[CRITIQUE] : Sous les figues

[CRITIQUE] : Sous les figues

Réalisatrice : Erige Sehiri
Avec : Ameni Fdhili, Fide Fdhili, Feten Fdhili,…
Distributeur : Jour2Fête
Budget : -
Genre : Drame.
Nationalité : Tunisien, Français, Suisse, Allemand.
Durée : 1h32min.
Synopsis :
Le film est présenté à la Quinzaine des Réalisateurs au Festival de Cannes 2022
Au milieu des figuiers, pendant la récolte estivale, de jeunes femmes et hommes cultivent de nouveaux sentiments, se courtisent, tentent de se comprendre, nouent - et fuient - des relations plus profondes.


Critique :

#SousLesFigues explore avec délicatesse et vérité les dynamiques patriarcales oppressantes qui affectent la vie quotidienne des femmes dans la Tunisie rurale, tout en dégageant une lueur d'optimisme au travers des liens de sororité nécessaires pour affronter la violente adversité pic.twitter.com/bFr7RR50Xu

— Fucking Cinephiles (@FuckCinephiles) June 18, 2022

Toute la force tranquille du premier long-métrage de fiction de la cinéaste franco-tunisienne Erige Sehiri, Sous les figues, réside dans ce qu'il y a finalement de plus difficile à retranscrire au cinéma : la vie dans ce qu'elle a de plus simple et légère, non sans nourrir son récit naturaliste d'un regard sociétal aussi subtil que puissant.
Capturé sur une seule et même journée, en suivant les interactions, dialogues et conflits qui unissent et désunissent un groupe d'ouvriers agricoles tunisiens qui, à l'ombre de leur patron Saber, se consacrent à la cueillette des figues dans un grand verger situé près d'une petite ville tunisienne; la cinéaste croque en filigrane un regard anthropologique juste et pertinent de l'oppression patriarcale dans une sorte de huis clos à ciel ouvert à la lisière du documentaire, où la notion de sororité émerge et se consolide à l'ombre des feuilles de figuier.
Bien qu'il s'agisse d'un drame choral, le récit se concentre pourtant principalement sur ses figures juvéniles, que ce soit l'intense Fidé et ses idées progressiste - elle a même une brève romance avec Saber -, sa soeur Melek, qui a le coeur brisé en retrouvant son ex-petit ami au coeur du verger, où encore la plus réservée et conservatrice Sana, profondément amoureuse de Firas, frustré de ne pas mener la vie à laquelle il aspire.

[CRITIQUE] : Sous les figues

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Leurs personnalités transpirent même de par leurs vêtements : Fide, la plus progressiste et audacieuse, porte le voile islamique de manière lâche et il tombe constamment là où Sana, plus rigide et qui rêve d'un mariage traditionnel, le porte impeccablement.
À leur contact et au gré de leurs échanges, la cinéaste récolte les fruits de leur intimité qui sont le canevas des enjeux et problématiques économiques et sociales de la Tunisie actuelle, engoncée entre contrainte et désir de modernité, où une jeunesse étouffent autant sous les contraintes et restrictions d'une culture conservatrice et patriarcale, que sur le désarroi et l'impuissance qui l'habite (même si elles sont consciente de la toxicité de Saber, Fidé, Melek et Sana ne peuvent tout simplement pas refuser le soutien financier de Saber, tourner le dos aux figuiers et chercher un autre emploi dans une ville où les opportunités sont extrêmement réduites pour les femmes).
Véritable tranche de vie sous oppression, renforcée par une mise en scène resserrée au plus près des visages et des corps, Sous les figues explore avec délicatesse et vérité les dynamiques patriarcales et comment elles affectent la vie quotidienne des femmes dans la Tunisie rurale, tout en dégageant une lueur d'espoir et d'optimisme au travers des liens de sororité salvateurs et nécessaires pour affronter la violente adversité.
Jonathan Chevrier
[CRITIQUE] : Sous les figues

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