[CRITIQUE/RESSORTIE] : Beau Travail

[CRITIQUE/RESSORTIE] : Beau Travail

Réalisatrice : Claire Denis
Avec : Denis Lavant, Michel Subor, Grégoire Colin,…
Distributeur : Splendor Films
Budget : -
Genre : Drame, Guerre.
Nationalité : Français.
Durée : 1h30min
Date de sortie : 3 mai 2000
Date de ressortie : 15 juin 2022
Synopsis :
Dans le golfe de Djibouti, un peloton de la Légion étrangère répare les routes et s'entraîne à la guerre. A Marseille, l'ex-adjudant Galoup se rappelle les moments qu'il a vécus avec ses hommes. Il se souvient aussi du commandant qu'il n'a pas accepté de partager avec un jeune légionnaire.


Critique :

Observation mutique du fonctionnement du pouvoir et du quotidien de la Légion étrangère, dont la redondance souligne l'isolement impitoyable de ce monde singulier, #BeauTravail se fait un sensuel poème visuel où Denis caresse les paysages comme les corps avec une caméra amoureuse pic.twitter.com/mwQPv83JHB

— Fucking Cinephiles (@FuckCinephiles) June 18, 2022

Contre toute attente, 2022 sera sans l'ombre d'un doute l'année la plus prolifique et triomphante de la cinéaste Claire Denis, qui nous reviendra avant décembre avec deux péloches - Avec Amour et Acharnement et The Stars at Noon - récompensées dans deux des plus prestigieux des festivals (la Berlinale et Cannes), mais également la ressortie de son cinquième effort, Beau Travail, dans une version restaurée qui souligne si besoin était, son formidable travail couplé à la photographie somptueuse d'Agnès Godard.
Sur la roche nue et les étendues interminables et sablonneuses du golfe de Djibouti, écrasées par un soleil moite et brûlant, la cinéaste, qui tire son inspiration de la nouvelle Billy Budd d'Herman Melville, scrute le quotidien de la Légion étrangère française pour mieux questionner la rugosité de la discipline militaire, celle qui pousse chaque homme à mener une lutte intérieur étouffante entre le soi instinctif et le soi conditionné, pour être une pièce parfaitement polie et précise dans ses actes, d'une machine - l'armée - dont la stabilité réside dans l'absence totale d'aspérités.

[CRITIQUE/RESSORTIE] : Beau Travail

© 2000 La Sept/Arte. © 2022 Splendor Films. Tous droits réservés.


Mais sous une chaleur de plomb et un cadre sombre et rustre où l'émotion refoulée prospère, même la mécanique la plus huilée surchauffe, même la discipline embrassée comme le plus important des sacrements, peut connaître un couac.
Et ce dit couac est personnifié par un élément déclencheur plein de fougue, une nouvelle recrue - Sentain - qui va perturber l'équilibre et attirer la jalousie teintée d'attraction d'un sergent - Galoup -, défiant les notions de fraternité qu'il a assimilé en lui (ce qui le mènera à la fois vers le chaos et la liberté) mais aussi son admiration pour son commandant.
Observation mutique et réfléchie du fonctionnement et de la hiérarchisation du pouvoir chez les hommes autant qu'une déconstruction de l'image romancée de la Légion étrangère, dont la redondance du quotidien ne fait que souligner l'isolement dur et impitoyable d'un monde singulier et totalement déconnecté du nôtre; Beau Travail se fait un déroutant et sensuel poème visuel où Denis caresse le paysage comme les corps musclés avec une caméra amoureuse, sondant le désir enfoui et refoulé dans un ballet contemplatif bouleversant.
Peut-être, sans doute même, le plus " beau travail " de sa brillante cinéaste.
Jonathan Chevrier
[CRITIQUE/RESSORTIE] : Beau Travail

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