Brightburn - l'Enfant du Mal (2019) de David Yaroveski

Voilà un film qui mélange les genres et qui s'avère aussi le film familial siglé Gunn... Un nom qui ne dit pas grand chose isolé ainsi, mais le producteur n'est autre que James Gunn, réalisateur de "Les Gardiens de la Galaxie 1 et 2" (2014-2017), tandis que son frère Brian Gunn et son cousin Sean Gunn signent le scénario de cette histoire mêlant enfant démoniaque et super-vilain dans un film d'horreur ; projet qui nous rappelle que James Gunn a débuté en réalisant le film d'horreur "Horribilis" (2006) et le film de super-héros décalé "Super" (2010). Pour réaliser leur projet la fratrie Gunn a choisi leur ami David Yaroveski qui a été vu en ravageur dans "Les Gardiens de la Galaxie" justement, et qui s'est déjà essayé à la réalisation avec "The Hive" (2015) avec Sean Gunn un autre frère du précédent et également vu en ravageur. Dans le rôle des parents il y a la star Elizabeth Banks qui jouait dans "Horribilis" et qui avait recroisé James Gunn sur le projet collectif "My Movie Project" (2013), puis le père David Denman dans un rôle principal après avoir écumé les petits rôles de (2003) de Tim Burton à "Logan Lucky" (2017) de Steven Soderbergh en passant par (2016) de Michael Bay. Et enfin, le fils maudit, est incarné par le jeune Jackson A. Dunn dont le titre de gloire à ce jour est d'avoir incarné Scott Lang/Ant-Man à 12 ans dans "Avengers : Endgame" (2019) des frères Russo... Détourner le film de super-héros dans une sorte d'anti-thèse de ce qu'on a pu voir jusqu'ici était bien dans les cartons et on attendait avant tout le prochain "New Mutants" (2019) de Josh Boone spin-off de la saga "X-Men" mais les soucis de production font que les Gunn les ont devancé.

Brightburn - l'Enfant du Mal (2019) de David Yaroveski

On peut pourtant penser à d'autres films d'enfants démoniaques où la frontière entre film d'horreur et superpouvoirs est mince voir floue comme "Carrie au bal du Diable" (1976) de Brian De Palma et "Esther" (2009) de Jaume Collet-Serra. Dans ce mix des genres, il a été décidé d'appuyer sur le côté super-héroïque : "Nous nous sommes rendu compte que de nombreuses capacités de super-héros seraient terrifiantes si on disposait effectivement dans la vie de tous les jours. Voler peut paraître effrayant. Les yeux laser peuvent sembler démoniaques. La super force peut être horrifiante. Beaucoup de superpouvoirs, si vous les modifiez très légèrement, deviennt parfaitement horribles !" ... On ne sera que d'accord avec ça, d'ailleurs on peut se rappeler que les films "Man of Steel" (2013) et "de Zack Snyder et "Batman V Superman : l'Aube de la Justice" (2016) tous deux de Zack Snyder ont déjà abordé ces thématiques. Il n'est donc pas vain de dire que les Gunn ont voulu explorer la face sombre d'un anti-Superman. En effet, le jeune Brandon Breyer alias Brightburn renvoie à la jeunesse d'un certain Clark Kent alias Superman, arrivé dans un vaisseau de l'espace, adopté par des fermiers qui ne peuvent avoir d'enfant, l'éveil des pouvoirs, incompréhension et apprentissage des superpouvoirs... etc...

Brightburn - l'Enfant du Mal (2019) de David Yaroveski

A la différence près que Brandon Breyer est un enfant qui se laisse happer par l'incroyable pouvoir que ça lui procure dans tous les domaines. Finalement, ce film est clairement plus réaliste que les Superman et consorts car il assume le fait qu'un enfant est par définition immature et psychologiquement plus fragile. Le concept est judicieux et assumé jusqu'au bout avec un costume aussi artisanal qu'effrayant (on adore l'idée du laçage de masque par devant !) et, surtout, un final qui est lui aussi dans le mix des genres, entre hommage et anti-thèse. La dimension horreur est tout aussi réussi, assurant un cahier des charges inhérent au genre et intégrant le paramètre des superpouvoirs sans jamais que l'un vampirise l'autre. Un très bon point sur l'effet gore, effets spéciaux solides et l'effroi reste bien présent sur quelques séquences marquantes. Le côté budget modeste donne une image très Blumhouse (le maison de production derrière les récents de Jordan Peele et de Tate Taylor). En conclusion un film très efficace sur tous les paramètres, un scénario finalement classique mais dont le mix horreur/superpouvoir est terriblement assumé et assuré. Une bonne surprise.

Note :

Brightburn l'Enfant (2019) David YaroveskiBrightburn l'Enfant (2019) David Yaroveski

wallpaper-1019588
[Mostra de Venise 2019] “Gloria Mundi” de Robert Guédiguian
wallpaper-1019588
Isn't It Romantic (2019) de Todd Strauss-Schulson
wallpaper-1019588
LA VALSE DE L’EMPEREUR (Critique)
wallpaper-1019588
Mississippi Burning
wallpaper-1019588
Le traitre
wallpaper-1019588
Quels cadeaux pour un noël cinéma ?
wallpaper-1019588
[CRITIQUE] : Les Filles du Docteur March
wallpaper-1019588
Affiche US pour La Voie de la Justice de Destin Daniel Cretton