Cinéma (Netflix) | THE POWER OF THE DOG – 12,5/20

De Jane Campion
Avec Benedict Cumberbatch, Kirsten Dunst, Jesse Plemons

Cinéma (Netflix) | THE POWER OF THE DOG – 12,5/20

Chronique : Pour son grand retour au cinéma après 12 ans d’absence, Jane Campion filme un western lancinant tout en violence rentrée et en sensualité larvée. En reproduisant les plaines immenses et arides du Montana, elle offre à son drame un cadre absolument splendide, qu’elle magnifie par une photographie ocre et poussiéreuse. Ces paysages impressionnants de l’ouest américain servent de décor à son histoire de cow-boys frustrés, coincés par l’injonction de virilité qui s’impose à eux.
Sa mise en scène élégante et raffinée capture les tourments intérieurs de Phil, tyran mu par une masculinité toxique qu’il exprime comme système de défense à l’encontre de son frère qu’il passe son temps à humilier (fat guy), de sa nouvelle belle-sœur qui développe une peur viscérale à son encontre, du fils chétif et maniéré de cette dernière qu’il traite de pédale ou encore de ses employés au ranch.
Mais cette apparente brutalité va être peu à peu déconstruite. On le découvre hanté par la mort d’un mentor qui était sans doute un peu plus que ça… Campion navigue avec grâce entre violence et sensualité pour montre la métamorphose intime de Phil dont le jeune Peter est le catalyseur et qui trouvera son acmé dans une dernière scène déchirante où suintent discrètement des sentiments refoulés depuis toujours. Le personnage de Phil est d’une incroyable complexité, fascinant par son ambiguïté et incarné avec toutes les nuances possibles par un Benedict Cumberbatch exceptionnel.
Alors qu’est-ce qui fait que je n’ai pas accroché plus que ça ?
La lenteur de la narration couplée avec de nombreuses ellipses empêche de réellement cerner les personnages qui gravitent autour de Phil et de comprendre leur maturation, qui est aussi une des clés du récit, et par conséquent sa propre évolution. C’est vrai pour son rapprochement avec Peter, mais encore plus pour la déchéance de Rose, pourtant interprétée avec passion par Kirsten Dunst, ou encore le personnage tragiquement neutre du frère.
The Power of Dog, malgré son incontestable réussite formelle, m’a ainsi un peu laissé sur le bord de la route…

Synopsis: Originaires du Montana, les frères Phil et George Burbank sont diamétralement opposés. Autant Phil est raffiné, brillant et cruel – autant George est flegmatique, méticuleux et bienveillant. À eux deux, ils sont à la tête du plus gros ranch de la vallée du Montana. Une région, loin de la modernité galopante du XXème siècle, où les hommes assument toujours leur virilité et où l’on vénère la figure de Bronco Henry, le plus grand cow-boy que Phil ait jamais rencontré. Lorsque George épouse en secret Rose, une jeune veuve, Phil, ivre de colère, se met en tête d’anéantir celle-ci. Il cherche alors à atteindre Rose en se servant de son fils Peter, garçon sensible et efféminé, comme d’un pion dans sa stratégie sadique et sans merci…


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