Bagarre (2026) de Julien Royal

Troisième film après "En Passant Pécho" (2021) et "Nouveaux Riches" (2023) de Julien Royal (accessoirement fils de François Holland et Ségolène Royal) mais premier long métrage de cinéma puisque ses deux premiers films étaient des films siglés Netflix. Pour ce projet le réalisateur-scénariste-monteur retrouve son acolyte Nassim Lyes, acteur mais aussi co-scénariste depuis les deux précédents films. Pour ce nouveau projet, les deux compères se sont inspirés d'une vidéo, sorte de fausse publicité sur une légende urbaine où on pourrait louer un service de combattants sur commande. Malgré le mix action-humour le film est interdit au moins de 12 ans... Naim est un amour dans la vie mais un monstre quand il est combattant. Pour soigner sa chienne malade il est contraint d'intégrer "Allo bagarre" un service de combattants à louer. Pas aider par une difficulté à comprendre les nuances du verbe et de l'humour il va comprendre que la bagarre n'est pas une solution en soi... 

Logiquement, le rôle principal est incarné par Nassim Lyes lui-même, donc comme sur "En Passant Pécho" (2021) et "Nouveaux Riches" (2023) après lesquels il retrouve aussi, ainsi qu'avec "Les SEGPA" (2022) des frères Bougheraba son partenaire Hakim Jemili qui retrouve aussi après "Les Méchants" (2021) de Mouloud Achour et Dominique Baumard et "Le Routard" (2025) de Philippe Machelen l'actrice Anaïde Rozam remarquée dans "Les Olympiades" (2020) de Jacques Audiard qui retrouve elle-même après "I Love Peru" (2025) de et avec Raphael Quenard la plus expérimentée Marina Foïs vue récemment dans "Moi qui l'Aimais" (2025) de Diane Kurys et "La Femme la plus Riche du Monde" (2025) de Thierry Klifa. Citons encore Ramzy Bedia vu dernièrement dans "Classe Moyenne" (2025) de Antony Cordier et "Les Tourmentés" (2025) de Lucas Belvaux, qui retrouve après "Astérix et Obélix : l'Empire du Milieu" (2023) de et avec Guillaume Canet l'acteur-influenceur Ragnar Le Breton et Audrey Lamy, cette dernière vue tout récemment dans "Police Flash 80" (2026) de Jean-Baptiste Saurel, Manon Azem remarquée dans "Burn Out" (2018) de Yann Gozlan ou "Six Jours" (2024) de Juan Carlos Medina, Matthieu Longatte apparu dans "Mon Frère" (2019) de Julien Abraham ou "Entre les Vagues" (2021) de Anaïs Volpé, Hatik vu dans "La Tour" (2023) de Guillaume Nicloux ou "DogMan" (2023) de Luc Besson, Ichem Bougheraba essentiellement remarqué dans les films de ses frères "Les SEGPA" (2022-2023) retrouvant ainsi Nassim Lyes et Hakim Jemili, puis enfin Zoé Marchal qui retrouve aussi le duo Lyes-Royal après "Overdose" (2022) de son père Olivier Marchal et après "Nouveaux Riches" (2023), et vue depuis dans "Mercato" (2025) de Tristan Séguéla et "Coka Chicas" (2025) de Roxine Helberg... La vraie trouvaille du film, et avec une certaine audace, c'est de faire du héros un homme aussi stupide et inculte que peu propre mais beau comme une statue grecque et d'une réelle gentillesse, bref un bellâtre à l'hygiène douteuse et trop bon trop con. L'acteur Nassim Lyes avoue avoir allié la naïveté de Pierre Richard et la force virile de Gérard Depardieu dans la fameuse trilogie (1981-1986) de Francis Veber. 

L'autre bonne idée est de pousser le curseur pour accentuer le contraste entre la violence et le réalisme des combats avec le surréalisme burlesque de la personnalité de Naim/Lyes. Dans le genre on lorgne clairement chez les américains des ZAZ avec les franchises "Y a-t-il un Flic..." (1988-2025) ou encore les "Hot Shots !" (1991-1993), toute proportion gardée. Nassim Lyes joue à fond l'auto-dérision et ça lui va plutôt bien, tandis que Julien Royal lui offre un terrain de jeu qui alterne d'un côté le comique de situation passant du pathétique burlesque au ridicule loufoque avec des scènes d'action hyper efficaces, superbement chorégraphiées, crédibles et réalistes grâce entre autre à des séquences jamais trop longues (pas de castagnes digne des super-héros qui survivent et combattent ad vitam aeternam). Malheureusement le film connaît un gros coup de frein avec l'écueil habituelle de la comédie, un instant émotion lourd, plombant le rythme comme le genre, et ça dure un bon quart d'heure avant que le film ne reprenne du poils de la bête. Que vient foutre là ce passage poussif et pathos malvenu ?! Le mix baston++ avec l'humour débile fonctionnait bien au moins le film assumait le délire. Dommage... On aurait donc aimé des gags plus hilarants encore, mais vraiment ce quart d'heure "émotion" est une grosse erreur. Néanmoins, dans le genre, rare en France, mérite un petit détour avec le gros point bonus sur les bastons.

Note :                 

Bagarre (2026) Julien RoyalBagarre (2026) Julien Royal

10/20