Réalisateur prolifique et souvent inspiré avec des titres comme "Sexe, Mensonges et Vidéo" (1989), "Hors d'Atteinte" (1998), "Traffic" (2000), "Effets Secondaires" (2013) ou "Presence" (2024), Steven Soderbergh a eu l'idée de cette histoire après une soirée de discussion avec Ed Solomon, scénariste entre autre de "Men In Black" (1997) de Barry Sonnenfeld ou les premiers "Insaisissables" (2013-2016) et surtout qui a déjà collaboré avec son ami sur les séries TV "Mosiac" (2018) et "Full Circle" (2023) ainsi que sur le film "No Sudden Move" (2021). Le scénariste ayant une mère artiste, avec deux acteurs principaux précis en tête l'écriture semble-t-elle été aussi inspirée et fluide. Soderbergh qui assure les postes de Réalisateur-monteur-Directeur Photo avoue s'être inspiré principalement d'u de ses films préférés, "L'Habilleur" (1983) de Peter Yates...
Julian Sklar, ancienne figure majeure du pop art londonien est devenu misanthrope qui n'a plus rien peint depuis plusieurs décennies. Ses enfants, avides d'héritage, engagent Lori, restauratrice et ex-faussaire, pour se faire passer pour son assistante. Mais en fait sa mission est de finir en secret une série de toiles inachevées, "Les Christophers" afin d'en tirer ensuite une fortune... La faussaire est jouée par Michaela Coel productrice-scénariste des séries Tv "Chewing Gum" (2015-2017) et "I May Destroy You" (2020), aperçue dans "Star Wars VIII : les Derniers Jedi" (2017) de Rian Johnson ou "Black Panther : Wakanda Forever" (2022) de Ryan Coogler tandis que Le vieil artiste est incarné par Ian McKellen icône des sagas "X-Men" (2000-2014) et "Le Seigneur des Anneaux-Hobbit" (2001-2014) mais vu plus ensuite dans "Mr. Holmes" (2015) ou "L'Art du Mensonge" (2019) tous deux de Bill Condon, et retrouve après "Cats" (2019) de Tom Hooper son partenaire et fils James Corden apparu notamment dans "Into the Woods" (2014) de Rob Marshall, "The Lady in the Van" (2015) de Nicholas Hytner ou "Yesterday" (2019) de Danny Boyle, puis enfin sa soeur jouée par Jessica Gunning aperçue dans "Pride" (2014) de Matthew Warchus, "Summerland" (2020) de Jessica Swale ou "The Magic Faraway Tree" (2026) de Ben Gregor... Soderbergh est décidément un réalisateur à part, alternant constamment entre blockbuster et film d'auteur ou d'Art et Essai, il alterne aussi constamment entre les genres, thriller, horreur, drame, tout y passe ou presque et cette fois il offre un drame intimiste où il sous-entend qu'il y aurait une arnaque à l'héritage, une escroquerie sur fond de plagiat, et le tout entre petite vengeance et ingratitude des héritiers. Si tout cela sert à la mise en place du récit et d'une intrigue familiale tout ça s'avère petit à petit un jeu de dupe, le cinéaste nous emmène vers autre chose.
Le vieux peintre autrefois icône de la peinture devenu misanthrope aigri et avare accueille une nouvelle assistante, et déjà on s'étonne car rien ne permet de croire qu'il accepterait une nouvelle assistante dont il se passait bien jusqu'ici, et surtout choisit par deux enfants pour lesquels il n'a aucun respect ni attachement. Néanmoins il l'accepte avec toute la méfiance du vieux briscard comme si surtout il y voyait un moyen de se divertir. Le film, jusqu'ici avec un léger suspense sur comment l'arnaque va-t-elle pouvoir se construire, vire en fait assez vite vers un face-à-face artistique entre le peintre et l'assistante, entre un peintre qui n'a rien peint depuis 25 ans et une jeune artiste assurément talentueuse mais qui n'a jamais percée, deux visions de leur art, deux générations mais surtout deux personnalités et deux façons de voir l'art très différentes. Bientôt l'arnaque en question devient secondaire, le suspense ne repose plus sur l'arnaque mais sur comment et pourquoi les deux peintres vont s'entendre ou pas sur les neuf toiles en question. C'est là la jolie surprise du film, les personnages ne sont pas spécialement vertueux ou bons, au contraire ils sont humains et donc vicieux mais avec l'empathie qu'apporte l'amour de l'art. On a un peu peur du surjeu, mais le duo McKellen et Cooel fonctionne très bien. Par contre, si le film reste bavard c'est surtout ce ventre mou où "je pars mais non je reviens" est redondant et tourne un peu trop en rond, il y avait mieux à faire comme par exemple raccourcir le film de 10mn. Un bon film, un presque huis clos intéressant, sur les relations humaines et surtout sur le rapport à l'art qui est forcément subjectif pour beaucoup...
Note :
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