Un grand merci à Pyramide Vidéo pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le DVD du film « La petite cuisine de Mehdi » de Amine Adjina.
« Si c’est pas fragile entre nous, si c’est concret, prouve-le mo : parle à ta mère ! »
Mehdi est sur un fil. Il joue le rôle du fils algérien parfait devant sa mère Fatima, tout en lui cachant sa relation avec Léa ainsi que sa passion pour la gastronomie française. Il est chef dans un bistrot qu’il s’apprête à racheter avec Léa. Mais celle-ci n’en peut plus de ses cachotteries et exige de rencontrer Fatima. Au pied du mur, Mehdi va trouver la pire des solutions.
« Chez nous le mensonge, c’est la survie. On ment pour se cacher. On ment pour ne pas blesser. Et parfois même pour vivre ! »
Formé à l’ERACT il y a près de quinze ans, Amine Adjina est avant tout un homme de théâtre : comédien, metteur en scène, il est également l’auteur d’une dizaine de pièces, jouées notamment par la Compagnie du double, qu’il a créé et qu’il co-dirige avec Emilie Prévosteau. Autant de textes marqués pour la plupart par la question du métissage. Avec « La Petite Cuisine de Mehdi », sorti en 2025, il signe son premier long métrage, un film nourri d’une part autobiographique et traversé par la question de la double culture franco-algérienne. Construit à la manière d’un vaudeville théâtral, son intrigue démarre autour d’un postulat simple : Mehdi, jeune chef cuisinier, mène une sorte de double vie parfaitement cloisonnée entre sa mère algérienne qui veut que ses enfants perpétuent les traditions, et une compagne française. Une stratégie de l’évitement qui fonctionnait plutôt bien. Jusqu’à ce qu’il se retrouve coincé au pied du mur, sans plus pouvoir fuir.
« Ta mère c’est pas une sainte : elle a le droit de vivre ! »
« La Petite Cuisine de Mehdi » transforme ainsi une situation personnelle en une réflexion plus large sur l’héritage, la loyauté et le dédoublement identitaire. Le film repose sur une mécanique de comédie efficace, fondée sur l’escalade du mensonge, mais il évite la simple morale : les cachotteries de Mehdi apparaissent surtout comme une stratégie de survie entre deux mondes qu’il ne parvient pas à concilier, deux êtres qu’il ne veut pas décevoir, et un refus de devoir choisir. La réussite du film tient à son équilibre entre légèreté et mélancolie. Les quiproquos provoquent le rire tout en révélant les blessures familiales, intimes et les non-dits affectifs. Le trio formé par Mehdi, Léa et Fatima donne au récit une vraie densité émotionnelle, tandis que le personnage de la fausse mère, interprétée par Hiam Abbass, vient colorer l’ensemble d’une touche de comédie et d’excentricité profondément humaine. La cuisine devient alors un symbole central : lieu de transmission, de tradition, mais aussi de fusion des cultures et des influences. Et, surtout, de possible émancipation pour le héros. Sans prétention, le rendu ne manque pas de saveurs, malgré quelques longueurs liées à l’accumulation quasi sans fin de mensonges de plus en plus gros. Sans rentrer dans la course aux étoiles, le film séduit néanmoins par son humanité et sa capacité à transformer un postulat de comédie sur la famille en un récit tendre et parfois douloureux.
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Le DVD : Le film est proposé en version originale française (5.1 et 2.0), ainsi qu’en audiodescription. Des sous-titres français pour malentendants et anglais sont également disponibles.
Côté bonus, le film est accompagné d’un entretien avec Amine Adjina par Jean-Luc Brunet pour Cin’Ecrans (15 min.), de 3 scènes coupées (6 min.) ainsi que de Photos de tournage par Laurent le Crabe
Édité par Pyramide Vidéo, « La petite cuisine de Mehdi » est disponible en DVD depuis le 7 avril 2026.
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