aliène ainsi malgré lui aux autres, à l’opinion par exemple qu’ils se forgent de lui.
  • La transcendance
    La transcendance comme vertu n’est pas de projeter à l’extérieur de soi, dans l’effort désespéré d’atteindre à la plénitude, l’image précisément de cette plénitude. Le mystique Maître Eckhart parlait d’anéantissement de l’âme, c’est-à-dire de dépouiller la conscience de tous les scories (des acquis comme une éducation maladroite, des expériences de vie qui règlent des préjugés…) qui nous encombrent.
    Ainsi, en se rapprochant de notre être véritable, nous serions capables de pardon, d’humilité, de prudence. La transcendance garde son sens de dépassement mais il ne s’agit pas de franchir le seuil qui nous fait entrer dans le monde extérieur mais par une sorte d’introspection de trouver en nous la source de notre véritable nature.
    Homo homini lupus, Homo homini Deus traduit cette ambivalence de la nature humaine. L’homme est un loup pour l’homme si l’homme est un étranger, sorte de peur de l’inconnu. L’homme est un dieu pour l’homme si l’on apprend (et selon notre propos par la transcendance) à respecter les valeurs humaines (l’ambition par exemple n’appartient pas aux valeurs humaines et sépare les hommes, est destructrice de relations humaines).
  • La tempérance
    La tempérance ne signifie pas que tout un chacun doit suivre une voie monastique. Peut-être consiste t-elle à ne pas attendre du monde plus qu’il ne peut nous donner. Ainsi et selon Linda Edelstein, nous apprécierions mieux la beauté et l’excellence. Nous serions ouverts à la gratitude, à l’espoir, à la spiritualité.
    La tempérance permettrait aussi de minimiser la gravité des choses, qu’elles pèsent moins sur nous. En minimisant le sérieux, nous pouvons saisir une légèreté dans les choses, leur accorder moins d’importance ou plutôt leur donner l’importance qu’elles ont réellement. Cela signifie aussi de disposer d’un regard amusé sur le monde qui nous entoure.

Après cette petite introduction, je continuerai dans d’autres articles la description de quelques tempéraments dont vous pourriez vous servir pour élaborer vos propres personnages.

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