[CRITIQUE] : Take me Somewhere Nice

[CRITIQUE] : Take me Somewhere Nice
Réalisatrice : Ena Sendijarević
Avec : Sara Luna Zorić, Ernad Prnjavorac, Lazar Dragojević,...
Distributeur : Sonata Films
Budget : -
Genre : Drame
Nationalité : Néerlandais, Bosniaque
Durée : 1h31min

Synopsis :
Alma voyage depuis les Pays-Bas jusqu’en Bosnie, son pays d’origine, pour rendre visite au père qu’elle n’a jamais connu. Elle y retrouve Emir, son cousin, pas très motivé à l’idée de l’aider, et Denis, son meilleur ami, bien décidé à tirer profit de la situation. Le trio va s’embarquer dans un road trip imprévisible au cœur du pays…
Critique :

#TakeMeSomewhereNice est un premier film comme on en fait peu, férocement pop et décalé. Filmant le passage à l’âge adulte d’une façon originale, Ena Sendijarević nous montre une héroïne qui va prendre en main sa vie, sa sexualité et son identité. (@CookieTime_LE) pic.twitter.com/PNnEBueoB6

— Fucking Cinephiles (@FuckCinephiles) June 14, 2021

Présenté dans la sélection de l’ACID au Festival de Cannes l’année dernière, le premier long-métrage de Ena Sendijarević Take me Somewhere Nice a fait le tour des festivals, à l’instar de ces précédents court-métrages. Prix spécial du jury au Festival de Rotterdam, prix du meilleur film au Festival de Sarajevo et celui du Festival du Film de Femmes de Séoul, la réalisatrice conquis avec sa vision pop et fraîche sur la Bosnie, dont elle est originaire, même si elle a toujours vécu aux Pays-Bas.

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Copyright Sonata Films


La réalisatrice confie s’être inspirée de son histoire pour créer le personnage d'Alma, même si au final, sa caractérisation l’en éloigne. Alma est un personnage en constant conflit : Pays-Bas contre la Bosnie, mère contre père. Ni une enfant, mais pas encore une adulte, Alma est indécise, comme si elle ne savait pas encore où était sa place dans la société. Ni dans le cadre de l’image, qui s’amuse à la placer de côté, sur un bord, plutôt qu’au centre. Le début du film est d’ailleurs consacré au choix d’une robe qu’elle emportera dans son voyage en Bosnie. La bleue, la rouge ? Alma voudrait les deux. Sa mère choisira la bleue, à sa place. Cette robe légère et douce va d’ailleurs la suivre tout le long du film. À son arrivée chez son cousin, Émir, elle n’arrivera jamais à ouvrir sa valise. Elle est donc condamnée à porter la robe que sa mère a choisi pendant presque l’intégralité de son séjour, comme si elle était bloquée dans son enfance.

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Alma doit aller voir son père, hospitalisé. Récupérée par son cousin à l’aéroport, celui-ci est peu enclin à s’occuper de cette cousine qu’il ne connaît pas. Il la laisse seule la plupart du temps, ou au bon soin de son ami Denis. Alma essaye de s’adapter à cette nouvelle liberté, quoique un peu abrupte et décide en premier lieu de se teindre les cheveux, pour marquer son indépendance. Quand elle comprend qu’Émir n’a aucune intention de l'emmener voir son père, elle décide dans un deuxième temps de partir seule, faire le voyage pour rencontrer ce père inconnu et ainsi faire face à ses racines, à une partie de son identité qu’elle ignore. De Sarajevo aux campagnes bosniennes, ce voyage va prendre la tournure d’un parcours initiatique, au cœur d’un pays qui laisse tomber la jeunesse au profit des souvenirs de guerre, marquant la Bosnie au fer rouge.

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Take me Somewhere Nice refuse le parcours du coming of age classique en étendant son propos sur toute une génération d’un pays. En ayant grandi dans un pays de l’ouest, Alma détient un privilège par rapport à Émir et Denis, une double nationalité, qui fait d’elle autant une citoyenne hollandaise qu’une jeune femme bosnienne. Son chemin contient des choix, au contraire de ses compagnons de voyage, qui doivent soit encaisser, soit partir d’ici. Le spectateur ne sait jamais quoi penser de Alma, qui est en conflit aussi intérieurement : une jeune femme indépendante, sexuellement active ou une petite fille qui a besoin de protection ? Elle souffle le chaud et le froid, une fois indifférente, l’autre capricieuse. Pour éviter l'écueil de misérabilisme dans un contexte géographique particulier, Ena Sendijarević décide, avec l’aide de son chef opérateur Emo Wheemhoff, de créer un visuel très stylisé, aux teintes pastels. Le format académique (1.37) enferme les personnages dans ce monde, qui à travers son prisme pop, rend compte de l’absurdité de la condition en Bosnie. La misère est presque effacée, au profit d’une négation de ce qui se passe, qui hante le film à petit touche.

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Filmant le passage à l’âge adulte d’une façon originale, Ena Sendijarević nous montre une héroïne qui va prendre en main sa vie, sa sexualité, son identité. Take me Somewhere Nice est férocement pop, décalé. Un premier film comme on en fait peu, à la fois inspiré des grands noms du cinéma tout en se démarquant pour créer son propre univers.
Laura Enjolvy [CRITIQUE] : Take me Somewhere Nice

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