Le Vertige (2026) de Quentin Dupieux

15ème long métrage de Quentin Dupieux depuis "Steak" (2007), et toujours aussi prolifique il enchaîne aussitôt après "L'Accident de Piano" (2025) ce nouvel OFNI (Objet Filmé Non Identifié) en touchant pour la première fois mais assez logiquement au film d'animation avec quasi simultanément le 16ème film "Full Phil" (2026) à tel point que les deux films ont été présenté tout récemment au Festival de Cannes 2026. Comme à son habitude le cinéaste assume plusieurs casquettes comme Producteur-réalisateur-scénariste-monteur, mais cette fois il a fait appel à des animateur 3D dont Max Nicolas qui avait débuté comme acteur sur "Wrong" (2012) et "Wrong Cops" (2013) avant de devenir assistant-réalisateur sur "Le Deuxième Acte" (2024), puis n'oublions pas le designer graphique Fred Cambon qui retrouve Dupieux pour leur 4ème film depuis ce même "Le Deuxième Acte" (2024), artiste qui a travaillé aussi sur les derniers Luc Besson et notamment sur le dyptique "La Bataille de Gaulle" (2026) de Antonin Baudry...

Jacques se rend chez son ami Bruno pour lui apprendre et affirmer une information capitale : l'humanité toute entière vivrait en fait dans une sorte de simulation géante. Si Jacques est persuadé Bruno est plus dubitatif jusqu'à prendre cette annonce à la légère... Jacques est incarné par Alain Chabat un habitué de l'univers Dupeix depuis "Réalité" (2014), vu entre temps dans les "Kaamelott" (2021-2025) de et avec Alexandre Astier ou "L'Amour Ouf" (2024) de Gilles Lellouche mais surtout il retrouve Dupieux après aussi "Au Poste !" (2018), "Incroyable mais Vrai" (2022) et "Fumer fait Tousser" (2022) à l'instar de sa partenaire Anaïs Demoustier vue entre temps dans "Le Comte de Monte Cristo" (2024) de Matthieu Delaporte et Alexandre de La Patellière et "La Vénus Electrique" (2026) de Pierre Salvadori, mais elle retrouve aussi après "Daaaaaali !" (2023) Dupieux ainsi que Jonathan Cohen vu depuis dans "Une Année Difficile" (2023) du duo Toledano-Nakache, "Les Pistolets en Plastique" (2024) de Jean-Christophe Meurisse ou "Ma Mère, Dieu et Sylvie Vartan" (2025) de Ken Scott, puis enfin Jean-Marie Winling qui était aussi dans "Daaaaaali !" (2023) et apparu notamment dans "Les Chansons d'Amour" (2007) de Christophe Honoré ou "Jusqu'à la Garde" (2017) de Xavier Legrand... Evidemment, la première chose qu'on remarque reste cette animation, qui surprend de par son graphisme et son design auquel on a bien du mal à adhérer, et qu'au fil du récit on ne peut toujours pas apprécier. C'est un dessin numérique suranné, on dirait une image repris d'un des premiers jeux vidéos des années 80, maladroit, hésitant, sans fluidité, plus pixelisé que organique, dans des traits et un visuel qui aurait mixé le numérique et l'origami. C'est laid, peu agréable à l'oeil, et surtout on se demande si ça sert vraiment le récit puisque d'emblée le réalisateur nous force à la distanciation.

Tourné en prise de vues réelles avec capture de mouvement, on n'arrête pas ensuite de remarquer toutes les incohérences techniques, des bugs partout (main qui disparaît, mouvements mécaniques ou robotiques, plan qui s'efface derrière un autre... etc...), mais en même temps Dupieux a peut-être justement penser à ces "erreurs", qui seraient donc peut-être volontaires pour renvoyer aux bugs du récit ?! Peut-être... Néanmoins, si ces maladresses techniques étaient voulues et serviraient donc le propos de fond, il n'en demeure pas moins que le graphisme est peu attrayant, et on y pense : un véritable film en vues réelles n'aurait-il pas été plus judicieux justement ?! Le sujet a déjà été abordé de manière différente comme le multivers chez Marvel, et pourquoi pas "The Truman Show" (1996) de Peter Weir et évidemment "Matrix" (1999) des Wachowski. Mais Dupieux l'aborde avec originalité et une certaine philosophie, si on a bien du mal avec l'animation, le récit est cohérent, et offre plusieurs passages savoureux, par les répliques et les dialogues qui flirtent avec la philosophie de comptoir mais abordable, mais aussi avec cette liste de 265 bugs qui ne manquent de créativité. Un Dupieux une fois de plus créatif, original, pour un OFNI intéressant mais en-deçà de ce dont il est capable dont une fin trop attendue car évidente et surtout pas aidé par une animation loin d'être convaincante.

Note :                 

Vertige (2026) Quentin DupieuxVertige (2026) Quentin Dupieux

13/20