[CRITIQUE] : Black as Night

[CRITIQUE] : Black as Night
Réalisatrice : Maritte Lee Go
Acteur : Keith David, Asjha Cooper, Abbie Gayle,...
Distributeur : Amazon Prime Vidéo France.
Budget : -
Genre : Epouvante-horreur.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h47min
Synopsis :
Une adolescente pleine de ressources laisse son enfance derrière elle lorsqu'elle combat un groupe de vampires dans Black as Night, un film hybride d'action, d'horreur mais également doté d'une dimension sociale et d'un sens de l'humour mordant. Quinze ans après que l'ouragan Katrina a ravagé la Nouvelle-Orléans, une nouvelle menace laisse sa marque sur la Big Easy, s'en prenant littéralement à la gorge de la population déplacée et vulnérable de la ville. Lorsque sa mère toxicomane devient la dernière victime des morts-vivants, Shawna, 15 ans, jure de se venger. Avec trois amis de confiance, Shawna élabore un plan audacieux pour infiltrer le manoir des vampires, dans le quartier français et historique de la ville, afin de détruire leur chef et de ramener ses disciples à leur forme humaine. Mais tuer des monstres n'est pas une tâche facile, et bientôt Shawna et son équipe se retrouvent pris dans un conflit vieux de plusieurs siècles entre des factions de vampires en guerre, chacune se battant pour revendiquer la Nouvelle-Orléans comme leur foyer permanent.

Critique :

Sorte de mixte hybride entre Buffy contre les vampires et un teen show made in Disney Channel, #BlackAsNight est un teen movie vampirique prévisible mais puisant avec enthousiasme dans les veines palpitantes de la gentrification et des traumas d'une Nouvelle-Orléans post-Katrina pic.twitter.com/VZHTGBAS3p

— Fucking Cinephiles (@FuckCinephiles) October 3, 2021

Si le premier tour de piste de la collaboration Blumhouse/Amazon Studios spéciale Halloween, n'a ni pété dans la soie de l'originalité, ni fondamentalement impacté les mémoires (seul Black Box d'Emmanuel Osei-Kuffour Jr., valait vraiment son pesant de pop-corn), le projet Welcome to the Blumhouse doit pourtant bel et bien arriver à son terme, et les quatre derniers opus des huits films produits sur deux ans, débarquent donc en ce mois d'octobre sur Amazon Prime, avec une attente loin d'être relevée.
Premier des quatre opus à débarquer un brin dans l'anonymat, Black as Night de Maritte Lee Go relève gentiment le niveau, même si c'est clairement dans son pendant horrifique qu'il est le moins convaincant - même si ses faiblesses ne se résume pas forcément qu'à cela.
Sorte de mixte hybride entre Buffy contre les vampires et un teen show made in Disney Channel, le tout saupoudré d'un esprit joliment Fear Street, ce conte vampirique n'en reste pas moins assez unique en son genre, dans le sens où même si ces références sont franchement marquées, il vogue vers un terrain certes sinueux mais accrocheur, celui d'un ancrage vampirique au sein même du contexte historique de son cadre.
Si le récit puise avec enthousiasme dans les veines palpitantes de la gentrification, il s'attache surtout à pointer habilement le délaissement/l'exclusion continue des middle/lower class américaines, et encore plus celle d'une Louisiane dont les ravages de l'ouragan Katrina ne sont toujours pas cicatrisés malgré les années (pauvreté, violence, toxicomanie,...).

[CRITIQUE] : Black as Night

Copyright Patti Perret / 2021 Amazon Content Services LLC


Un fait social profondément contemporain auquel il juxtapose un mal plus profond et gravé au fer rouge dans les racines du pays de l'oncle Sam : la traite des esclaves pré-abolitionniste et son racisme toujours aussi prégnant.
Vissé sur contexte historique puissant, au sein d'une Nouvelle-Orléans ou l'empreinte surnaturelle est justement, naturelle, Black as Night se fait aussi et surtout un solide récit initiatique sur une jeunesse tiraillée entre la pression du monde qui les entoure (et la responsabilité qu'ils ressentent envers leurs proches) et le plaisir insouciant d'être adolescents.
Dommage en ce sens, que la péloche pêche sur quelques aspects essentiels, de son horreur un brin kitsch (aux CGI limités) et générique - même si partiellement irrévérencieux -, manquant de corps dans sa violence (autre que celui d'une justice sociale bousculant/remodelant une histoire frappée par une violence elle-même sourde et institutionnalisée) ou ses investissements thématiques, sans oublier un rythme un brin amorphe (mise en scène sans ambition et raccourcis faciles en prime) et même une interprétation générale plus qu'inégale (même si l'alchimie du tandem Cooper/Guido est assez chouette, et que la légende Keith Davis en impose toujours autant).
Mais pour ce qu'il est, à savoir un teen movie vampirique prévisible mais imbibé par l'aura légère des 90s et une pleine conscience du contexte sociale de son pays (mettant en évidence les problèmes communautaires au travers d'une histoire amusante et fantasmagorique), Black as Night fait agréablement bien le café, pose de vrais reflexions sans nuire au plaisir régressif qu'il incarne, et ils sont peu à le faire au sein du " Welcome to the Blumhouse "...
Jonathan Chevrier
[CRITIQUE] : Black as Night
 


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