Juste une Nuit (2022) de Ali Asgari

Second long métrage après "Disappearance" (2017) pour le réalisateur iranien Ali Asgari sans compter sa participation au film collectif "In the Same Garden" (2016). En fait il transpose en long son court métrage "Bacheh", "The Baby" à l'international (2014) qui lui avait été inspiré déjà par une photographie : "Il y avait deux jeunes filles. L'une assise, l'autre debout. Cette dernière avait l'air triste, préoccupée. Je ne sais nullement ce qui était à l'origine de cette tristesse mais j'ai décidé d'écrire une histoire à partir de cette image. J'ai commencé à en discuter avec des amies. En regardant la photo, l'une d'entre elles a commencé à me raconter son histoire. Son désir d'enfant contrarié par une famille très traditionnelle. Ainsi que son refus de vouloir se marier. de cette conversation est née l'histoire du court." Un film sur des femmes fait par un homme dont le regard a dû être inspiré aussi par son enfance auprès de six soeurs. Ali Asgari co-signe le scénario avec Alireza Khatami, réalisateur-scénariste du film "Les Versets de l'Oubli" (2018)... 

Juste une Nuit (2022) de Ali Asgari

Fereshteh est en panique car ses parents arrivent pour une visite surprise, sauf qu'ils ne savent pas pour son bébé illégitime. Avec l'aide de son amie Atefeh elle se lance dans une course pour trouver un moyen de cacher son enfant le temps de la visite mais dans le pays de l'Ayatollah elles vont devoir faire attention à bien choisir leurs alliés... La jeune maman est incarnée par la nièce du réalisateur qui la retrouve donc après "Disappearance" (2017), Sadaf Asgari vue auparavant dans "Rooz-Haye Narenji" (2018) de Arash Lahooti et surtout "Yalda, la Nuit du Pardon" (2020) de Massoud Bakhshi après lequel elle retrouve son partenaire Babak Karimi acteur fétiche de Asghar Farhadi dans "Une Séparation" (2011), "Le Passé" (2013) et "Le Client" (2016), mais vu aussi dans "Noces" (2017) de Stefan Streker, n'oublions pas le second rôle principal Ghazal Shojaei dans son premier rôle au cinéma, puis Amirreza Ranjbaran qui retrouve les Asgari après "Disappearance" (2017), vu depuis dans "Otaghe Tarik" (2018) de Rouhollah Hejazi, "180 Degree Rule" (2020) de Farnoosh Samadi, citons encore Nahal Dashti vue dans "Makhfigah" (2020) de Benyamin Nadali et "Sparrow" (2022) de Soheil Karimi Kandi, puis enfin Mohammad Heidari vu récemment dans "Le Pardon" (2021) de Maryam Moghadam et Behtash Sanaeeha... Evidemment, ce film a une portée qui n'est pas anodine alors qu'en Iran les femmes tentent de faire leur révolution. D'emblée pourtant, on se dit que l'Iran évolue même si c'est de petits pas, en effet, une jeune mère célibataire travaille et étudie ce qui semble impossible il y aurait encore dix ou vingt ans. Mais Fereshteh doit aussi faire avec les convenances et sa famille d'où une sorte de road trip dans les rues de Téhéran en quête d'une bonne âme qui pourrait être la nounou d'un nuit. Le road trip est appuyé par la caméra à l'épaule qui montre l'urgence et nous permet d'être au plus près de la maman et de son amie aussi.

Juste une Nuit (2022) de Ali Asgari

Mais outre cette caméra fluide et mobile, il y a aussi les bruits environnants omniprésents qui montre l'effervescence de la ville et donc le risque de se faire remarquer à chaque instant. Il y a quelques détails qui nous laissent un peu perplexe, comme le fait d'acheter un poisson comme si c'était une obligation, ou surtout pourquoi de pas avouer puisqu'à priori elle prévoit seulement d'attendre que bébé soit plus grand (?!). Mais peut-être (même si on en doute pour ces cas précis) est-ce culturel ?! Le scénario est logique, rien est invraisemblable même si on peut se demander pourquoi la voisine est à deux valises près, mais on comprend la lâcheté des hommes voir même leur chantage, on comprend aussi la laĉheté des femmes ou leur manque de solidarité et de cohésion. Ainsi certains refusent leur aide par principe ou opinion, d'autre par peur aussi, des autorités mais on devine surtout que c'est aussi par peur des on-dit et autres réputations. Ca manque pourtant justement un peu de tension, car si on décèle la peur ou les appréhensions jamais on la ressent vraiment pesante, ni palpable, on ne voit jamais l'autorité et/ou la menace ce qui laissent tout de même un récit un peu monotone, presque une aventure sans danger si on ne connaissait pas un peu la politique iranienne. Puis enfin arrive le dénouement, attendu, plutôt façon porte ouverte sans pour autant promettre le happy end. Une fin logique finalement, car tout est encore à faire. Un joli film qui manque juste d'un peu d'audace pour gratter un peu plus que la surface.

Note :      

Juste Nuit (2022) AsgariJuste Nuit (2022) Asgari

13/20

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