Christy and his brother

Christy brother

Loach : Irish Version

Dès les premières images, le ton est donné. Christy, bientôt 18 ans, est viré de la famille dans laquelle il vit, on comprendra plus tard pourquoi. Sac poubelle à la main dans lequel sont remisés ses quelques affaires personnelles ; son demi-frère, installé dans la vie, va l’accueillir quelques jours le temps de trouver une solution et pour lui éviter la rue. Les services sociaux irlandais sont assez expéditifs, et Shane, le demi-frère au passé chahuté aussi, ne voit pas d’un bon œil l’installation pérenne de son demi-frère. Plongé dans une cellule familiale stable et équilibrée, la femme de Shane est un amour, le bébé du couple est un accélérateur de lien entre les membres de cette famille nucléaire explosée, le couple bosse et vit dans une charmante petite maison ; pour Christy, c’est le début de la reconstruction ou même de la construction de repères solides. Les ados du quartier sont bienveillants avec lui et de vrais liens d’amitié et d’entraide se tissent dans cette communauté ouvrière irlandaise digne et jamais traitée de manière misérabiliste. Christy va démontrer aussi des talents qui peuvent être aussi une solution d’insertion dans cette communauté mais le risque de mauvaises rencontres rode et son destin pourrait aussi bien basculé d’un côté comme de l’autre. Pour son premier long métrage, tiré d’un court, Brendan Canty est dans la veine d’un Loach et j’ai bien aimé cette expression : « en plus irlandais et plus frais ». Il regarde sans faillir ni édulcorer une réalité brute, le filme est donc social et politique ; mais tendre et lumineux ce qui le différencie de ma référence précédente. Il traite avec beaucoup de pudeur l’importance du lien affectif pour avancer. La relation fraternelle est centrale mais plus largement, il démontre que la réconciliation avec les autres passe aussi par la réconciliation avec soit même.

Cependant, l’écriture est trop prévisible à mon goût ; le scénario joue de petits ressorts dramatiques préfabriqués et se perd en conflits vains. Au terme d’un film à l’issue balisée, on retient surtout son côté optimiste mais jamais naïf en faveur d’une jeunesse inventive, résiliente et optimiste. Il donne résolument à croire qu’aucun destin n’est jamais définitivement scellé et qu’il y a toujours, dans chacun de nous, un espoir qui mérite d’être réanimé. Bilan, çà fait du bien.

Sorti en 2025

Ma note: 13/20