[CRITIQUE] : Tralala

[CRITIQUE] : TralalaRéalisateurs : Arnaud et Jean-Marie Larrieu
Avec : Mathieu Amalric, Josiane Balasko, Mélanie Thierry, Bertrand Belin, Maïwenn, Galatéa Bellugi, Jalil Lespert, Denis Lavant,...
Distributeur : Pyramide Distribution
Budget : -
Genre : Comédie musicale.
Nationalité : Français.
Durée : 2h00min
Synopsis :
Le film est présenté en séance de minuit au Festival de Cannes 2021
Tralala, la quarantaine, chanteur dans les rues de Paris, croise un soir une jeune femme qui lui adresse un seul message avant de disparaitre : "Surtout ne soyez pas vous-même". Tralala a t-il rêvé ? Il quitte la capitale et finit par retrouver à Lourdes celle dont il est déjà amoureux. Elle ne se souvient plus de lui. Mais une émouvante sexagénaire croit reconnaître en Tralala son propre fils, Pat, disparu vingt ans avant aux Etats-Unis. Tralala décide d’endosser le "rôle". Il va se découvrir une nouvelle famille et trouver le génie qu’il n’a jamais eu.

Critique :

Entre le déhanché militant/politique et le plaisir (en)chanté kitsch certes férocement naïf et 1er degré mais pas moins aventureux,#Tralala est une tendre évasion teintée d'amertume, qui n'est peut-être point un miracle, mais vaut toute l'attention que l'on voudra bien lui donner pic.twitter.com/BIlbmaPTVV

— Fucking Cinephiles (@FuckCinephiles) October 3, 2021

Ce qu'il y a de profondément grisant avec le cinéma décalé des frères Larrieu, c'est qu'il ne cherche jamais vraiment à brosser son auditoire dans le sens du poil, n'invitant presque que ceux qui l'aime, à le suivre sur les chemins singuliers et cabossés qu'il façonne lui-même.
Tant pis pour les autres après tout, tout n'est question que d'affinités et de goût, et ses films ne vont pas embrasser une familiarité réconfortante, pour moins dérouter.
Dans la veine du Jeanne et le garçon formidable du tandem Olivier Ducastel et Jacques Martineau, ou plus directement des efforts de Christophe Honoré (les mauvaises langues citeront sans doute Parking de Demy : ne les écoutez pas), leur nouveau long-métrage, Tralala, est une nouvelle fantaisie arpentant le terrain méchamment casse-gueule de la comédie musicale bien de chez nous (avec Jeanne Cherhal, Dominique A., Bertrand Belin, Étienne Daho et Philippe Katerine aux compositions, tous attitrés à un personnage en particulier); le tout catapulté dans une hexagone au contexte plus que d'actualité (même si pas approfondi olus que cela) puisqu'il prend totalement en cause, la pandémie du Covid-19.

[CRITIQUE] : Tralala

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Péloche funambule entre la comédie musicale comme dit plus haut, mais aussi le vaudeville et la comédie burlesque/absurde, essayant courageusement de divertir son auditoire avec une folie et une joyeuseté sincère, tout en prenant constamment en compte, un quotidien pandémique à l'atmosphère furieusement oppressante; le nouveau film d'Arnaud et Jean-Michel Larrieu est un gentil bordel désorganisé, bousculant une fois de plus les codes de sa narration (entre gros ruptures de ton et de rythmes, et des rebondissements narratifs foutraques) autant que les normes sociales et religieuses (avant tout chrétienne, jusqu'à poser son cadre à Lourdes, supposée ville des miracles ou l'on vit pleinement de et sur cette croyance, et que les réalisateurs ne s'empêcheront pas de moquer), dont ils détournent gaiement les préceptes populaires.
Peinant un brin à démarrer (jusqu'à son arrivée à Lourdes), articulé autour du (faux) retour d'un fils prodigue et du jeu de dupes - sans que personne ne le soit réellement finalement - qui se noue entre des âmes s'accommodant d'un mensonge dont ils avaient besoin (peu importe la réalité, Tralala a ramené la vie là où elle n'existait plus vraiment), le récit ne va jamais plus loin que ne le laisse présager son pitch, mais se paye de vrais et beaux moments de grâce, en grande partie dû à ses envolées musicales aux mélodies entraînantes.

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Entre le déhanché militant/politique et le plaisir (en)chanté kitsch certes férocement naïf et premier degré mais pas moins aventureux, fort d'une distribution gentiment bigarrée (Mélanie Thierry est merveilleuse en love interest mélancolique du passé, là où Mathieu Amalric est un cousin candide et facétieux du Dude, sans oublier un convaincant Bertrand Belin en fils méfiant et délaissé); Tralala, sublimé par la photographie pop de Jonathan Ricquebourg, est une tendre évasion teintée d'amertume, qui n'est peut-être point un miracle, mais vaut pleinement toute l'attention que l'on voudra bien lui donner.
Jonathan Chevrier
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