[TOUCHE PAS NON PLUS À MES 90ϟs] : #17. Daylight

[TOUCHE PAS NON PLUS À MES 90ϟs] : #17. Daylight

Photo by Archive Photos/Getty Images - © 2012 Getty Images


Nous sommes tous un peu nostalgique de ce que l'on considère, parfois à raison, comme l'une des plus plaisantes époques de l'industrie cinématographique : le cinéma béni des 90's, avec ses petits bijoux, ses séries B burnées et ses savoureux (si...) nanars.
Une époque de tous les possibles où les héros étaient des humains qui ne se balladaient pas tous en collants, qui ne réalisaient pas leurs prouesses à coups d'effets spéciaux et de fonds verts, une époque où les petits studios venaient jouer dans la même cour que les grosses majors légendaires, où les enfants et l'imaginaire avaient leurs mots à dire,...
Bref, les 90's c'était bien, tout comme les 90's, voilà pourquoi on se fait le petit plaisir de créer une section où l'on ne parle QUE de ça et ce, sans la moindre modération.
Alors attachez bien vos ceintures, prenez votre ticket magique, votre spray anti-Dinos et la pillule rouge de Morpheus : on se replonge illico dans les années 90 !
[TOUCHE PAS NON PLUS À MES 90ϟs] : #17. Daylight
#17. Daylight de Rob Cohen (1996)

Jadis faiseur de rêve prometteur de la série B made in America, et accessoirement créateur de franchises burnés qui valent décemment leur pesant de popcorn même si elles s'inscrivent des recettes maintes fois éprouvées (Fast and Furious, xXx), Rob Cohen s'est peu à peu perdu dans les méandres d'une industrie Hollywoodienne ou il est si facile de se laisser engager sur l'autoroute interminable de la régression de masse, avec des réalisations incarnant, involontairement où non, des promotions sur pellicule et déclinable à tous les genres existants, pour Dulcolax.

Une vraie déception pour un bonhomme au cinéma certes pas flamboyant ni même fondamentalement mémorable, mais sincèrement attachant, qui n'a pas toujours été aussi irritable qu'il l'est depuis le milieu des années 2000 : dès les 90's, ont été clairement de ceux à avoir poncé les VHS de Dragon (le biopic plus ou moins réussi de Bruce Lee), Coeur de Dragon (qui a littéralement brisé nos petits coeurs d'enfants) et de Daylight, film catastrophe pleinement inscrit dans son époque, et ayant redonné un sacré coup de fouet au genre si populaire dans les 70's, au même titre que Le Pic de Dante, Twister ou encore Volcano.

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Articulé autour d'un accident totalement plausible (une explosion au coeur du tunnel reliant Manhattan au New Jersey, devenant un tombeau grandeur nature pour le peu de rescapés qui n'en ont plus pour très longtemps sans aide), et de la tentative de sauvetage des survivants par un ancien pompier courageux et déterminé, la péloche récite assidûment tout le riche cahier des charges du bon rip-off de La Tour Infernale - voire même de L'Aventure du Poséidon, les deux références ultimes du genre - pour mieux incarner un huis clos anxiogène, un pur thriller en apnée qui exploite astucieusement l'angoisse autant de son cadre terrifiant que la mutation constante de celui-ci en enfer aux dangers multiples (écroulement du tunnel, explosions diverses, montées des eaux, hypothermie,...).
S'il n'a pas le bon goût de sculpter avec ambition son intrigue (qui réserve son petit lot de passages obligés et d'imprévisibilités salvatrices), ni d'offrir une vraie belle galerie de personnages un minimum plaisant à suivre (des stéréotypes ambulants, notamment un Viggo Mortensen post-Seigneur des Anneaux imbuvable en publicitaire millionnaire salement arrogant), casse cela ne tienne, il mise tout - et ça paye à l'arrivée - sur des moments de bravoure rythmés (aux SFX impeccables) et sur la performance habité et empathique d'un Sylvester Stallone des grands jours, cassant son image d'action man imbattable - plus encore que pour Cliffhanger -, pour mieux épouser les lignes d'un bouleversant héros déchu, avec une sensibilité étonnante, et dont l'alchimie avec la touchante Amy Brenneman, est convaincante.
En chauffeur de taxi/ex-pompier désavoué pour avoir assumer un accident dont il ne pouvait pourtant rien, et qui va " profiter " d'une catastrophe imposante pour tenter de se racheter, Sly (qui profite de l'occasion pour partager l'écran avec feu son fils Sage) est le cœur et l'âme d'un divertissement populaire totalement voué à sa gloire, où il a rarement paru aussi juste dans son statut de Superman à visage humain (qu'il va déconstruire encore plus en profondeur un an plus tard dans le chef-d'oeuvre Copland de James Mangold).

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Linéaire mais à l'émotion déchirante (on verse souvent sa petite larme, notamment lors de la mort déchirante du formidable Stan Shaw), pas toujours dynamique mais franchement angoissant et tenant vraiment en haleine son auditoire, Daylight parvient sans peine à se hisser tout en haut du panier du genre catastrophe, et incarne une bonne petite séance nostalgique comme les 90's savaient si bien les faire.
Et ça nous manque, terriblement même...


Jonathan Chevrier

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