Rojo (2019) de Benjamin Naishtat

Il s'agit du 3ème long métrage du jeune réalisateur-scénariste argentin Benjamin Naishtat. Ses deux premiers films, "Historia Del Miedo" (2014) et "El Moviemiento" (2015) ont été remarqué dans plusieurs festivals mais sont restés dans l'ombre chez nous. Le cinéaste est fasciné par les années 70 et avait depuis un moment cette histoire en tête : "Mon premier film utilisait des codes du film d'horreur pour traiter de la paranoïa des classes sociales en Argentine. Le second abordait également l'histoire du pays, avec l'idée de réviser le passé pour tenter de dénoncer les tensions actuelles. Toute personne née dans les années 80 porte le poids de ce fardeau symbolique. De plus, dans mon cas, s'ajoute une histoire familiale de persécution et d'exil encore très présente."... Si le cinéaste avoue des influences comme Francis Ford Coppola, Sidney Lumet ou John Boorman "qui pouvait faire des films de genre tout en traitant de problèmes politiques sensibles", Benjamin Naishtat est clairement intéressé par l'histoire tumultueuse de son pays... En Argentine 1975, un avocat réputé tombe dans une altercation qui vire au drame, après s'être arrangé il tente de reprendre une vie normale... Rappelons que l'Argentine est à l'époque en proie aux dictatures, guerres civiles et autres tragédies du même acabit, nommée alors "guerre sale" (tout savoir ICI !)...

Rojo (2019) de Benjamin Naishtat

Cette avocat Claudio est incarné par Dario Grandinetti Claudio déjà vu dans "Parle avec Elle" (2002) et (2016) tous deux de Pedro Almodovar et aussi dans "Les Nouveaux Sauvages" (2014) de Damian Szifron. L'acteur joue en famille aux côtés de Laura Grandinetti dans le rôle de Paula, puis les autres rôles importants, Susana est jouée par Andrea Frigerio vue dans "Citoyen d'Honneur" (2017) de Mariano Cohn et Gaston Duprat, et surtout le détective Sinclair interprété par Alfredo Castro acteur fétiche de Pablo Larrain dans la plupart de ses films dont "Tony Manero" (2009), "Post Mortem" (2011) et (2013)... Le film démarre avec un prologue prenant, de par son ambiance et par l'intensité de jeu des comédiens mais, malheureusement, ce prologue est aussi trop peu plausible et trop peu cohérent pour convaincre ce qui hypothèque toute implication sur le récit futur. En effet, Claudio est avocat, l'altercation se déroule sous l'oeil de plusieurs témoins et ensuite il n'est en aucun cas coupable de ce qui va se passer... Alors pourquoi ne pas appeler la police ?! Pourquoi cacher ce qu'il s'est passé ?! Bref, d'emblée ça ne tient pas particulièrement la route. Ensuite on espère que le contexte politique et social du pays à cette époque va étoffer un peu l'intrigue. Mais seconde désillusion, le cinéaste, malgré ses thématiques habituelles, survole ce contexte particulier.

Rojo (2019) de Benjamin Naishtat

Corruption ou répression, ébullition politique et crise sociale, tout n'est qu'effleuré voir survolé à tel point qu'on ne ressent trop peu l'ambiance brûlante et/ou sous tension qui devait être omniprésente, même si sous-jacente. Par là même, la sous-intrigue avec les amis de sa fille aurait pu réveiller le récit mais cette partie est comme oubliée après être pourtant montée d'un cran. Pourquoi ?! Dans ce scénario tout bancal et maladroit on se rattache donc aux personnages et, surtout à l'atmosphère. Benjamin Naishtat offre une superbe reconstitution, avec un grain soigné qui nous immerge sans difficulté dans les seventies. L'atmosphère est digne des meilleurs thrillers politiques, et si on se détache d'un récit auquel on a bien du mal à adhérer, on se prend toutefois au minimum au jeu surtout à partir de l'entrée du détective dont on ne sait rien, ni de lui ni de son enquête, mais qui instaure une véritable tension. En bonus des acteurs absolument parfait, d'une justesse impeccable même si certains face à face avocat/détective sont peu trop statique/attentiste. En conclusion un film ambitieux avec un potentiel énorme mais qui manque autant un chouïa de crédibilité et surtout d'un contexte historique plus probant. Une très grande déception.

Note :

Rojo (2019) Benjamin NaishtatRojo (2019) Benjamin Naishtat

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