[CRITIQUE] : Tranchées

[CRITIQUE] : Tranchées

Réalisateur : Loup Bureau
Acteurs : -
Distributeur : Les Alchimistes
Budget : -
Genre : Documentaire.
Nationalité : Français.
Durée : 1h25min.
Synopsis :
Sur la ligne de front du Donbas, les soldats du 30ème bataillon de l’armée ukrainienne affrontent des séparatistes soutenus par la Russie. Le réalisateur Loup Bureau nous plonge dans cette expérience de guerre, à hauteur d’hommes et au cœur des tranchées. Là où chacun doit à la fois se protéger de la mort, mais aussi tenter de recréer une normalité dans l’univers anormal du conflit.


Critique :

Alliant subtilement le fond à la forme dans son immersion captivante et intime au coeur d'une guerre sans fin, #Tranchées se fait une confession sensible et édifiante des soldats ukrainiens sur le front du Donbas qui, à l'heure actuelle, trouve un écho douloureusement tragique. pic.twitter.com/hhhPOIiBho

— Fucking Cinephiles (@FuckCinephiles) May 12, 2022

Il y a un peu de l'esprit vif du cinéma de Sergei Loznitsa, auteur des examens cinématographiques les plus complets de la révolution ukrainienne, dans le premier effort du journaliste français Loup Bureau, Tranchées, qui suit une poignée de soldats ukrainiens en première ligne du violent conflit qui les oppose aux séparatistes soutenus par la Russie, dans le Donbas.
Réussissant avec délicatesse à donner un visage humain à une situation de crise qui ne cesse de squatter nos médias 24h/24, Bureau capture l'intimité et la beauté brute de leur quotidien monotone dans un documentaire presque surréaliste, se concentrant sur la camaraderie de ces soldats vivant dans des limbes mélancoliques de la bêtise humaine et gouvernementale, dont l'absurdité de leurs efforts - une guerre de tranchées -, semble férocement archaïque (et pourtant toujours existante) à une heure où la menace nucléaire est l'arme la plus dissuasive qui soit.

[CRITIQUE] : Tranchées

© Les Alchimistes


Tranchées suit donc la vie anxieuse et redondante au sein de ces défenses et constructions de fortune, documentant à la fois l'ennui et l'inutilité de la guerre et le danger inhérent d'être simplement au coeur d'une situation qui nous dépasse et dont on ne maîtrise absolument rien.
Mais son sens du néo-réalisme est à la fois une qualité aussi bien qu'un défaut, tant sa forme esthétiquement élegante (un noir et blanc léché qui ne laisse que quelques brèves instants de couleurs) et austère à la fois, pointe magnifiquement la dureté amère du conflit où la mort n'est jamais loin, autant qu'elle provoque un mécanisme de distanciation, effondrant un brin la sémantique de la capsule temporelle suivant un conflit violent qui occupe continuellement notre quotidien.
Alliant subtilement le fond comme la forme (où l'on décèle clairement la vision de reporter-photographe de Loup Bureau) dans son immersion captivante et intime d'une guerre sans fin, Tranchées se fait une confession sensible et édifiante qui, a l'heure actuelle, trouve un écho douloureusement tragique.
Jonathan Chevrier
[CRITIQUE] : Tranchées

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