Premier long métrage de Wil Aime après ses courts métrages "Le Gendre Idéal" (2019) et "Une Idée Royale" (2020) mais surtout après s'être fait connaître sur YouTube dont les videos ont cumulé plus de 350 millions de vue depuis 2016. Un succès sur les réseaux qui lui ont donné de l'ambition, ou plutôt lui fait gonfler les chevilles ?! Il lui faudra a priori six années pour réussir, réunir les fonds, reprendre son équipe habituel pour un thriller qui reprend le style et le genre de ses courts métrages. En tous cas, le réalisateur-scénariste a aussi réussi à convaincre Pathé de diffuser son film... Mais en visa exceptionnel pour seulement 500 séances en deux journées. Autant dire que son film est passé inaperçu. Le tout est de savoir si son film méritait plus que ces deux journées sur grand écran ?!...
Des truands qui sont autant complices que rivaux s'affrontent alors que les dilemmes moraux, la vérité ou les décisions sont autant de pièges mortels... Le rôle principal est tenu par Wil Aime lui-même et retrouve la plupart de ses fidèles. Outre John Dadie, Eden Elijah, Philippe Kandé, Solène dit Yeux Ebènes, Andrian Maker, puis Roselyne Geslot apparue dans "Baby Blood" (1990) de Alain Robak, "Le Voyageur sans Bagage" (2004) de Pierre Boutron, "Push it to the Limit" (2023) de et avec Sabrina Nouchi, Hassan Koné remarqué dans "Mon Frère" (2019) de Julien Abraham, Ike Zacsongo-Joseph vu dans "Vermines" (2023) de Sébastien Vanicek, "Ad Vitam" (2025) de Rodolphe Lauga ou "Comète" (2026) de Elie Wajeman, puis enfin Mi Kwan Lock aperçue dans "Esclave et Courtisane" (2016) de Christian Lara, "Le Nouveau Jouet" (2022) de James Huth ou "Chien 51" (2025) de Cédric Jimenez... Les youtubeurs, c'est un peu comme les humoristes qui sont passés à la réalisation pour comprendre qu'un bon sketch de 5-10mn ne fait pas forcément un bon film c'est même souvent le contraire. Idem, des vidéos sur YouTube ne promettent pas une transposition au format du long métrage réussie. La première chose qu'on remarque est que tout ce qui est visuel est repris de ses courts métrages, Wil Aime a donc l'ambition de la durée mais nullement de la créativité se reposant sur ce qu'il a fait et qu'il connaît déjà. La première partie se construit comme un huis clos sous tension, les premières minutes sont très bonnes avec l'arrivée des protagonistes, des gueules patibulaires et une écriture plutôt sympa. Mais très vite on se dit que ce passage risque fort d'être la meilleure scène du film.
On constate que la voix Off ne sert pas à grand chose, tandis que les dialogues s'avèrent vite beaucoup trop écrit, un langage presque soutenu et trop récité, trop articulé, qui retire tout naturel sans compter les postures des personnages/acteurs, trop posés trop "prêt" pour la photographie. Certains passages sont particulièrement râtés, mauvais ou navrants comme la scène où on rencontre la fillette ou la crise de la petite amie. Entre les acteurs tout simplement mauvais, ou la direction d'acteur qui inexistante, des décors insignifiants, et une réalisation boursouflée semée d'esbrouffe on a bien du mal à passer un bon moment jusqu'à ce dénouement plutôt stupide... ATTENTION SPOILERS !... on tue sans savoir, puis quand le traître semble évident on décide de tuer un des deux autres à pile ou face sans jamais savoir où tout ça va, sans savoir qui est qui réellement, ça tourne sempiternellement en rond... FIN SPOILERS !... Ainsi Wil Aime se prend pour un réalisateur de cinéma mais sans avoir appris ou évolué depuis ses courts métrages, en copiant plus que s'imprégnant, on pense à chaque instant à l'amateurisme de tout ce travail. Certainement pas honteux, comme un premier long d'étudiant, mais qui fait pâle figure comparé à d'autres artistes youtubeurs comme par exemple l'OFNI "Junk Head" (2022) de Takahide Hori, "Shelby Oaks" (2025) de Chris Stuckmann, l'excellent "Substitution - Bring her Back" (2025) des frères Philippou, les tous récents "Obsession" (2026) de Curry Barker ou "Backrooms" (2026) de Kane Parsons...
Note :
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