Pour cette neuvième journée de festival, les thématiques tournaient autour du couple, de la famille et de la politique, trois grandes sources d’inspiration pour les auteurs. Sans oublier la guerre, qui est, cette année, au coeur de nombreux films. Il faut dire que le monde est secoué par les conflits, que ce soit en Iran, au Liban, en Palestine, en Ukraine, au Soudan, en République démocratique du Congo et dans bien d’autres régions. L’ère n’est plus à la construction d’une paix durable, mais à un réarmement massif pour pallier à d’éventuels changements d’alliances et faire face aux attitudes belliqueuses de dirigeants mégalomanes. Aussi, il est parfois bon de se pencher sur le passé pour mieux comprendre le présent et éviter de faire les mêmes erreurs, ou d’aborder les conflits contemporains de façon différente, sous le regard singulier d’un artiste.
Après le film sur Jean Moulin au milieu de la semaine, le Festival de Cannes a proposé à son public le premier épisode du diptyque dédié au Général de Gaulle, La Bataille de Gaulle : L’Âge de fer, avec Simon Abkarian dans le rôle principal. Nous n’avons pas encore vu cette grosse production française, présentée hors compétition, mais les premiers échos sont plutôt positifs. Loin d’être une hagiographie, le film d’Antonin Baudry semble être le portrait d’un homme qui se bat pour ses idées, presque seul contre tous, avec une certaine idée de la liberté et de la grandeur de la France.
C’est aussi ce que l’on pourrait dire du personnage incarné par Swann Arlaud dans Notre salut, d’Emmanuel Marre. Si ce n’est qu’il évolue à l’exact opposé du Général de Gaulle.
Henri Marre, l’arrière-grand-père du cinéaste, était un pétainiste convaincu. Il a soutenu jusqu’au bout le maréchal Pétain et a participé activement au régime de Vichy, associé au ministère du Travail.
Ce quinquagénaire était persuadé que la défaite face aux Allemands était une bonne chose pour la France, l’occasion de tout remettre à plat, de simplifier l’administration et d’instaurer des méthodes de management modernes, avec des indicateurs de performance, des outils de rationalisation et d’optimisation. C’était un précurseur, en quelque sorte, un avant-gardiste. Il a développé ses idées dans un ouvrage intitulé “Notre salut”, qui est loin d’avoir obtenu la reconnaissance escomptée par son auteur.
Aussi, il débarque à Vichy seul, loin de son épouse et ses enfants restés à Paris, dans la France occupée, avec la volonté farouche de fédérer autour de ses idées. Dans les cercles intellectuels et les salons mondains, tout le monde le regarde avec mépris. Son idéalisme est déconnecté des réalités. Henri Marre se déclare un soutien indéfectible de Pétain, quand les autres le disent complètement fini, un fantoche sans aucun pouvoir, ne restant en place que par son statut de héros de la Première Guerre mondiale. Il se dit patriote, attaché aux valeurs de la France et à son indépendance, quand les autres personnalités politiques ne sont là que pour sauver leur peau et profiter tant qu’elles peuvent de leur petit pouvoir. Elles savent déjà que les nazis finiront par prendre le contrôle de la France libre, le moment voulu et que cette liberté, justement, n’est que relative et soumise à quelques compromissions.
Il réussit toutefois à capter l’attention d’un ministre, qui accepte de le pistonner auprès du ministère du Travail, en échange d’un service. Bien que n’ayant pas vraiment l’occasion de mettre en application l’intégralité de son programme politique, Marre peut toutefois faire ses preuves en tant que fonctionnaire zélé. Il est nommé inspecteur provincial au Commissariat à la lutte contre le chômage, au bureau de Limoges.
Imperceptiblement, les choses évoluent. Les Allemands viennent ponctionner de plus en plus de volontaires dans le cadre du STO, demandent de répertorier les travailleurs étrangers de la France libre par religion et origine. Il y a des demandes surprenantes, comme la fourniture de centaines de litres d’essence… Henri doit prendre des décisions qui allient respect des procédures de l’Etat, bonne volonté vis-à-vis des Allemands et préservation des intérêts patriotiques.
Sans le savoir – ou en l’éludant sciemment – il participe à la machine génocidaire nazie, permettant l’envoi de centaines de travailleurs Etrangers vers une mort certaine.
Comme La Troisième nuit, Notre salut montre l’horreur administrative, l’obéissance aveugle de simples fonctionnaires envers un régime politique aux idées glissantes. Mais contrairement au personnage incarné par Grégory Gadebois dans le film de Daniel Auteuil, qui affichait clairement son antisémitisme et son adhésion aux projets des nazis, Henri Marre semble plus distant. S’il est antisémite, il ne le laisse pas transparaître. Mais s’il faut choisir, il privilégie avant tout les Français correspondant à sa définition des patriotes. De la même façon, quand on fait pression sur lui pour qu’il dénonce son supérieur, soupçonné de saboter les plans communs du régime de Vichy et des Allemands, Marre refuse. Il sont en désaccord sur bien des points, mais il le considère comme un homme qui aime son pays et ne se résout pas à lui nuire pour satisfaire des ambitions personnelles. Henri possède une éthique qui lui est propre et il reste authentique, intègre, selon ses critères.
On pourrait presque penser qu’il n’est pas un salaud, que tout ce qu’il fait est naïf. Mais il y a des mots qui, parfois, trahissent un fond de pensée cynique et totalement dénué d’empathie. Il parle de “ramassage” des travailleurs juifs ou des prisonniers politiques venus d’Espagne. Il oublie les formules de politesse ou les tournures de phrases moins directives. Il sanctionne un collaborateur pour avoir procédé à des dépenses imprévues, alors que l’homme faisait juste preuve d’un minimum d’humanité et de dignité…
En fait, il est complètement aveuglé par ses idées politiques, qu’il considère comme la solution à tous les maux du peuple. Et il est complètement déconnecté des réalités du pays, de ce que vit et subit le peuple.
Toute ressemblance avec des personnalités politiques françaises contemporaines est tout sauf fortuite. Le programme destiné à lutter contre le chômage, qui prévoit un durcissement des contrôles des chômeurs, évoquera sûrement quelque chose aux spectateurs des années 2000, l’affiche “en marche”, issue d’un autre contexte, est assez évocatrice. Et ce gouvernement fait de bric et de broc, associant droite et gauche, anciens fonctionnaires et militaires, nationalistes de tout poil, n’est pas très loin du microcosme politique actuel, où tout se confond. Evidemment, les xénophobes, les ultra-conservateurs, les adhérents aux idées fascistes sont fortement représentés dans les cercles qui gravitent autour du gouvernement de Vichy, comme ils le sont aujourd’hui autour du pouvoir, prêts à s’en emparer à la première occasion.
Le film entend bien utiliser le passé pour inciter le spectateur à réfléchir au présent. C’est tout le sens des numéros musicaux sur des chansons modernes (“Life is life”, “Popcorn”…), qui agissent comme une respiration dans le récit et tissent un lien direct entre notre époque et cette période trouble de l’histoire de France.
Dans Minotaure, le cinéaste russe Andreï Zviaguintsev évoque évidemment les “Opérations spéciales” que son pays mène en Ukraine. Il utilise un autre moyen de dresser le portrait sans concessions du pouvoir russe, en adaptant l’intrigue du film de Claude Chabrol, La Femme infidèle. Le scénario est assez fidèle à l’original. On observe la déliquescence d’un couple bourgeois. Le mari, Gleb (Dmitriy Mazurov) s’occupe énormément de ses affaires, mais assez peu de son épouse, Galina (Iris Lebedeva), qui passe ses journées entre tâches domestiques et séances de mise en beauté. Pourtant, tout semble aller pour le mieux, en apparence. La famille occupe une belle maison d’architecte au milieu de la forêt. Le fils aîné reçoit une éducation sophistiquée et se développe lentement, à part un petit souci que le père l’invite à résoudre pacifiquement, mais avec fermeté. Les affaires tournent bien, malgré quelques soucis générés par les opérations spéciales décidées par le Kremlin en Ukraine. Les escarmouches, qui devaient durer quelques jours, semblent s’enliser, perturbant les routes commerciales et des rumeurs de mobilisation des jeunes réservistes se font de plus en plus insistantes. Bientôt, les autorités vont demander à Gleb une liste de noms de salariés à envoyer au front. Pour son entreprise, cela signifie moins de main-d’oeuvre disponible et donc un certain manque à gagner. Mais ce qui nous frappe, c’est la distance froide qui s’est installée entre Gleb et Galina. On découvre, par les mouvements de caméra millimétrés de Zviaguintsev, qu’elle a un amant, Serioja (Boris Kudrin). Malheureusement, Gleb finit lui aussi par s’en rendre compte. Il engage un détective privé pour surveiller les faits et gestes de son épouse et identifier l’amant.
Lorsqu’il se confronte enfin à Serioja, les choses dégénèrent et le véritable visage de ce bourgeois bien sous tous rapports, courtois et calme, finit par se révéler.
Le film peut être analysé selon plusieurs niveaux. Le premier est un simple fait divers qui se situe dans la Russie contemporaine, et qui, comme chez Chabrol s’inscrit dans une étude assez fine de la bourgeoisie russe, celle qui a profité de la chute du Mur de Berlin pour s’ouvrir à l’économie de marché et s’enrichir. Le second est de voir le couple Gleb/Galina comme le duo Russie/Ukraine, autrefois marié pour le meilleur et surtout pour le pire. Quand l’une essaie de s’émanciper et de reprendre son indépendance, l’autre devient violent. Le troisième niveau est induit par le titre, Minotaure. On peut y voir une référence à la mythologie grecque et à ce monstre enfermé dans le labyrinthe de Dédale. Le labyrinthe, c’est cette Russie moderne où la communication est cadenassée, où le pouvoir est durablement installé sans grand espoir de changement, où la corruption et les passes-droits sont légion. Le minotaure, c’est peut-être Gleb, créature mi-homme mi-bête, à la fois homme d’affaires propre sur lui et brute donnant libre cours à ses instincts animaux primaires, ou Vladimir Poutine, personnage effrayant, presque légendaire, gardien d’un système qui réclame le sang de ses propres citoyens pour continuer d’exister. Rappelons aussi que la civilisation grecque antique, malgré son panthéon de divinités et ses héros, a fini par s’effondrer, état après état, faute d’avoir su se moderniser et d’arrêter les guerres incessantes avec ses pays voisins.
Aussi, Zviaguintsev veut voir dans son film le portrait d’un pouvoir à bout de souffle, qui finira par chuter. Ce qu’il pense de ces “opérations spéciales” est assez limpide ; il tient sur un graffiti : “Nique ta guerre”.
Cette petite provocation est la seule vulgarité d’un film par ailleurs d’une élégance folle, grâce aux plans sublimes composés par le cinéaste et son directeur de la photographie habituel, Mikhaïl Krichman, les travellings ultra-précis, la façon de filmer les visages et les lieux. On le verrait bien au palmarès, samedi prochain, tant il parvient à allier message politique et cinéma intimiste, mise en scène magistrale et récit efficace.
Dans Lucy Lost, film d’animation d’Olivier Clert, il est aussi question d’une guerre, la Première Guerre mondiale, et ses conséquences sur la vie d’une petite fille de onze ans, Lucy, et de sa famille, sur une petite île à proximité des Cornouailles. Traumatisée par les bruits incessants de cette guerre que l’on entend en arrière-plan, via des bruits d’explosions, de canons ou de moteurs d’avions de combat, la fillette souffre de crises de somnambulisme qui semblent systématiquement l’attirer vers l’eau. Outre ce comportement problématique, Lucy a des cheveux blancs qui inquiètent les autres enfants – ils la prennent pour une sorcière – et elle a tendance à discuter avec une amie imaginaire, Millie.
Lucy ne va pas très bien, donc, ce qui est compréhensible au vu du contexte. Elle est heureusement entourée d’amour par sa famille, qui veille à son éducation et la protège du monde extérieur. Mais on comprend qu’elle n’est pas la fille biologique de ce couple de Britanniques. Elle a été recueillie au début de la guerre, et beaucoup, au sein de la population, pensent qu’elle pourrait être allemande, ce qui n’est pas sans créer quelques tensions.
A partir de là, le récit prend une dimension plus onirique et fantastique, se transformant en une épopée expliquant les origines de la fillette, ses relations avec son amie imaginaire et les causes de son trauma.
Olivier Clert a adapté un roman pour enfants de Michael Morpurgo pour le transformer en un joli film d’animation familial, vif et enlevé, qui confirme la vitalité de l’animation française et des studios Xilam, déjà responsables de La Vie de château, mon enfance à Versailles.
Chez Christophe Honoré, on parle aussi un peu de guerre (celle d’Algérie et ses blessures psychologiques), et beaucoup de famille (celle du cinéaste, revisitée en “famille Puig”). Une grande fratrie de sept enfants, incarnée par une ribambelle de comédiens français de premier plan, se réunit pour le mariage du petit dernier, Jacques (Paul Kircher) et sa bien-aimée, Martine (Malou Khebizi). Toute la famille a fait le déplacement en cette journée pluvieuse de mars 1978, sauf le patriarche, qui a été banni par les enfants à cause des années de violence et de terreur qu’il leur a fait subir. La mère de famille est là, les frangins Dominique (Vincent Lacoste) et Roger (Alban Lenoir) aussi. Parmi les soeurs, on trouve Claudie (Adèle Exarchopoulos), fragile et dépressive, Marie-Do (Nadia Tereszkiewicz), Isabelle (Noée Abita) et Annie (Myriem Akheddiou). La noce est mouvementée. Déjà, à l’église, c’est la catastrophe. Il pleut des cordes, la famille Puig est en retard et le prêtre s’impatiente. Puis il y a quelques déboires avec la voiture des mariés, qui doit être échangée. Pendant le vin d’honneur, la famille doit gérer une dispute entre Claudie et son mari, ou plutôt ex-mari, puisqu’ils sont en instance de séparation. Puis les larmes d’une des adolescentes de Roger, qui apprend en direct la mort de son idole, Claude François, dont elle venait à peine de reprendre l’un des tubes (“Même si tu revenais”, qui n’a pas aidé à remonter le moral à Claudie…). Lors du bal, les convives discutent ensemble, s’inquiètent d’une possible venue du père, des mésaventures professionnelles ou sentimentales des uns et des autres. On s’inquiète aussi des côtés efféminés du petit Christophe, le fils d’Isabelle et Bernard (pas de doute, on est bien chez Christophe Honoré). On picole un peu trop, également, ce qui génère quelques disputes.
Bref, la vie… Des moments banals, des discussions de famille anodines, peut-être davantage marqués par une enfance difficile et des traumatismes impossibles à effacer. De temps à autre, le cinéaste dynamise son récit avec des flash-forwards qui nous montrent ce que sont devenus les protagonistes, quelques années plus tard, et cela rend encore plus précieux ces moments passés ensemble, malgré les engueulades, les coups de sang, la cohabitation parfois heurtée.
C’est un petit bijou de construction narrative, dans le prolongement de la pièce que Christophe Honoré avait montée en 2024, “Le ciel de Nantes”, un film-choral qui donne à chaque personnage l’espace pour exister et dans lequel flotte un petit parfum d’enfance.
On écoute des tubes d’époque de Cloclo, de Joe Dassin ou de Gérard Lenorman, un transistor commente en grésillant un match de football et les enfants boivent une boisson au goût d’orange aujourd’hui disparue (le Tang).
Le film, présenté dans la section Cannes Première, a été fortement applaudi par les festivaliers.
Il n’y a pas de guerre dans The Man I Love d’Ira Sachs, dernier film de la compétition du jour. Mais un combat contre une maladie qui ne sera jamais nommée : le SIDA. Il y est aussi question de famille et de relation de couple moribonde.
Le film raconte une histoire d’amour très profonde, mais assez cruelle, située dans les années 1980, peu clémentes pour les amours homosexuelles.
Dennis (Tom Sturridge, épatant) est profondément amoureux de Jimmy (Rami Malek, solaire), artiste écorché vif qui prépare une nouvelle pièce, dans laquelle il incarne une chanteuse québécoise. L’acteur semble complètement investi dans ce projet qui lui permet de chanter, danser et jouer la comédie. Il irradie et séduit tout son entourage, à commencer par le nouveau voisin, Vincent (Luther Ford), qui le désire instantanément, sans se préoccuper du malheureux Dennis. Celui-ci, il est vrai, est plus effacé, plus discret. Pourtant, c’est lui qui permet à Jimmy de tenir le coup. Il a été là dans les moments plus difficiles, quand la maladie s’est déclarée et que son amant a failli mourir d’une première infection. Mais il n’en tire aucun avantage. Quand les parents de Jimmy débarquent à New York pour y fêter leur anniversaire de mariage, Dennis est sciemment tenu à l’écart des retrouvailles familiales. Sa seule consolation est une discussion avec la soeur de Jimmy (Rebecca Hall), qui a conscience que sans son aide, Jimmy serait déjà mort depuis longtemps. On comprend, sans que cela soit clairement évoqué, que Jimmy souffre du SIDA. Pour le moment, sa maladie est maîtrisée par la prise des médicaments que Dennis prépare consciencieusement chaque semaine. Mais à l’époque, il n’y avait pas encore de thérapie efficace et la plupart des malades décédaient rapidement.
Mais la grande force du film d’Ira Sachs, c’est de ne pas du tout se focaliser sur la maladie et la mort. On constate juste que le personnage de Jimmy décline inexorablement – pertes de mémoire, moments d’absence ou de déprime, mais la plupart du temps, il est égal à lui-même, plein de fougue et de vie. Le récit se concentre surtout sur des petits riens, les échanges de regards entre les personnages, les émotions qui les traversent, exprimées de façon délicate. L’exemple le plus frappant est le moment où Jimmy chante la chanson qui donne son titre au film, “The Man I Love” de George et Ira Gershwin. Comme à son habitude, Jimmy séduit l’auditoire en exprimant sa quête d’amour, l’attente d’un homme qu’il aimerait de façon inconditionnelle. Dennis reste à le regarder, la larme à l’oeil. Il aimerait être cet homme-là. Celui dont rêve Jimmy. Il pense même mériter cette affection, après tout ce qu’ils ont traversé ensemble. Jimmy est l’homme qu’il aime. La réciproque n’est pas vraie, mais il ne peut faire autrement que d’être là, jusqu’au bout.
Le film ne propose pas autre chose que ces enjeux-là, et repose exclusivement sur les performances d’acteurs, magnifiques. Peu adeptes des mélos tire-larmes, on ne peut que saluer les partis pris du cinéaste, qui ne verse absolument pas dans l’émotion facile. Mais pour le coup, le film est peut-être un peu sec pour prétendre à une Palme d’or. Un prix d’interprétation pour l’un des deux hommes ne serait pas un scandale.
Si la troisième guerre mondiale ne débute pas d’ici là, et si on n’est pas kidnappés pour assister à une réunion de famille au goût de raisin, à demain pour la suite de ces chroniques cannoises.