On vous croit

vous croitDes enfants au coeur de la tempête

Un père fait appel d’un jugement ayant donné la garde pleine et entière de ses enfants à leur mère. Les enfants considèrent leur père comme « mort », ne veulent surtout pas le revoir ; mais vont devoir se confronter à nouveau à leur géniteur ; la Justice doit passer même contre la volonté des enfants.

Au cœur de ce film sec et tendu, nous serons spectateurs en huis clos de l’audition des parents avec leurs avocats devant la juge. Ces 55 minutes, durant lesquelles nous sommes placés au centre comme la Juge, sont le cœur du film et en font tout le sel. Le montage et la mise en scène jouent avec les codes du film à suspense, ils distillent les éléments clés qui permettent de comprendre les tenants et les aboutissants de cette affaire par touches. Et au rythme des prises de paroles, on va découvrir le fond d’une histoire très sordide. Cette phase d’audition est admirablement bien écrite et interprétée, elle permet de dévoiler lentement la complexité d’une situation pouvant paraitre simple, la question de la présomption d’innocence et la difficulté des adultes à recueillir la parole des enfants. Elle met aussi en avant le statut de présumé innocent qui peut nous ulcérer, mais la Juge doit accueillir la parole du requérant comme celle d’un innocent. Troublant, violent mais positif car démontrant que la justice fonctionne bien en démocratie ! Car la parole finale de la Juge donne le ton et le titre du film : « On vous croit » ; d’une force terrible. Charlotte Devillers et Arnaud Dufeys, pour leur premier film, livre un film dans la pure tradition sociale belge. Minimaliste à souhait et tourné en 13 jours seulement, il est à saluer pour son exigence durant ces 55 minutes. Cependant, cette longue séquence durant laquelle une attention remarquable est apportée sur l’effet que produisent les paroles sur ceux qui les écoutent, est enchâssée par une entame et un final sensationnaliste poussant à la dramaturgie maladroitement caricaturale. C’est bien dommage d’être tombé dans de tels travers pour un film proche du sans faute. Tant pis un film de 1h05 vaut parfois mieux qu’un film de 1h20.

Et pour clore, notons la force d’interprétation de Myriem Akheddiou dans le rôle de la mère.

A voir absolument

Sorti en 2025

Ma note: 15/20