Border (2019) de Ali Abbasi

Après un premier long métrage "Shelley" (2016) voici le second du réalisateur danois d'origine iranienne Ali Abbasi ; un cinéaste au parcours atypique puisqu'elle était écrivain en Iran avant de s'installer en Suède pour devenir architecte puis de finalement étudier à la National Film School of Denmark... Pour ce projet l'idée lui est venu après avoir vu le film "Morse" (2009) de Tomas Alfredson (qui aura son remake hollywoodien avec "Laisse-moi Entrer" en 2010 de Matt Reeves) qui est adapté d'un roman de John Ajvide Lindqvist. Après avoir lu le livre il lit d'autres oeuvres de l'auteur dont la nouvelle "Gräns" (2012) : "Border était beaucoup moins élaboré que Morse, mais, comme dans ce dernier, les personnages étaient tout aussi captivants que complexes et éthérés."... On suit Tina, douanière au physique peu avantageux mais doté d'un odorat hors norme qui lui permet d'être indispensable dans son métier. Un jour, elle contrôle un homme à la laideur similaire qui lui paraît suspect. Un lien mystérieux semble les lier...

Border (2019) de Ali Abbasi

Dans cette co-production suédo-danois le casting reste scandinave avec dans les deux rôles principaux la suédoise Eva Melander vue dans "L'Hypnotiseur" (2013) de Lasse Hällstrom puis le finlandais Eero Milonoff vu dans "Olli Mäki" (2016) de Juho Kuosmanen. Les deux acteurs ont dû endurer 4h de maquille et prendre beaucoup de poids pour leur rôle respectif. Le cinéaste co-écrit le scénario avec Isabella Eklöf et John Ajvide Lindqvist lui-même, une bonne chose puisqu'il a fallu enrichir l'histoire d'une enquête policière, en effet la nouvelle ne fait que 50 pages alors que, par exemple, le roman "Laisse-moi Entrer" fait 450 pages. Ali Abbasi avoue les influences des réalisateurs Federico Fellini, Luis Bunuel et Chantal Ackerman. D'emblée le film nous dérange, on se demande pourquoi on insiste autant sur la laideur du personnage principal tandis qu'on ne saisit pas très bien ses aptitudes olfactives. Mais on s'attache doucement à Tina tandis que lorsqu'arrive Vore on glisse doucement vers une sorte de romance hors des sentiers battus avec une style contemplatif ecolo genre retour aux sources.

Border (2019) de Ali Abbasi

Envoûtant et touchant bien qu'étrange entre humanité et animalité. Mais c'est un leurre, le film est bien plus que ça, avec une enquête qui semble surperflue dans le récit et une révélation attendue mais pourtant bien surprenante relance l'intérêt et nous attrape sans prévenir avec un suspense bien présent sans qu'on s'y attende vraiment. Le cinéaste offre un film hybride, littéralement, dans tous les sens du terme, dans le fond comme dans la forme. Ainsi le film est une romance, un polar et un film fantastique où l'héroïne semble se découvrir sexuellement, où les monstres ne sont pas obligatoirement ceux qu'on croit, et que dans ce qui peut sembler malsain il y a une multitude de questionnements qui nous assaille. Un film étonnant, original et unique qui ne peut laisser insensible. Prix Un Certain Regard au Festival de Cannes 2018. A conseiller.

Note :

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