Permis de Tuer (1989) de John Glen

16ème film de la saga des Productions EON qui est aussi le second et dernier 007 incarné par Timothy Dalton après "Tuer n'est pas Jouer" (1987). On retrouve le producteur historique Albert R. Broccoli, ses scénaristes Richard Maibaum et Michael G. Wilson (également co-producteur et beau-fils de M. Broccoli) même si Richard Maibaum devra quitter le projet à cause d'une grève des scénaristes à Hollywood. Et enfin le film est toujours signé de John Glen qui collabore donc pour la 5ème et dernière fois à la saga. L'histoire s'inspire d'une partie du roman "Requins et Services Secrets" qui a déjà été adapté avec "Vivre et Laisser Mourir" (1973) de Guy Hamilton. La partie qui intéresse ic est celle où l'ami de la CIA de Bond, Felix Leiter est piégé et dévoré en partie par un requin ce qui va amener 007 à vouloir se venger ; ironie du sort, si Leiter a été joué par plusieurs acteurs, on retrouve le même qui jouait dans "Vivre et Laisser Mourir". Cette partie va être associé avec une partie du roman "Bons Baisers de Paris" (adapté en grande partie dans "Rien que Pour vos Yeux" en 1981) avec le personnage du caïd qui est violent avec les femmes. Ce film est le premier de la franchise à ne pas avoir été tourné au Royaume-Uni... Après avoir assisté au mariage singulier de son ami Felix Leiter ex-CIA et nouvellement à la DEA, Bond apprend que le plus grand trafiquant de drogues au monde s'est attaqué au couple, tuant l'épouse et mutilant gravement Felix. James Bond part se venger contre l'avis de ses supérieurs qui le limoge...

Permis de Tuer (1989) de John Glen

Timothy Dalton reprend son rôle pour une dernière fois (ce qu'il ne savait forcément pas lors du tournage). Il retrouve les agents du MI6 Caroline Bliss/Miss Moneypenny, Robert Brown/M et Desmond Llewelyn/Q. Il retrouve aussi son ami Felix qui est heureusement remplacé par David Hedison qui l'avait déjà interprété dans "Vivre et Laisser Mourir" (1973). Les méchants sont légion dans cette opus avec des gueules bien connues dont Robert Davi remarqué dans "Piège de Cristal" (1988) de John McTiernan et qui se spécialisera dans les rôles de méchants, Anthony Zerbe qui débuta dans "Luke la Main Froide" (1967) de Stuart Rosenberg à l'instar de Joe Don Baker qui jouait dans "Tuer n'est pas Jouer", Everett McGill alors à son apogée après des films comme "La Guerre du Feu" (1981) de Jean-Jacques Annaud et "Dune" (1984) de David Lynch, puis un certain Benicio Del Toro débutant après "Big Top Pee-Wee" (1988) de Randal Kleiser et qui deviendra une star bien des années après. On peut citer également Frank McRae partenaire récurrent de Sylvester Stallone comme dans "Rocky 2 : la Revanche" (1979) et "Haute Sécurité" (1989) de John Flynn, Cary-Hiroyuki Tagawa vu en eunuque dans "Le Dernier Empereur" (1987) de Bernardo Bertolucci et enfin Pedro Armendariz Jr. qui renvoie logiquement à son père Pedro Armendariz qui jouait dans "Bons Baisers de Russie" (1963) de Terence Young. Le casting ne serait pas complet dans les Bond Girls qui sont au nombre de deux, Carey Lowell qui vue plus tard dans la série TV "New-York - Police Judiciaire" (1996-2001) et qui sera surtout connue pour avoir été l'épouse de Richard Gere, puis Talisa Soto dont le titre de gloire sera d'incarner la princesse Kitana dans le dyptique "Mortal Kombat" (1995-1997) de Paul W.S. Anderson. Puis précisons que le compositeur maison délaisse la saga pour des ennuis de santé, il est remplacé par Michael Kamen connu pour avoir signé entre autres les BO de "Brazil" (1985) de Terry Gilliam et "L'Arme Fatale" (1987) de Richard Donner... Lancés sur leur idée de base, l'équipe production-scénario poursuit la métamorphose de 007 en un espion plus froid et cynique pour des aventures plus sombres et violentes. L'humour est donc encore moins présent et la violence encore plus forte. Le changement sur ces deux points est si radical encore peu de temps après la période Roger Moore que le film sera interdit au moins de 13 ans aux Etats-Unis et au moins de 15 ans au Royaume-Uni ! Le départ ne se fait pas attendre. Après une énormité (deux seuls agents de la DEA arrivent en cérémonie de mariage pour capturer un parrain mafieux... à 3 !?! Ben voyons !) le ton est donné en participant au repas d'un grand requin blanc (les puristes remarqueront qu'en fait il s'agit d'un requin-tigre ! Et on pourra se poser des questions sur la cohérence des blessures infligées) qui fait son effet ! Un début mi-figue mi-raisin donc à l'instar de la démission de 007, filmée dans la vraie maison de Ernest Hemingway (dont certains auront donc compris la réplique de Bond : "ce sera donc un adieu aux armes"), où on comprend peu finalement que Bond ne quitte pas son service la tête haute ; quitte à quitter le MI6 pourquoi tant de violence envers ses collègues ?!

Permis de Tuer (1989) de John Glen

Mais le film prend forme, le rythme trouve sa vitesse de croisière et on constate avec bonheur que l'équipe Broccoli-Glen-Maibaum-Wilson-Dalton ont osé et trouvé la recette pour renouveler une franchise qui s'essouflait. Ce James Bond est fort mais humain, de sang froid mais qui bout de temps à autre, cynique et macho mais pas coureur de jupons, et il est même faillible à bien des égards. Parallèllement, les nouvelles Bond Girls sont jolies mais pas idéalisées, elles ne sont pas cruches mais chacune à leur manière ont un certaininstinct de survie. Lupe/Soto est très belle et si elle est une victime elle est assez vénale pour savoir nager en eaux troubles, mais c'est surtout Pam/Lowell qui se démarque en Bond Girl aussi forte que 007 à tout point de vue à tel point que c'est elle qui sauve la vie de Bond, et pas qu'une fois ! On apprécie aussi que Q alias Desmond Llewelyn soit un peu plus exploité, pour la première fois depuis ses débuts dans "Bons Baisers de Russie" (1963) il participe à une mission, même si celle-ci est hors mandat ! C'est d'ailleurs lui qui apporte le soupçon de légèreté du film. Même les méchants sont "améliorés", pas de stupides hommes demains mais des mecs qui assurent et donnent réellement du fil à retordre. Outre les personnages on constate que les dialogues ont aussi évolué vers un langage moins châtié, plus familier notamment de la part de Pam/Lowell. L e scénario est particulièrement dense pour un Bond, on évolue vite dans l'intrigue et le rythme est contamment soutenu sans jamais se précipiter. Si on reste concentré sur une même partie géographique (Floride, Mexique, Bahamas) les décors changent constamment et les rebondissements restent nombreux. Les gadgets sont biens présents sans pour autant être envahissant, idem pour les cascades dont une séquence de ski nautique particulièrement sportive et une course poursuite à coup de semi-remorques. Mais la vraie force du film est d'avoir osé bousculer une franchise trop bien installer, avec un James Bond plus "flemingien" et une violence moins grandiloquente mais plus efficace émotionnellement. Néanmoins, le film reste le plus gros échec de la saga avec seulement 152 millions de dollars au box-office monde pour 42 de budget. Mais si on peut comprendre le changement radical avec les Roger Moore, aujourd'hui en 2020 on ne peut que voir l'évidence : "Permis de Tuer" était trop en avance sur son époque, la preuve en ait qu'on reviendra à un James Bond de ce calibre avec "Casino Royal" (2006) et l'arrivée de Daniel Craig dans le rôle titre. Cet échec aura des conséquences nombreuses... Il faudra 6 années avant le retour de 007, Timothy Dalton sera débarqué, on reculera avec un nouveau Bond qui sera pourtant un mixte entre Connery et Moore, et surtout "Permis de Tuer" sera un film d'adieu pour de nombreuses personnes dont Dalton évidemment, Albert Broccoli (même si c'est pour raison de santé), John Barry, le scénariste Richard Maibaum, le réalisateur John Glen, Caroline Bliss/Miss Moneypenny, Robert Brown/M... etc... En tous cas, après les balbutiements de "Tuer n'est pas Jouer", ce "Permis de Tuer" est une vraie réussite qui aurait dû se perpétuer. Malheureusement, trop en avance sur son temps. Un film sous-estimer et donc à voir et à conseiller !

Note :

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Pour info bonus, Note de mon fils de 11 ans :


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