
Il manque quelqu’un près de toi….
Une pièce se monte et un événement va mettre à mal sa survie dans les derniers jours avant la première.
Dans ce film de Agnès Jaoui, on reconnait bien la patte de l’artiste. Autour d’un scénario bien construit ; en utilisant comme à son habitude les codes du film chorale, elle balaie habilement et intelligemment la nouvelle donne des relations homme femme à la suite de la libération de la parole apportée par le mouvement « MeToo ». Chacun doit retrouver sa place entre homme et femme : on voie dans ce film, que les agresseurs sont peu nombreux, un seul en fait, mais toute la société est impactée, se méfie de l’autre et qu’il devient difficile d’être naturel. On pourrait trouver Agnès Jaoui complaisante envers les agresseurs ; mais c’est plus malin que cela, elle met en confrontation l’ancienne génération pour laquelle, héritage de ’68 libertaire, tout était permis et une jeunesse sur ses ergots et hyper méfiante. Pourrait-on trouver un juste milieu entre ces deux visions ? On a Autueil qui est amené à se poser la question d’une éventuelle agression dans sa jeunesse ; qu’il ne considérait pas comme telle à l’époque des faits, mais qui avec les codes d’aujourd’hui lui font se poser des questions sur ses agissements de l’époque. Et çà c’est malin, ce qui était admis à une époque, l’est difficilement à d’autres.
Ce film chorale est très maitrisé, tous les personnages apportent leur pierre à l’édifice ; et toutes les facettes de sa thématique sont abordées sans tomber dans le mode catalogue. La fiction prime, ouf !!! Cependant, Bacri manque cruellement au duo mythique du cinéma français ; et çà se voie et çà condamne trop souvent le film : caractérisation à la hache de bon nombre de personnages (des femmes sacrifiées : la metteuse en scène est pathétique) et les dialogues si souvent savoureux dans les Bacri-Jaoui font flop et frôlent trop souvent le ridicule. Même s’il reste quelques répliques très bien senties et envoyées. Et c’est surtout souvent hyper prévisible.
Donc on peut saluer le geste mais la réussite n’est pas au rendez-vous.
Sorti en 2026
Ma note: 10/20