Un quart de siècle après son premier long métrage en solo "J'ai tué Clémence Acéra" (2001) Jean-Luc Gaget revient avec un second film après avoir pour d'autres, récemment par exemple pour "Les Femmes du Square" (2022) de Julien Rambaldi et "Les Folies Fermières" (2022) de Jean-Pierre Améris, mais surtout en collaboration pour la regretté Solveig Anspach avec "Back Soon" (2008), "Queen of Montreuil" (2012), "Lulu Femme Nue" (2013) et surtout "L'Effet Aquatique" (2016), ultime film de la cinéaste qu'il a aidé à terminer notamment à la réalisation, peut-être a-t-il été une petite graine. D'ailleurs ce nouveau projet est dédié à la mémoire de Solveig Anspach. Réalisateur-scénariste Jean-Luc Gaget co-écrit son scénario avec Raphaële Moussafir fidèle co-autrice de Carine Tardieu pour ses films "Du Vent dans les Mollets" (2012), "Otez-Moi d'un Doute" (2017), "Les Jeunes Amants" et "L'Attachement" (2025)... Un jour, Clémence prend conscience que personne ne l'a jamais admirée. Bercée par les illusions d'une enfance chaotique, elle croise un certain Paul, petit patron autoritaire que rien ni personne n'impressionne. Elle se dit alors qu'il est temps pour elle de se poser la seule question qui vaille : "Et si je valais plus que je ne le crois ?"...
Le personnage de Clémence est incarnée par l'actrice Pauline Clément remarquée entre autre dans "Les Fantasmes" (2021) des frères Foenkinos, "Maria Rêve" (2022) de Lauriane Escaffre et Yvo Muller ou "Heureux Gagnants" (2024) de Maxime Govare et Romain Choay. Le petit patron est joué par Arthur Dupont vu notamment dans "L'Outsider" (2016) de Christophe Barratier, "Victor & Célia" (2019) de Pierre Jolivet ou "Fanon" (2025) de Jean-Claude Barny. Citons ensuite Loïc Legendre qui retrouve après les franchises "Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ?" (2014-2021) de Philippe De Chauveron et "Ducobu" (2020-2024) de et avec Elie Semoun, puis "Fêlés" (2024) de Christophe Duthuron sa partenaire Emilie Caen qui retrouev aussi après "Hawaii" (2023) de Melissa Drigeard l'acteur Thomas Scimeca apparu dans "L'Heure de la Sortie" (2018) de Sébastien Marnier ou "La Belle Epoque" (2019) de Nicolas Bedos, Quentin Dolmaire vu dernièrement dans "Une Pointe d'Amour" (2025) de Maël Piriou et "L'Affaire Bojarski" (2026) de Jean-Paul Salomé, Bruno Podalydès qui joue surtout dans ses propres films soir ses onze films de "Dieu Seul me Voit (Versailles-Chantiers)" (1998) à "La Petite Vadrouille" (2024) et retrouve donc son acteur fétiche Jean-Noël Brouté qui joue dans tous ses films à l'exception notable de "Wahou !" (2023), François Chattot vu dans "La Venue de l'Avenir" (2025) de Cédric Klapisch, "La Condition" (2025) de Jérôme Bonnell et "L'Âme Idéale" (2025) de Alice Vial, Pierre Gommé révélé dans "Le Petit Spirou" (2017) de Nicolas Bary, aperçu dans "Le Daim" (2019) de Quentin Dupieux ou "Apaches" (2023) de Romain Quirot et surtout remarqué dans "Super-Bourrés" (2023) de Bastien Milheau, Zoé Richard aperçue dans "Iris et les Hommes" (2024) de Caroline Vignal, Idit Cebula vu dans ses propres films "Deux Vies plus Une" (2007) et "Rue Mandar" (2013), puis enfin Karin Viard dans son propre rôle... Enième comédie romantique comme on nous en offre des tonnes, mais qu'on aime souvent, assez en tous cas pour nous faire sourire, nous toucher voir nous faire espérer ! Cette fois on apprécie de voir un couple inédit, peu habitué aux premiers rôles, et même plutôt mal assorti au premier abord ce qui est accentué par le caractère tout aussi antagoniste de leur personnage respectif. Ainsi Clémence/Clément est une jeune femme légèrement invisible, qui passe sans doute trop inaperçue, et qui au fil du temps n'a jamais pu avoir l'estime en soi nécessaire pour s'épanouir, tandis que Paul/Dupont est assez antipathique et intolérant pour se faire affubler du surnom de Pol Pot. On savoure ce duo improbable, qui offre une différence entre deux êtres plus probantes que la plupart des autres comédies plus convenues où les couples sont faussement inassortis.
Autour d'eux, un panel de personnages tous touchants à un moment donné ou un autre, jamais caricatural à outrance (on connaît tous un proche aux jeu de mots aléatoires, une fan ou un ami looser...) qui font une histoire à plusieurs niveaux de lecture mais toujours et tous autour du la même thématique : l'estime de soi, la confiance en soi et/ou aux autres. Le scénario est en cela tout en finesse, jamais trop surexplicatif, qui rappelle aussi qu'on a besoin du regard de l'autre, au moins un autre. Le film est une petite pépite de fantaisie, entre déprime lumineuse et espoir d'un petit peu de bonheur. Le film aurait pu être encore plus rythmé, être une bulle de champagne plus appuyée encore, cette petite comédie est charmante et amusante à défaut d'être hilarante ou potache. Jean-Luc Gaget signe une comédie intelligente sur le fond, plus qu'on pourrait le croire, sur la forme manque un peu de peps mais on passe un très agréable moment sans tumulte ou frénésie et ça fait aussi du bien parfois.
Note :
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