Des Hommes (2021) de Lucas Belvaux

À ne pas confondre avec le film documentaire éponyme (2020) de Jean-Robert Viallet et Alice Odiot sur l'univers carcéral... Ce film est l'adaptation du roman éponyme (2009) de Laurent Mauvignier sur un drame qui réveille des souvenirs douloureux de la Guerre d'Algérie, un sujet mainte fois abordé au cinéma mais toujours très tabou dans le débat public. Une liste serait trop fastidieux ici mais citons les plus récents comme "L'Ennemi Intime" (2007) de Florent Emilio-Siri, "Loin des Hommes" (2015) de David Oelhoffen et "Qu'un Sang Impur..." (2020) de Abdel Raouf Dafri. L'adaptation de ce roman a été le dernier projet du réalisateur Patrice Chéreau avant sa mort. Finalement c'est donc le réalisateur belge Lucas Belvaux qui reprend cette production franco-belge. Ce dernier a par ailleurs réalisé la magnifique trilogie "Un Couple Epatant", "Cavale", "Après la Vie" (2003), "Rapt" (2009), (2012) et dernièrement "Chez Nous" (2017). Lucas Belvaux assume les postes de réalisateur et scénariste... 2009, Bernard dit "Feu-de-bois" arrive à l'anniversaire de sa soeur mais il n'est pas apprécié dans le village et très vite ça s'envenime. Alcoolisé Bernard tient même des propos racistes envers un invité avant d'agir toujours dans l'ivresse jusqu'à un grave incident. Cet événement pousse Bernard, mais aussi son cousin avec qui il ne parle plus, Rabut, de repenser à leur passé commun lors de la Guerre d'Algérie, là où tout à basculé...

Des Hommes (2021) de Lucas Belvaux

Bernard est incarné par Gérard Depardieu toujours boulimique de tournage après "Convoi Exceptionnel" (2019) de Bertrand Blier, "Thalasso" (2019) de Guillaume Nicloux et "Fahim" (2019) de Pierre-François Martin-Laval. Rabut est interprété par Jean-Pierre Darroussin vu dernièrement dans "Gloria Mundi" (2019) de Robert Guédiguian et "Les Eblouis" (2019) de Sarah Suco. La soeur Solange est interprétée par Catherine Frot vue récemment dans "Qui m'aime me suive !" (2019) de José Alcala et "Sous les Etoiles de Paris" (2020) de Claus Drexel. Darroussin et Frot se retrouve pour la 5ème fois à l'écran après "Psy" (1980) de Philippe de Broca, "Elsa, Elsa" (1985) de Didier Haudepin, "Un Air de Famille" (1996) de Cédric Klapish et "Inséparables" (1999) de Michel Couvelard. Depardieu retrouve Frot après "Boudu" (2005) de et avec Gérard Jugnot et Darroussin après "Combien tu m'Aimes ?" (2005) de Bertrand Blier. Aux côtés des trois stars citons Clotilde Mollet vue dans (2017) de Guillaume Gallienne et (2018) de Jeanne Herry, Amelle Chahbi surtout vue aux côtés de son conjoint Fabrice Eboué dont (2017) puis dans son propre film "Amour sur Place ou à Emporter" (2014), Michel Ferracci vu dans "Chez Nous" (2017) de Lucas Belvaux et "Belle Fille" (2020) de Méliane Marcaggi, et enfin Jérôme Robart acteur populaire de la série TV "Nicolas Le Floch" (2008-2018) et acteur récurrent chez Philippe Garrel dont "La Frontière de l'Aube" (2008)... Le film débute comme un mélo familial dans un village de France assez banal quand on vire soudain vers les souvenirs douloureux d'un passé lointain qui rouvre les blessures secrètes de la guerre d'Algérie. Pour matérialiser cette période 1960-1962, le réalisateur use de flash-backs forcément nécessaires pour comprendre, puis des voix Off qui relie passé et présent.

Des Hommes (2021) de Lucas Belvaux

Premier soucis, qui paraît un détail, est que les jeunes acteurs qui incarnent les deux cousins Bernard/Depardieu et Rabut/Darroussin ressemblent physiquement pas du tout à leurs aînés ce qui bloque un peu pour adhérer au récit. Surtout pour Bernard décrit comme un homme fort et costaud naturellement, Depardieu crédible, mais son jeune alter ego pas du tout, ne parlons même pas de charisme. Il faut longtemps voir même une certaine indulgence pour passé outre ce décalage. Les voix Off sont omniprésentes, qui sont autant de lettres ouvertes pendant cette nuit fatidique qui suit l'anniversaire de Solange. D'abord on se demande pourquoi parasiter la trame principale avec une sombre histoire d'argent, qui semble une question d'héritage familial mais qui irrite pourtant les autres villageois ?! Puis si on comprend les flash-backs (comprendre la honte, la violence, les atrocités qui hantent les hommes) on aurait aimé que la grande partie du film se passe en 2009, justement avec les souvenirs douloureux et les secrets de ces hommes devenus vieux et qui doivent vivre avec plutôt que 2/3 du film qui se déroule dans une Algérie d'Epinal, soit édulcorée soit déjà vue même si on note que Belvaux évite tout manichéïsme. Ce qui manque surtout au film c'est l'émotion, dont on est plus ou moins privé de par l'antipathie qu'on a pour ces hommes, dont les deux cousins. Le cynisme presque psychopathe de l'un, la lâcheté de l'autre, la simple méchanceté jusqu'au dégueuli le plus crasse des autres hommes, mais aussi de certain(e)s villageois(es), seule Solange apporte un peu d'espérance dans cette humanité. En conclusion, Belvaux signe un drame intéressant, bien construit et touchant, mais pas émouvant (nuance !), et le film se focalise trop sur 60-62 alors qu'il devrait avant tout s'intéresser aux conséquences qui ont consumé les hommes jusqu'à cet ultime nuit.

Hommes (2021) Lucas BelvauxHommes (2021) Lucas Belvaux


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