Six Jours, ce Printemps Là (2025) de Joachim Lafosse

Nouveau long métrage de Joachim Lafosse après des films comme "Nue Propriété" (2006), "A Perdre la Raison" (2012), "L'Economie du Couple" (2016) ou "Un Silence" (2024), et avec ce nouveau projet il explore à nouveau aux affres de la vie de famille, aux méandres de la compréhension intra-familiaux. Le cinéaste s'est inspiré essentiellement de ses souvenirs personnels et notamment quand enfant il a passé des vacances en cachette chez ses grands-parents avec sa mère et son frère jumeau, une période où il a pris conscience du déclassement social de sa mère après son divorce ; d'ailleurs le personnage principal est inspiré directement de la mère du réalisateur. Le réalisateur-scénariste co-écrit son scénario avec le duo Chloé Duponchelle et Paul Ismael qu'ils retrouvent après leur première collaboration sur "Un Silence" (2024)... 

Malgré ses difficultés financières, Sana tente d'offrir des vacances de printemps à ces jumeaux mais le projet tombe à l'eau. Comme plan B elle décide de squatter en secret la villa luxueuse de son ex-belle-famille. Six jours de vacances prometteuses mais qui marqueront la fin de l'insouciance pour les enfants... Sana est incarnée par Eye Haïdara vue entre autre dans "Les Femmes du Square" (2022) de Julien Rambaldi, "Brillantes" (2023) de Sylvie Gautier ou "A Toute Allure" (2024) de Lucas Bernard, tandis que ses jumeaux sont joués par Leonis et Teoudor Pinero Müller dans leur premier film. Citons ensuite Jules Waringo qui retrouve après "Les Intranquilles" (2021) son réalisateur mais également son partenaire Damien Bonnard vu dernièrement dans "La Voie du Serpent" (2025) de Kiyoshi Kurosawa ou "Le Système Victoria" (2025) de Sylvain Desclous, et qui était aussi dans  "Un Silence" (2024) à l'instar de son autre partenaire Emmanuelle Devos vu récemment dans "Boléro" (2024) de Anne Fontaine ou "Un Ours dans le Jura" (2025) de et avec Franck Dubosc... Une mère célibattante se retrouve avec un plan vacances inexploitable, et décide sur un coup de tête d'offrir à ses deux garçons des vacances en retournant dans la maison secondaire de son ex-conjoint. Une violation de domicile qui permet de faire plaisir à ses enfants pour un moindre coût, et aussi faire plaisir à son nouveau petit ami. Concernant ce dernier on est étonné voir perplexe quand l'évidence de leur relation s'avère une surprise pour les enfants (?!) où comment croire que les deux garçons de 10-12 ans ne se sont jamais aperçus que cet homme n'était pas le nouvel amoureux de leur maman ?! Simplement pas crédible, où comment prendre les gosses pour plus bêtes qu'ils ne le sont. Peut-être n'est- ce qu'un détail... En tous cas, on s'aperçoit que tout repose donc sur cette violation de domicile. Une maman qui stresse que sa belle-famille apprenne qu'elle s'est incrustée dans leur maison, qui doit surveiller encore plus ses deux enfants qui ne peuvent profiter autant qu'ils le souhaiteraient, tandis que son nouveau compagnon reste effacé au point qu'on se demande à quoi tient leur histoire d'amour.

Le scénario repose donc sur les petits problèmes, les petits grains de sable qui font que leurs vacances secrètes peut capoter à chaque rencontre. On alterne entre moments à la plage et huis clos à la maison, bronzer et nager, ou manger et se coucher, à part ça rien, ou pas grand chose. C'est ce qui fait la différence avec l'autre film auquel on pense, "Le Retour" (2023) de Catherine Corsini où une mère profite d'une opportunité pour des vacances mais qui raconte en parallèle une confrontation avec son passé. Ici, pas d'intrigue réelle, l'enjeu reste mince car cette violation de domicile reste un conflit où des grands-parents auraient effectivement peut-être dit oui pour leurs petits-enfants dixit les enfants eux-mêmes. La réussite est du côté de ce malaise constant, cette sensation que cette maman est illégitime malgré tout, le défaut malheureusement réside aussi dans une mise en scène plate, une caméra à l'épaule inutile et une photographie sombre qui ne réussit jamais à jouer sur le contraste entre ombre (huis clos) et lumière (plage). On aura connu Joachim Lafosse bien plus inspiré, malgré une Eye Haïdara parfaite mais un peu seule.

Note :                 

Jours, Printemps (2025) Joachim Lafosse

09/20