Chien de la casse

Chien de la casseDu talent à tous les étages: des jeunes à suivre

Un village de l’Hérault, deux jeunes, potes d’enfance, enracinés dans leur village ; un enracinement qui relève de l’immobilisme ; zonent sur la place du village. L’un est tchatcheur, l’autre taiseux ; leur relation est limite toxique ; ils glandent avec une petite bande le soir tombé. Dans un cinéma français surreprésentant la jeunesse de banlieue, montrer la jeunesse des campagnes sans guère plus d’avenir que son pendant citadin est déjà une bouffée d’oxygène. Et, plus qu’un film à histoire, c’est un film à personnages, surtout quand le duo se voie compléter d’une jeune fille tombée là par hasard. Jean Baptiste Durand, pour son premier long-métrage, nous donne déjà envie de voir le second par sa maitrise du scénario et ses dialogues qui claquent. Son scénario part d’une histoire banale mais il en fait un objet original. Et pour les dialogues, c’est fabuleux, il est un grand dialoguiste ; tout en s’appuyant sur des expressions actuelles, il invente sa propre langue ; savoureuse et poétique. Mais ces dialogues ne seraient rien si ils n’étaient pas envoyés de manière magistrale par un trio de jeunes acteurs magnifiques : Anthony Bajon, connu et reconnu ; Galatea Bellugi, qui commence à se faire discrètement une place dans le cinéma français ; et la révélation XXL Raphaël Quenard. Ce dernier est et sera un extraterrestre du cinéma hexagonal : un débit de paroles invraisemblable, un jeu étrange et habité quasi viscéral, tout cela avec un naturel déconcertant.

Une vraie bonne surprise de 2023 avec de jeunes talents prometteurs

Sorti en 2023

Ma note: 17/20