Les Misérables

Les Misérables

"Un électrochoc", "Une oeuvre magistrale", "Sensationnel", "Un film universel", les louanges pleuvent sur "Les Misérables, prix du Jury à Cannes 2019. Choisi pour représenter la France aux Oscars, le film de Ladj Ly s'inscrit dans la droite lignée de La Haine, réalisé il y a plus de vingt ans par un certain Mathieu Kassovitz. Mais alors que vaut Les Misérables ? Avant de chroniquer ce long-métrage coup de poing, plongeons-nous dans l'histoire. Stéphane (interprété par le bluffant Damien Bonnard) fraîchement arrivé de Cherbourg, intègre la BAC, brigade Anti-Criminalité de Montfermeil dans le 9-3. Il va faire la rencontre de ses deux coéquipiers, Chris, son chef, surnommé cochon rose et Gwada, un grand gaillard plutôt taiseux. Rapidement, il découvre les tensions dans différents groupes de quartier. Alors qu'ils se trouvent débordés lors d'une interpellation, un drone filme leur bavure policière et c'est à partir de ce moment-là que les ennuis commencent...

Les Misérables commence plutôt lentement. En effet, le film prend le temps de nous brosser une journée dans le 9-3.  Après l'effervescence et la liesse autour de la Coupe du monde 2018, les policiers vont patrouiller dans un quartier chaud qu'ils connaissent bien. Filmé du point de vue de la police, comme d'ailleurs Polisse réalisé par Maïwenn, le récit n'est jamais manichéen. Nous sommes en effet au plus près des enfants livrés à eux-mêmes et de la police qui les traquent. Les Misérables, c'est cette enfance des quartiers ; cet enfant aussi tel Gavroche (et ce n'est pas un spoiler de taille) qui tombe par terre sous les coups d'un flashball. 

Bref, Les Misérables est donc ce film qui prend aux tripes dans une France qui n'a guère changé depuis l'émeute des banlieues de 2005. C'est donc en cela, que ce long-métrage peut se voir comme un acte politique. Lady Ladj, dont c'est le premier film après plusieurs documentaires, signe là une oeuvre choc, bouillonnante, dont on ne sert pas vraiment indemne. Filmé pour la plupart du temps, caméra à l'épaule, Les Misérables interpelle, dérange surtout dans son dernier quart d'heure où nous suivons, suffoquant, une intervention musclée entre les enfants et la police. 

Pour finir, Les Misérables est certes un film qui fait réfléchir mais qui se calque un peu trop sur les derniers films vus sur les banlieues comme notamment Deephan, palme d'Or 2015 ou encore Divines et bien sûr La Haine, référence ultime. On aurait aimé que le réalisateur oublie un peu ses pairs. 

En quelques mots, sujet brûlant pour réalisation maîtrisée. On souhaite bon vent à ce film dans sa course aux Oscars. 

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