[CRITIQUE] : Eiffel

[CRITIQUE] : Eiffel
Réalisateur : Martin Bourboulon
Acteurs : Romain Duris, Emma Mackey, Pierre Deladonchamps, Armande Boulanger,...
Distributeur : Pathé
Budget : -
Genre : Drame, Historique, Comédie, Romance.
Nationalité : Français.
Durée : 1h49min.
Synopsis :
Venant tout juste de terminer sa collaboration sur la Statue de la Liberté, Gustave Eiffel est au sommet de sa carrière. Le gouvernement français veut qu’il crée quelque chose de spectaculaire pour l’Exposition Universelle de 1889 à Paris, mais Eiffel ne s’intéresse qu’au projet de métropolitain. Tout bascule lorsqu'il recroise son amour de jeunesse. Leur relation interdite l’inspire à changer l’horizon de Paris pour toujours.

Critique :

Scrutant les coulisses de la planification/construction de l'emblèmatique Tour Eiffel, #Eiffel n'entrelace pourtant jamais pleinement les 2 passions jumelles d'Eiffel et incarne un mélodrame romantico-classique épousant tous les tropes du genre, sans être déplaisant pour autant. pic.twitter.com/4vokqrLfDp

— Fucking Cinephiles (@FuckCinephiles) October 10, 2021

Il y a quelque chose de profondément ironique - ou malsain au choix -, dans le fait de voir que la présence d'une femme, Adrienne Bourgès, prenne autant d'importance au coeur du récit d'Eiffel, pas totalement biopic mais vraie comédie romantique; alors que dans la réalité, le nom de l'instigatrice du projet, Caroline Bongrand, a gentiment été invisibilisé au fil du temps et surtout par les dernières relectures/révisions du script par le réalisateur même du film, Mathieu Bourboulon.
Un comble quand on sait qu'il ne serait rien sans l'écrivaine et scénariste, tout partant d'un immense coup de bluff de sa part, avant d'incarner le fruit d'une volonté de fer dans un gant de velours, mais aussi d'une détermination sans pareille (des faits relatés dans ses deux ouvrages, Pitch et Eiffel et Moi), qui aboutira donc d'une petite victoire - la concrétisation de son histoire -, et une amère tragédie - une expropriation pure et simple de son travail.

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Copyright VVZ Production - Pathé Films


Passé ce constat effarant mais symptomatique d'une industrie sachant très bien jouer l'autruche quand cela lui arrange (elle n'est ni la première et ne sera certainement pas la dernière, à avoir été traité de la sorte), libre au spectateur de ne pas en tenir compte à la vision de cette genèse de la planification et de la construction du plus emblématique des monuments français, évidemment librement inspiré des faits réels.
Mise en images alerte et spectaculaire de la folie et du génie d'un précurseur (certains plans sont absolument grandioses, vrai cirque des merveilles ou des ouvriers bravent continuellement la mort pour mener à bien la vision de l'ingénieur), dont l'amour de jeunesse perdu puis retrouvé semble être le réel talon d'Achille, Eiffel met visuellement et scénaristiquement les petits plats dans les grands pour faire de cette visite privilégiée au coeur d'une création hors du commun (jadis la plus haute structure artificielle du monde), une odyssée aussi épique que vertigineuse... tout du moins quand elle ne fait pas parler ses penchants férocement romanesques un brin envahissant.
Car en enlacant bien plus les indécisions et tourments d'un homme tiraillée par sa dame de coeur (interdite parce mariée par raison, à un autre), qu'un créateur par sa dame de fer (capricieuse à concrétiser et conçue par amour, d'où - SPOILERS - la forme en A de celle-ci), le film se fait un mélodrame entre passé et présent, bien plus sentimental et convenu qu'un récit historique palpitant scrutant amoureusement les coulisses d'une construction hors norme (passionnante puisque minutieusement détaillée), dont on délaisse ici les derniers étages (tous comme certains personnages, ceux de Claire Eiffel/Armande Boulanger et Antoine de Restac/Pierre Deladonchamps en tête).

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Pas totalement convaincant donc (auquel on ajoute une photographie mi-élégante mi-à l'Ouest, et un score sans grande ampleur d'Alexandre Desplat), mais pas forcément désagréable pour autant, un peu comme les prestations de Romain Duris et Emma Mackey, dont l'alchimie timide ne vient pas entacher un jeu dynamique et charismatique.
Le grand biopic sur Gustave Eiffel est donc toujours à faire, une vérité qui était cela dit déjà perçue avant même que l'on entre dans la salle obscure...
Jonathan Chevrier
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