Bergman Island (2021) de Mia Hansen-Love

Après "Maya" (2018) la réalisatrice française Mia Hansen-Love revient avec son 7ème long métrage présenté au Festival de Cannes 2021. La cinéaste est passionnée par l'oeuvre et la vie du réalisateur suédois Ingmar Bergman et elle donc pu se rapprocher de l'esprit de son "maître" grâce à une facette importante de sa vie : l'île de Farö en Suède, où le réalisateur suédois a vécu de 1960 à sa mort en 2007 et surtout, un lieu inspirant où il a tourné pas moins de 6 de ses films de "A Travers le Miroir" (1960) à "Scène de la Vie Conjugale" (1972) en passant par "Persona" (1966). Une île singulière qui a inspiré la réalisatrice française : "Isolée au milieu de la mer baltique, elle incarne un idéal à la fois effrayant et attirant, austère et exaltant, c'est le lieu de l'intégrité artistique absolue à laquelle j'associe Bergman". D'ailleurs Mia Hansen-Love a reçu le soutien de la Fondation Ingmar Bergman, créée par l'homme d'affaire qui a racheté l'héritage du cinéaste et par Linn Ullmann fille de Bergman et de son actrice fétiche Liv Ullmann... Pour un été un couple de cinéaste s'installe sur l'île suédoise de Farö pour rechercher l'inspiration qui avait tant réussi à Ingmar Bergman. Mais au fur et à mesure que leur scénario respectif avance, la frontière entre fiction et réalité se brouille...

Bergman Island (2021) de Mia Hansen-Love

Normalement, c'était l'actrice Greta Gerwig qui était prévu dans le rôle féminin principal mais elle a dû y renoncer car prise par la réalisation de "Les Filles du Docteur March" (2020), Mia Hansen-Love a donc modifié son choix et choisit Vicky Krieps. Ainsi le couple est incarné par Tim Roth vu dans "Luce" (2019) de Julius Onah et "Le Chant des Noms" (2019) de François Girard, et Vicky Krieps remarquée grâce à "Phantom Thread" (2017) de Paul Thomas Anderson et aussi présente dans un autre film présenté à Cannes avec "Serre-Moi Fort" (2021) de et avec Mathieu Amalric. Citons ensuite Anders Danielsen Lie acteur suédois vu dans quelques films français comme "Fidelio l'Odyssée d'Alice" (2014) de Lucie Borleteau, "Personnal Shopper" (2016) de Olivier Assayas, (2017) de Jacques Doillon ou "La Nuit a Dévoré le Monde" (2018) de Dominique Rocher sans compter sa présence à l'affiche d'un autre film présenté à Cannes avec "Julie en 12 Chapitre" (2021) de Joachim Trier, puis citons Joel Spira suédois vu dans "Easy Money" (2010) de Daniel Espinosa et "Stockholm Noir, Mafia Blanche" (2012) de Babak Najafi. Et enfin citons Mia Wasikowska vue dernièrement dans "Blackbird" (2019) de Roger Michell et "Le Diable, Tout le Temps" (2020) de Antonio Campos... Mia Hansen-Love nous emmène donc dans l'antre du réalisateur phare du cinéma suédois pour un hommage sous couvert d'aborder de sujets plus universels comme l'inspiration au sein du couple comme l'explique la cinéaste : "... Au Sein du couple de cinéastes quelle est la part de solitud, la part de complicité ? D'où vient la fiction, comment se fraie-t-elle un chemin jusqu'à la page d'un scénario ?"

Bergman Island (2021) de Mia Hansen-Love

Le soucis est que le couple est sur les traces de Bergman pour trouver l'inspiration et écrire mais outre la beauté des paysages et quelques réflexions la gros du film se résume à Chris/Krieps qui raconte son projet d'histoire à son époux Tony/Roth, ce dernier étant semble-t-il pas très interessé. Le scénario de Mia Hansen-Love manque de chair et de corps, et l'idée principale s'avère de montrer à l'image l'histoire de ce "peut-être futur" film façon film dans un film. Cette partie est plus intéressante mais aussi plus classique et sans grand enjeu. Le plus embêtant est que le film n'offre jamais ce que la réalisatrice nous promet, à savoir deux récits qui s'entremêlent entre réalité et rêve : "Cette confusion reflète bien leprocessus de l'écriture qui est le mine ; j'ai parfois l'impression que faire des films me permet de recréer des souvenirs qui tendent à se substituer à la réalité qui les a inspirés." Malheureusement jamais on n'a de doute, jamais on hésite entre la réalité et le fantasme tant le film est limpide sur l'histoire du couple et l'histoire du scénario en cours. Finalement il ne se passe donc pas grand chose à part un grand sentiment d'ennui. On se raccroche alors à deux autres paramètres : le jeu des acteurs et les infos sur Ingmar Bergman. Le quator d'acteurs sont impeccables même si l'amour entre Chris/Krieps et Tony/Roth manque d'étincelle, et mention spéciale à Mia Wasikowska. Pour Ingmar Bergman c'est forcément intéressant d'en apprendre davantage avec une certaine intimité mais ça reste assez superficiel. Un film inabouti donc, décevant forcément. Dommage...

Bergman Island (2021) Hansen-LoveBergman Island (2021) Hansen-Love


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