La Corde au Cou (2026) de Gus Van Sant

A l'origine ce projet était prévu dès 2024 avec Werner Herzog comme réalisateur et Nicolas Cage dans le rôle principal pour un film intitulé "Dead Man's Wire" mais en raison d'un conflit d'emploi du temps le peojet a été mis en stand-by avant, finalement, d'être repris par Gus Van Sant connu pour des films comme "My Own Private Idaho" (1991), "Will Hunting" (1997), "Elephant" (2003), "Harvey Wilk" (2008) ou "Don't Worry, He Won't Get Far on Foot" (2018). Ce film raconte l'histoire autour de l'affaire Tony Kiritsis (Tout savoir ICI !), un homme lambda qui séquestre son banquier suite à une désillusion financière et qui avait défrayé la chronique à une époque où le cinéaste avait une petite vingtaine d'années : "Les choses étaient très différentes. Les médias, à part le cinéma, se résumaient à la télévision. Il y a une longue période pendant laquelle je n'avais tout simplement pas de téléviseur, et cette histoire s'est déroulée à ce moment-là. S'il y a eu des choses diffusées en direct, je les ai ratées. Quand je l'ai découverte, l'histoire de Tony Kiritsis m'a touchée. Dès qu'il s'agit d'un homme qui ose se dresser contre le système, je me sens concerné, émotionnellement." Le réalisateur met en scène un scénario signé par Austin Kolodney, jusqu'ici réalisateur-scénariste de nombreux courts métrages comme son dernier en date "Two Chairs, Not One" (2023) et plusieurs épisodes de séries TV... Tony Kiritsis, un homme ruiné à cause d'un emprunt, décide à Indianapolis, le 8 février 1977, d'enlevé son courtier bancaire qu'il rend responsable de sa situation. Bien préparé, il prévient lui-même la police et réclame 5 millions de dollars ainsi que des excuses. La télévision couvre l'affaire qui devient particulièrement médiatique. Soudain, tout un pays se passionne pour le destin de ce citoyen lambda... 

Tony Kiritsis est incarn par Bill Skarsgard, que Gus Van Sant avait rencontré petit sur le tournage de "Will Hunting" (1997) dans lequel jouait son père Peter Skarsagard, l'enfant est devenu grand et vu notamment dans "The Crow" (2024) de Rupert Sanders, "Nosferatu" (2024) de Robert Eggers ou "Piégé" (2025) de David Yarovesky. Citons ensuite Dacre Montgomery apparu dans "Power Rangers" (2017) de Dean Israelite ou "Elvis" (2022) de Baz Luhrmann, Colman Domingo vu récemment dans "Drive-Away Dolls" (2024) de Ethan Coen, "The Electric State" (2025) des frères Russo ou "Running Man" (2026) de Edgar Wright, Cary Elwes vu dernièrement dans les sagas "Mission Impossible : Dead Reckoning" (2023-2025) de Christopher McQuarrie et "Rebel Moon" (2023-2024)) de Zack Snyder ainsi que dans "Operation Fortune : Ruse de Guerre" (2023) et "Le Ministère de la Sale Guerre" (2024) tous deux de Guy Ritchie, John Robinson qui retrouve son réalisateur après "Elephant" (20003) et vu depuis dans "Les Seigneurs de Dogtown" (2005) de Catherine Hardwicke, "La Maison" (2022) de Anissa Bonnefont ou "Niki" (2024) de Céline Sallette, Myha'la Herrold  aperçue dans "Dumb Money" (2023) de Craig Gillepsie et remarquée dans "They Will Kill You" (2026) de Kirill Sokolov, Kelly Lynch qui retrouve également son réalisateur après "Drugstore Cowboy" (1989) et vu entre autre dans "La Maison des Otages" (1990) de Michael Cimino, "Kaboom" (2010) de Gregg Araki ou "On the Rocks" (2020) de Sofia Coppola, puis enfin et surtout Al Pacino qui apparaît comme un clin d'oeil puisque le film renvoie évidemment au classique "Un Après-Midi de Chien" (1975) de Sidney Lumet et dont Gus Van Sant assume la filiation... L'American Way of Life qui vole en éclat avec ce fait divers où le pot de terre veut prendre sa revanche (vengeance ?!) sur le pot de fer, le pauvre bougre qui a cru que le capitalisme aurait pu l'enrichir. Au pied du mur, il ne voit plus d'autre solution que de prendre en otage un patron banquier avec des exigences qui font d'emblée sourire tant on sait qu'il sera forcément perdant au final. Sur le fond, on est d'abord surpris par cette naïveté de ce Kiritsis qui croit que ses exigences vont être suivies, puis finalement on espère en savoir plus sur son affaire car, au final, ce Tony Kiritsis est-il victime d'un système et héros malgré lui ou est-ce juste un pauvre bougre qui n'assume pas ses propres mauvaises décisions ?!

C'est malheureusement sur cette dernière interrogation que le film déçoit, car vous n'en saurez rien, quelques insinuations peut-être mais rien de probants, le réalisateur ne prendre aucun risque et finalement ne fait que relater les événements comme un docu-fiction sur un fait divers assez banal au pays de l'Oncle Sam. Gus Van Sant se rattrape avec sa mise en scène, une reconstitution d'époque solide magnifiée par un grain idéal, le mix avec des images d'archives, la multiplication des plans et des angles de vue, des détails jusque dans les seconds plans et les personnages secondaires qui paraissent pourtant anodins souvent, et en prime une performance énorme de Bill Skarsgard qui ne se cache pas cette fois sous un masque. En conclusion, un film maîtrisé et magnifiquement réalisé, avec des personnages parfaitement croqués, juste dommage que Gus Van Sant n'est pas approfondi plus son sujet. Un bon moment, intéressant témoignage d'une époque et d'un pays.

Note :                 

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14/20