Coeurs Ennemis (2019) de James Kent

Après "Mémoires de Jeunesse" (2016) le réalisateur James Kent poursuit dans le mélo historique en adaptant un autre roman, "Dans la maison de l'autre" (2013) de Rhidian Brook. Cette histoire a été inspiré au romancier par son grand-père officier anglais qui a été accueilli dans une maison réquisitionnée mais qui n'a pu se résoudre à expulser les propriétaires allemands, ils auront donc vécu 5 ans ensemble ! Dès 2010 le romancier a cherché à adapter son roman et notamment en proposant le projet à Scott Free Productions où il a reçu un accueil des plus chaleureux car les patrons, Tony et Ridley Scott ont justement connu également cette situation quand leur père officier de haut rang fut muté en Allemangne pour la reconstruction alors que les deux frères n'avaient que 10 ans. Ridley Scott précise : "Ma maison à Francfort était en fait celle d'un officier allemand. Ma mère était très amie avec sa femme qui venait une fois par mois vérifier que nous nous occupions bien de la maison."... La coïncidence de ces histoires entre l'auteur et les producteurs permettent de lancer le projet alors même que le roman n'est pas terminé. L'auteur est également co-scénariste avec le duo Anna Waterhouse et Joe Shrapnel qui ont signé notamment les films "Frankie et Alice" (2015) de Geoffrey Sax et "La Couleur de la Victoire" (2016) de Stephen Hopkins...

Coeurs Ennemis (2019) de James Kent

Hambourg 1946, Rachel rejoint son époux Lewis officier anglais en charge de la reconstruction de la ville martyre. Bientôt elle comprend qu'elle doit cohabiter avec la famille allemande propriétaire des lieux. La promiscuité des lieux et les drames du passé vont pourtant la pousser dans les bras de son hôte... Le couple anglais est incarné par Jason Clarke et Keira Knightley qui retrouvent respectivement l'époque après (2017) de Cédric Jimenez pour lui et "Imitation Game" (2015) de Morten Tyldum pour elle. L'hôte et amant allemand est joué par Alexander Skarsgaard qui gravit doucement mais sûrement les échelons après des films comme (2016) de David Yates et (2018) de Duncan Jones. La reconstruction d'après-guerre, surtout en Allemagne, n'a pas beaucoup été traité au cinéma, on peut par exemple "Allemagne Année Zéro" (1947) de Roberto Rosselini et "Europa" (1991) de Lars Vont Trier, on peut même citer "Chien Enragé" (1961) de Akira Kurosawa pour le Japon tandis que pour ce film-ci on pense naturellement à "La Scandaleuse de Berlin" (1948) de Billy Wilder et à "Suite Française" (2015) de Saul Dibb pour la liaison avec l'ennemi... Le film repose sur deux paramètres donc, la reconstruction d'une ville meurtrie par les vainqueurs puis le triangle amoureux. On aurait tendance à être plus attiré par le contexte géo-historico-social car ça renvoie directement à la guerre qui n'a rien d'une cicatrice encore et que les tragédies sont encore vivaces. Le triangle amoureux lui est beaucoup plus classique. Dans l'ensemble le partage est plutôt équitable entre le contexte et la romance. Néanmoins ça va en penchant de plus en plus vers le triangle amoureux et on peut être déçu par l'abandon progressif du traitement des problématiques géo-politiques.

Coeurs Ennemis (2019) de James Kent

Ainsi au début du film on pose doucement les bases avec les différents vainqueurs/vaincus (réquisitions habitations, opinions politiques, amour/haine...), la mission de l'officier Lewis, les relents de résistance nazis... etc... Le film réussit parfaitement à créer de l'émotion (misère du peuple allemand, drames inhérents à la guerre, amour/haine du début), le tout dans une belle reconstitution magnifiquement mis en photo. De l'autre côté il est plus maladroit, usant notamment de facilités (le méchant officier anglais et sa commère d'épouse, l'idylle adolescente) ou effleurant juste les thématiques (la misère est juste résumée à des séquences express de la rue, la résistance 88 et le côté thriller un peu expédié). Par contre on salue l'absence de manichéïsme et on salue les performances des acteurs vraiment au diapason et particulièrement justes. James Kent signe un nouveau mélo historique particulièrement touchant, voir déchirant, mais qui pêche d'avoir un peu biaisé un contexte historique pourtant si nécessaire.

Note :

Coeurs Ennemis (2019) James KentCoeurs Ennemis (2019) James Kent

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