[CRITIQUE] : Lamb

[CRITIQUE] : Lamb

Réalisateur : Valdimar Jóhannsson
Avec : Noomi Rapace, Hilmir Snær Guðnason, Björn Hlynur Haraldsson,...
Distributeur : The Jokers Films
Budget : -
Genre : Drame, Fantastique, Épouvante-horreur.
Nationalité : Islandais, Suédois, Polonais.
Durée : 1h46min
Synopsis :
Ce film est présenté dans la sélection Un Certain regard du Festival de Cannes 2021
María et Ingvar vivent reclus avec leur troupeau de moutons dans une ferme en Islande. Lorsqu’ils découvrent un mystérieux nouveau-né, ils décident de le garder et de l'élever comme leur enfant. Cette nouvelle perspective apporte beaucoup de bonheur au couple, mais la nature leur réserve une dernière surprise…


Critique :

Plongée clivante et contemplative en terres islandaises, terrain propice à l'enracinement d'une mythologie païenne nourrit par le stoïcisme et que même l'absurdité miraculeuse au coeur du récit, ne peut dissiper, #Lamb joue joliment la carte de la fable inquisitrice et radicale. pic.twitter.com/22aJ5whNGO

— Fucking Cinephiles (@FuckCinephiles) September 11, 2021

C'est un fait indiscutable (ou pas loin), depuis Millenium premier du nom, nous sommes tombés éperdument amoureux de la merveilleuse Noomi Rapace, petit bout de femme badass à souhait, qui a la particularité d'être totalement investi dans ses rôles, même les plus indéfendables dans les péloches les plus... indéfendables (logique).
Une caractéristique qui rend de facto chacun de ses nouveaux films férocement immanquable à nos yeux, même s'ils sont souvent gentiment exemptés des salles obscures.
Raison de plus dès lors pour ne pas bouder son plaisir face à l'ambitieux Lamb de Valdimar Jóhannsson, petit bout d'horreur folklorique moderne mâtiné de drame à combustion lente, catapulté dans l'austérité mystérieuse et hypnotique de la campagne islandaise.
Une oeuvre à part et contemplative qui démontre à quel point l'incrédulité du spectateur peut être subtilement suspendu, tant qu'un concept, aussi singulier soit-il, est assumé de bout en bout.

[CRITIQUE] : Lamb

Copyright The Jokers


Emporté par la performance d'un sérieux indéfectible de Noomi Rapace, le film incarne le croisement étrange et halluciné entre le drame naturaliste et un fantastique aussi curieux que son petit monstre miraculeux central (vrai loup déguisé en agneau); un fantastique sinueux et taiseux ou la terreur trouve sa stabilité dans le calme olympien et le décalage absolument volontaire, de ses effets et rebondissements, laissant son auditoire avoir constamment un wagon d'avance.
Sorte de plongée clivante au coeur de l'île du Dr Moreau sauce islandaise (des décors arides d'une beauté saisissante, captés par la photographie enlevée d'Eli Arenson), terrain propice à l'enracinement d'une mythologie païenne (avec une analogie religieuse à la nativité divine dès son ouverture, mais aussi dans le prénom de l'héroïne, Maria/Marie), nourrit par le stoïcisme de ses personnages que même l'absurdité miraculeuse au coeur du récit, ne peut dissiper - et encore moins le malaise qui l'embaume -, Lamb joue intelligemment la carte de la fable/comptine inquisitrice et radicale.
De celles conçues non pas pour apaiser les enfants à l'heure du coucher, mais bien pour menacer les adultes - surtout les femmes et les mères - de sentences horribles pour avoir bouleversé l'équilibre naturel (avec un vrai regard sur la hiérarchisation, la encore religieuse, des espèces faîtes par l'homme), dans un désir de redistribution des cartes et de droit au bonheur.
Si l'homme est un loup pour l'homme, quand est-il de l'agneau ?
Jonathan Chevrier[CRITIQUE] : Lamb
 

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