[CRITIQUE] : Searching : Portée Disparue

[CRITIQUE] : Searching : Portée Disparue
Réalisateur : Aneesh Chaganty
Acteurs : John Cho, Debra Messing, Michelle La,...
Distributeur : Sony Pictures Releasing France
Budget : -
Genre : Thriller, Drame.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h42min.

Synopsis :

Alors que Margot, 16 ans, a disparu, l’enquête ouverte ne donne rien et malgré les heures décisives qui s’écoulent, l’inspectrice chargée de l’affaire n’a pas le moindre indice. Le père, David, décide alors de mener ses propres recherches, en commençant par là où personne n’a encore regardé : l’ordinateur de sa fille.


Critique :

Porté par un John Cho habité (et définitivement trop rare sur grand écran), une émotion sincère et un concept couillu (l'usage du screenlife, plus maîtrisé que sur Unfriended) développé avec inventivité, #Searching est un thriller plutôt habile et efficace même si un poil convenu pic.twitter.com/DX2TCD2NGx— FuckingCinephiles (@FuckCinephiles) 12 septembre 2018

Il avait débuté en chantant en choeur son amour des femmes mûrs (MBAB/MILF) dans le cultissime American Pie, avant de devenir l'une des figures les plus plaisantes à suivre autant de l'humour potache made in US (Harrold and Kumar Forever), que d'un petit écran où il n'a finalement jamais été assez présent - comme le grand -, malgré quelques choix plutôt avisés (Sexe et Dépendance, Flashforward, la très sympathique mais éphémère Selfie avec Karen Gillan et plus récemment Sleepy Hollow, New Girl ou encore The Exorcist).

Aujourd'hui, l'excellent John Cho, que l'on espère prochainement de retour dans la peau de Sulu dans un hypothétique Star Trek 4 (un brin en péril chez la Paramount), est cette fois rien de moins que la vedette de la dernière production en date du roi des tâcherons friqués Timur Bekmanbetov (Wanted, Abraham Lincoln : Chasseurs de Vampires et le remake de Ben-Hur, c'est lui) : Searching : Portée Disparue qui, comme les deux premiers Unfriended (déjà produit par le cinéaste russe, qui va en produire une bonne dizaine d'autres dans un futur proche), use du sous-genre screenlife (un film aux images tirées d’écrans d’ordinateurs), lui-même mutation directe du jadis populaire found-foutage.
[CRITIQUE] : Searching : Portée Disparue

Premier long-métrage co-écrit et réalisé par Aneesh Chaganty, la péloche s'articule autour de la quête désespérée d'un père de famille courage et en deuil, qui fait tout son possible pour retrouver sa fille, mystérieusement disparue.

Un pitch efficace, digne autant d'un B movie simpliste qu'un téléfilm du dimanche après-midi sauce TNT, que Searching développe avec autant d'inventivité (dès le prologue, douloureusement émouvant, avec un deuil capté par le prisme des photos d'un profil FB) que de maladresses, au sein d'un scénario majoritairement cousu de fil blanc accumulant quelques facilités et incohérences dommageables (le twist final en tête), pas aidé non plus par un montage indiquant beaucoup trop fréquemment (tout le temps ?) au spectateur la direction que prend l'histoire.
Car tout du long, le film de Chaganty pousse gentiment les curseurs de son intrigue dans les clous du convenu, ôtant de facto tout engagement de son auditoire là où il avait su pourtant habilement l'attirer au sein d'une première partie mature inscrite sous le ton du mensonge et des faux-semblants (le père découvrant avec effroi que sa fille trompe sa vigilance et sa confiance depuis des mois), jouant instinctivement avec la peur réaliste et crédible, que tout parent peut ressentir face à une jeunesse qu'il croit connaître (ou au contraire, qui admet ne plus pouvoir comprendre non plus).
[CRITIQUE] : Searching : Portée Disparue

Le couac arrive dès lors irrémédiablement dans sa seconde - et moins rigoureuse - moitié, où l'enquête interactive un temps haletante devient moins prenante et où la morale anti-technologie moderne, pertinente sur le fond mais en totale contradiction avec le public cible visé (les adolescents, eux-même adeptent des réseaux sociaux, du " tout connecté " et membres à part entière et actifs de la société 2.0), suffit d'alourdir plus que de raison une oeuvre au demeurant efficace et touchante - voire même parfois drôle -, portée avec conviction par un John Cho furieusement empathique en père aimant, et une Debra Messing convaincante en détective bienveillante.

Pas mauvais en soi - loin de là même -, on lui préférera tout de même le récent et plus maîtrisé The Guilty, lui aussi tout en tension et filmé en temps réel, qui tirait parti d'un genre peu aisé (le huis clos), pour asséner une belle petite claque dans la nuque d'un spectateur qui n'en demandait pas autant.


Jonathan Chevrier


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