Cinéma | KAAMELOTT, PREMIER VOLET – 13/20

Cinéma | KAAMELOTT, PREMIER VOLET – 13/20

De Alexandre Astier
Avec Alexandre Astier, Lionnel Astier, Alain Chaba

Chronique (sans spoil) : Il est de retour et c’est pas dommage. C’est peu dire que les fans (et j’en suis) attendaient la suite des aventures du roi Arthur et leur déclinaison sur grand écran. Parce qu’un clifhanger qui reste 10 ans en suspens, c’est long, c’est même très long. KV1 va donc enfin nous éclairer sur ce qui s’est passé après qu’Arthur ait abandonné son Royaume.
Il est évident que vous vivrez cette expérience différemment que vous soyez ou non un adepte de la série. Parce que l’univers qu’Astier a construit joue sa propre petite musique, qu’une oreille avertie appréciera bien plus qu’un novice. Une gouaille, des tronches, une rythmique, des dialogues au cordeau, des répliques cultes, un langage qui lui est propre. Elle résonne (au sens propre) dès les premières minutes de KV1, comme pour nous rassurer. On est en terrain connu. Et effectivement, le film ne perd rien du sel et de la singularité qui rendent la série si spéciale. Mais il ne se débarrasse pas pour autant de certaines scories.
KV1 est bien Kaamelott, en version pimpée par un budget de blockbuster. A son crédit, une intrigue qui tient solidement sur ses deux piliers, l’humour et le romanesque. L’intrigue est tenue, répond aux questions que la fin de la série posait et avance sereinement, sans trop de détours (hormis de mystérieux flash-back – pour l’instant- sans intérêt). Elle nous permet surtout de retrouver des personnages qu’on adore, et avec eux les gimmicks, les punchlines astieriennes et quelques grands numéros d’acteurs. Astier se met d’ailleurs très volontiers en retrait pour permettre à sa troupe de briller. Pour le meilleur (Chabat, De Caunes, Clavier – he oui ! et les petits nouveaux Galienne et Cornillac) et le pire (très mauvaise idée de faire jouer ses enfants). La profusion des personnages et la nécessité de faire avancer l’histoire crée d’ailleurs quelques frustrations, on n’a pas assez de Dame Séli, de Léodagan, de Merlin, de Belt ou de Guethenoc (mais le peu qu’ils nous offrent constituent de petits bonbons).
Là où le bât blesse, c’est sur la dimension épique qu’on était en droit d’attendre du passage au long métrage. On ne peut pas dire que Kaamelott Premier Volet soit du grand cinéma. Certes, la ligne costume a visiblement été bien gonflée (Lancelot en phallus décalotté ou les burgondes en mode Ru Paul, ma foi pourquoi pas), mais la mise en scène reste sommaire et manque clairement de souffle, d’ampleur, ou simplement d’idées. Si la première partie et ses paysages splendides donne l’illusion de bond qualitatif, on retrouve vite le côté bricolage de la série une fois qu’Arthur a regagné Kaamelott. Le final est en ce sens un peu riquiqui. Sans parler du fait qu’on nous a vendu de l’Heroic Fantasy qu’on devine juste subrepticement dans les dernières minutes.
Kaamelott Premier Volet n’est pas une déception, on rit franchement, le film montre du cœur et l’histoire avance comme elle se doit. Mais on n’est pas transporté non plus…
Reste qu’en démiurge absolu, Alexandre Astier a mine de rien créé une saga unique en son genre, transcendant les mediums et les formats, s’étalant sur une vingtaine d’année et fidélisant au fil du temps une communauté aussi vaste qu’investie. Ce n’est pas Avengers, ce n’est pas Harry Potter, c’est Kaamelott et c’est déjà très bien.
Et évidemment, j’attends déjà KV2

Synopsis : Le tyrannique Lancelot-du-Lac et ses mercenaires saxons font régner la terreur sur le royaume de Logres. Les Dieux, insultés par cette cruelle dictature, provoquent le retour d’Arthur Pendragon et l’avènement de la résistance. Arthur parviendra-t-il à fédérer les clans rebelles, renverser son rival, reprendre Kaamelott et restaurer la paix sur l’île de Bretagne ?


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