
« Nul ne guérit de son enfance » : Jean Ferrat
Romane Borhinger met en image le roman éponyme de Clémentine Autain, avec la complicité de cette dernière qui viendra jouer son propre rôle. En effet, les deux femmes partagent une histoire commune autour d’une mère absente partie très tôt, avant leur adolescence.
Le format du film est troublant puisqu’il convoque le documentaire et la fiction, en mêlant et entremêlant sans cesse les deux genres ; et offre donc une grande liberté dans la forme. Cette mécanique en vogue actuellement donne du bon et du moins bon ; « Le garçon » de Zabou Breitman avait été une bonne surprise du genre en 2025. Ici, comme dans son précédent film «(« L’amour flou »), Romane Borhinger met en scène sa propre vie, comme si sa vie devait être universelle et intéressée tout le monde. De fait, j’ai trouvé les quinze premières minutes pénibles, auto centrées et impudiques. A-t-on besoin de faire une psychanalyse frontale et de l’exposer à la France entière ? Si on ajoute qu’elle fait jouer son fils dans un rôle assez ridicule et dénué d’intérêt pour ce qu’elle évoque, jusqu’à un final lui donnant la part belle et purement pathétique. Mais passons !!! Son film n’est pas que cela ; malgré l’impudeur, il n’est jamais voyeuriste. Quand elle commence à tisser des liens entre l’histoire mère-fille de Clémentine Autain et la sienne au travers de similitudes, de blessures, de besoin de compréhensions ; le film devient universel. On finit par oublier l’histoire personnelle et on est happé par ces histoires de vie. L’enfance ressort comme le creuset de tous les malaises futurs et comment au travers des générations il est difficile de se défaire du passé traumatique d’un aïeux que l’on peut porter en soit quelques générations après.
Au terme de ce film hydride à la forme touffue, on ressort bouleversé par ce récit de reconstruction d’un lien maternel abimé. Surprenant comment ce film a vaincu mes grosses réticences de la première demi-heure.
Sorti en 2025
Ma note: 13/20