Duo de cinéaste rarement décevant avec des comédies souvent aussi touchantes qu'intelligentes comme "Intouchables" (2011), "Le Sens de la Fête" (2017) ou "Une Année Difficile" (2023), Olivier Nakache et Eric Toledano reviennent avec une nouvelle comédie dans laquelle ils voulaient se souvenir des années 80. A l'instar de leur film "Nos Jours Heureux" (2006) les deux confrères ont réunis leurs souvenirs personnels en s'inspirant aussi du cinéma italien des années 50-60. Producteurs-réalisateurs-scénaristes ils précisent que ce film est sans nul doute le plus personnel. D'ailleurs les deux amis dédicacent leur film à leur deux pères respectifs, décédés durant le tournage... 1985, Vincent bientôt 13 ans, vit en banlieue parisienne dans une famille de classe moyenne, entre un grand frère distant et des parents en conflit permanent. Mais alors qu'il n'est "pas encore un adulte" il va grandir le temps d'une année...
Le jeune ado est incarné par Simon Boublil, fils d'un certain Philippe Torreton, aperçu auparavant dans "Ducobu passe au Vert" (2024) de et avec Elie Semoun, ses parents sont joués par Camille Cottin vue dans "Ni Chaînes Ni Maîtres" (2025) de Simon Moutaïrou, "Rembrandt" (2025) de Pierre Schoeller ou "Les Enfants vont Bien" (2025) de Nathan Ambrosioni, et retrouve après "Mon Légionnaire" (2021) de Rachel Lang son "époux" et partenaire Louis Garrel vu dernièrement dans "Saint-Ex" (2024) de Pablo Agüero, "Chien 51" (2025) de Cédric Jimenez ou "Coutures" (2026) de Alice Winocour, tandis que le fils aîné est joué par Alexis Rosensthiel remarqué juste avant dans "Ceux qui Comptent" (2026) de Jean-Baptiste Leonetti. Citons ensuite Pierre Lottin vu récemment dans "On Ira" (2025) de Enya Baroux, "L'Etranger" (2025) de François Ozon et "L'Affaire Bojarski" (2026) de Jean-Paul Salomé, Rony Kramer apparu dans "J'ai vu tuer Ben Barka" (2005) de Serge Le Péron, "Pourquoi tu Pleures ?" (2011) de Katia Lefkowich ou "Conclave" (2024) de Edward Berger, Giorgia Sinicorni vue dans "Pauline Détective" (2012) de Marc Fitoussi, "Comme le Vent" (2013) de Marc Simon Puccioni ou "Les Rayons et les Ombres" (2026) de Xavier Giannoli, puis enfin Jeanne Lamartine la jeune révélation du film... Les années 80 ont décidément toujours la cote et dans tous les genres, en témoigne entre autre "L'Amour Ouf" (2024) de Gilles Lellouche, "L'Inconnu de la Grande Arche" (2025) de Stephane Demoustier ou tout récemment "Police Flash 80" (2026) de Jean-Baptiste Saurel. Cette fois le duo Toledano-Nakache font le choix de la chronique familiale, classique mais toujours efficace sur la génération concernée (dont votre serviteur). Les premières minutes sont excellentes et renvoie directement à nos propres souvenirs (petite pensée à mon petit frère !). La reconstitution reste très réussie sans jouer la caricature trop appuyée, même si ça insiste un peu sur certains éléments clés comme la doudoune Chevignon ou le SIDA qui ne sont pas toujours très à propos, rappelons que l'histoire est censée se dérouler en 1985... ATTENTION SPOILERS !... On parlait encore très peu voir pas du tout du SIDA qui restait encore très tabou et le VIH est annoncé qu'en 1986, tandis que le film porno "La Ruée vers Laure" de Marc Dorcel existe bel et bien mais ne sera tourné qu'en 1996, un peu dommage ce n'est pas comme si il n'existait pas de film des années 84-85... FIN SPOILERS !...
Les deux réalisateurs-scénaristes veulent sans doute trop en mettre dans leur film, trop de messages politiques, trop d'insinuations, trop de politiquement correct aussi symbolisé par des parents et l'éducation de leurs enfants qui semblent plus des années 2000 que des années 80 ; en effet, on veut bien croire qu'il y avait des parents pour le dialogue, aux méthodes "Montessori" etc... mais la norme était surtout la punition corporelle classique (et je sais de quoi je parle !). L'écueil est donc trop démago pour convaincre pleinement dans notre immersion des années 80. En fait le film est beaucoup trop sage et bien pensant, mais ne boudons pas notre plaisir. Cette comédie est aussi là pour nous réunir dans une sorte de photo souvenirs idéale, et fonctionne d'abord et avant tout par les interactions entre les personnages, par des situations cocasses, des dialogues parfois piquants, avec quelques moments plus amusants que drôles, avec un degré de nostalgie non négligeable. Un très bon moment divertissement auquel malheureusement une véritable prise de risque. Note indulgente.
Note :
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