La Momie (2017)

La Momie (2017)
Bien qu’elle ait été consciencieusement enterrée dans un tombeau au fin fond d’un insondable désert, une princesse de l’ancienne Égypte, dont le destin lui a été injustement ravi, revient à la vie et va déverser sur notre monde des siècles de rancœurs accumulées et de terreur dépassant l’entendement humain. Des sables du Moyen Orient aux pavés de Londres en passant par les ténébreux labyrinthes d’antiques tombeaux dérobés, La Momie nous transporte dans un monde à la fois terrifiant et merveilleux, peuplé de monstres et de divinités, dépoussiérant au passage un mythe vieux comme le monde.
Ces dernières années, le cinéma nous a apporté deux fléaux ! L'un est la tendance à finir une saga par deux films au lieu d'un (ou variante, faire trois films à partir d'un livre), l'autre, c'est la création d'univers partagés a la manière du MCU (Marvel Cinematic Universe). Fléau oui ! Mais quand c'est mal utilisé ou peu pertinent. Et je pense souvent aux studios qui se lancent dans la création d'un univers partagé, ou bon nombre d'entre eux se cassent les dents sur ce modèle-là, car ils oublient que ça ne s'improvise pas. Il faut avoir une volonté de créer ça, une stratégie bien établie, afin de rendre ça concret et viable, de manière a ne pas passer pour une opportuniste machine à pognon (Le M.C.U est aussi une machine à cash, mais elle, elle à su le devenir). Malheureusement ou heureusement, ça prend souvent le chemin du second, tel que le "Dark Universe" de Sony que devait lancez "La Momie" réaliser par Alex Kurtzman en 2017.
Lorsque Universal Pictures commence en 2012 à mettre en route un reboot de la Momie, le film "Dracula Untold" trouve son réalisateur, l'irlandais Gary Shore. Quand ce film rentre dans son année de sortie, le studio Universal Pictures confie à Alex Kurtzman et Chris Morgan la charge de développer une série de films tirés des sacro-saint monstre d'universal (La Momie compris). Une entreprise relativement opportuniste qui se raccroche au film "Dracula Untold" pour lui faire tourner des nouvelles scènes et l'inclure dans le "Dark Universe". Un choix judicieux qui doit cimenter l'émergence de cet univers ? Non, car lorsque le projet de la Momie échoue à Alex Kurtzman, qui est aussi l'un des artisans à la manœuvre, il décide près d'un an avant la sortie de son film de finalement ne pas inclure "Dracula Untold" dans le Dark Universe. Si l'idée de commencer un univers partagé avec un film qui a comme tête d'affiche Tom Cruise sonne comme une évidence, il ne peut hélas masquer une entreprise qui navigue à vue, sans réel cap.
La Momie, version "2017" est à mille lieux de ce que l'on a l'habitude de voir, dès que l'on met dans un titre le mot "Momie". Ici, on est loin du film d'aventure par excellence qu'est le film de Stephen Sommers (La Momie 1999), on troque l'Egypte pour la Grande-Bretagne, les années 20/30 pour notre ère moderne, le désert, on le voit peu et la momie est une femme ! Sur le papier je trouve ça grandement intéressant, notamment en s'écartant de l'histoire habituelle de Imhotep pour celle désormais de Ahmanet. Sofia Boutella (Kingsman, Star Trek Beyond, Atomic Blonde) qui joue la momie, livre une belle performance, physique, intense et profondément organique notamment dans sa manière de se mouvoir. Hélas, c'est bien tout ce qu'il y a d'intéressant dans ce film qui essaye de raconter 2/3 histoires sans jamais réussir à en conter une seule ! Alex Kurtzman navigue entre farce, grotesque et sérieux de pacotille. Un positionnement peu pertinent au vu de l'intrigue sans saveur que les scénaristes nous pondent. Et surtout ça tease sans cesse les futurs films avec la finesse d'un boulet de démolition sur un chantier.
En plus, nous n'avons même pas le loisir de pouvoir apprécier un film bien réalisé. Car hormis la séquence dans l'avion, maintes fois teaser dans les bandes-annonces, c'est d'une platitude confondante. Quant à la direction artistique, on a bien du mal à croire que nous sommes dans un film "La Momie", c'est fade, impersonnel, sans cachet ni caractère. Des que le film suscite de la tension, on se retrouve toujours dans le noir, tout est toujours sombre, gris ou encore avec des reflets verts ! Et vu que c'est rarement lisible, on s'ennuie ferme devant cette action constamment désamorcé par un casting en totale roue libre. Tom Cruise que j'apprécie habituellement semblait plus perdu que la momie dans ce monde, à surjouer constamment, on est à une momie ressuscitée de penser qu'il essayer d'attirer l'attention pour qu'on le sorte de là ! Toutefois, la palme du mauvais goût revient à cette grande carcasse d'Australien qu'est Russell Crowe. Il campe un Dr Jekyll exubérant, balourd et tchatcheur à l'œil frétillant, qui semble plus sortir du troquet du coin qu'au Dr Jekyll de Stevenson.
Bref rendez-moi Brendan Fraser !!!!!!

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