[CRITIQUE] : Sans un Bruit 2

[CRITIQUE] : Sans un Bruit 2
Réalisateur : John Krasinski
Acteurs : Emily Blunt, Cillian Murphy, Millicent Simmonds, Noah Jupe, Djimon Hounsou, John Krasinski, ...
Distributeur : Paramount Pictures France
Budget : -
Genre : Thriller, Fantastique, Epouvante-horreur
Nationalité : Américain
Durée : 1h45min
Synopsis :
Après les événements mortels survenus dans sa maison, la famille Abbott doit faire face au danger du monde extérieur. Pour survivre, ils doivent se battre en silence. Forcés à s’aventurer en terrain inconnu, ils réalisent que les créatures qui attaquent au moindre son ne sont pas la seule menace qui se dresse sur leur chemin.
Critique :

De la même manière que l'horreur minimaliste d'Alien, le huitième passager a été troquée contre l'action musclée d'Aliens, Krasinski augmente ses enjeux avec #SansUnBruit2 et passe du thriller horrifique à l'actionner post-apo qui perd en fraîcheur ce qu'il gagne en spectaculaire pic.twitter.com/ddIaUZYep9

— Fucking Cinephiles (@FuckCinephiles) June 11, 2021

En 2016, John Krasinski, acteur connu notamment pour son rôle de Jim Halpert dans la série à succès The Office, réalisait son premier long-métrage, La famille Hollar, qui passait inaperçu en France. Deux ans plus tard, il réitère l’expérience de la réalisation pour Sans un bruit, avec un concept simple : faire un film post-apocalyptique où une famille américaine doit garder le silence pour rester en vie. Un petit budget, où il donne un rôle à sa femme Emily Blunt (qui gagnera le Screen Actors Guild Award de la meilleure actrice dans un second rôle). Un succès mondial, pour un film à la fin ouverte, qui le prédestinait à en faire une suite. C’est chose faite avec Sans un bruit 2, qui devait sortir dans nos salles le 18 mars 2020 (merci la pandémie). Le film reprend exactement où nous avions quitté les personnages la dernière fois, et nous les suivons dans une aventure, loin de leur ferme détruite par les curieux extraterrestres qui peuplent maintenant la Terre, prétexte pour s’intéresser à ce qu’il se passe pour d’autres personnages.

[CRITIQUE] : Sans un Bruit 2

Copyright 2019 Paramount Pictures. All rights reserved. / Jonny Cournoyer


Faire une suite, pour un film tel que Sans un bruit, peut être autant une aubaine qu’un piège. Le succès et l’argent qui rentre à flot sont des arguments solides pour Hollywood, qui en veut toujours plus. Mais le public étant ce qu’il est, il peut à la fois porter un projet contre vents et marais, mais aussi se retourner contre un film et/ou une saga. Le public et surtout, son opinion comptent pour l’industrie, beaucoup plus qu’on ne le voudrait nous le faire croire (Sonic, le film et ses problèmes de chara-design, en est un exemple flagrant et actuel). Dans quelle direction partir ? Qu’est-ce que le public veut voir le plus ? John Krasinski décide à la fois de contenter les critiques, tout en partant vers une direction assez inattendue, qui on vous le dit, en appellera à un troisième opus.
Ce ne sera donc pas dans Sans un bruit 2 où on répondra à la question phare : d’où viennent ces créatures et pourquoi sont-elles apparues sur Terre. La première séquence, un flashback du jour où elle sont venues du ciel (that day, comme le nomme les protagonistes), n’a pour but uniquement de nous présenter un nouveau personnage, Emmett (Cillian Murphy), ainsi que de nous mettre sur la voie sur les événements dont on va être témoin dans la suite du métrage. Krasinski, qui a vu son budget croître, profite et s’en donne à cœur joie dans les mouvements de caméra et les effets spéciaux. De longs plans ponctuent le début du film, dont le calme rend directement le spectateur mal à l’aise. Sont-ils déjà attaqués ? Non, Lee (John Krasinski) arpente la ville déserte pour rejoindre sa famille, devant un match de baseball. Les habitants de la petite ville étaient donc là, encore ignorants de l’horreur qui leur pend au nez.

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Ce début est important pour comprendre les dynamiques qui feront   suite dans le récit. Emmett est débrouillard, Reagan (Millicent Simmonds) qui suit les pas de son père, la famille qui utilise déjà le langage des signe pour se parler entre eux, alors que les sons les entourent encore. Les Abbott avaient déjà les clefs pour survivre aux horreurs qui les ont frappé dans le premier film : la cohésion et une communication silencieuse.
Le réalisateur pose la question sur le comportement humain suite à une destruction du monde tel que l’on connaît. Comment la société réagirait ? Mal évidemment. Evelyn (Emily Blunt) et sa petite famille, obligés de quitter leur domicile après la mort de Lee, vont vite le comprendre, chez les survivants, l’entraide et la cohésion n’existent plus. Ils rencontrent Emmett, qui a bien changé. Vivant seul maintenant, il ne pense qu’à sa propre sécurité, mais va être forcé par les Abbott, surtout Reagan, de prendre des risques. Car Reagan veut essayer de sauver des gens, qui peut-être comme eux, sont perdus et sans espoir. Elle connaît maintenant le point faible des créatures et est prête à prendre tous les risques possibles et inimaginables pour sauver l’humanité. La famille se délie donc, ce qui donne une ampleur supplémentaire à Sans un bruit 2. Un montage parallèle, avec d’un côté un huis-clos, qui suit les codes induit par le premier film et de l’autre, un voyage qui n’est pas sans rappeler un certain jeu vidéo The Last of Us, qui fait la part belle aux scènes d’actions haletante, avec un enjeu bien précis, où une jeune fille détient la clef de l’humanité. Cette ampleur décomplexé est autant une qualité qu’un défaut. Car Sans un bruit 2 étend son univers, pousse les curseurs plus loin, pour plus de frissons et d’enjeux, avec une mise en scène qui s’autorise plus de liberté. Mais le film perd son originalité en voulant placer son récit vers davantage d’action, ainsi que son atmosphère angoissante, faute à une perte d’intérêt pour les extra-terrestres, que nous voyons maintenant (beaucoup) trop souvent. On regrette aussi la perte de son concept, car à l’exception de deux-trois moments sans le moindre son (qui amène de belles séquences), le film pourrait se rebaptiser : Avec du bruit.

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Perdant sa simplicité (et donc en même temps son efficacité), Sans un bruit 2 s’en sort tant bien que mal, et pourra contenter son public grâce une action rythmée et son cliffhanger.Laura Enjolvy  
[CRITIQUE] : Sans un Bruit 2

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Qu'on se le dise, Sans un Bruit était un excellent petit bout de cinéma science-fictionnel et un poil horrifique, qui n'avait pas fondamentalement besoin d'une suite, et ce n'est pas l'année de retard qu'aura eu ce second opus à atteindre nos salles obscures (ni même notre appétence désormais décuplé pour tout divertissement pop-corn qui se respecte, gros sevrage de six mois oblige), qui va changer cette vérité.
Mais franchisation à outrance oblige, et encore plus au sein de la jungle Hollywoodienne (surtout chez une Paramount en crise et férocement en quête de produit phare à dégainer à outrance, en dehors des sagas Mission : Impossible et Transformers), l'histoire originale qu'incarnait l'effort de John Krasinski devient donc moins originale (oui...), ce qui est à la fois dommageable (exit l'effet de surprise du premier opus) mais également la potentielle promesse d'une expérience recyclant l'aspect angoissant et viscéral, pour lui préférer quelque chose de plus spectaculaire et rentre-dedans, comme toute séquelle bigger and faster qui se respecte.

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Reprenant exactement là ou le premier film se terminait, le film équilibre habilement les exigences du film de genre autant que l'impact émotionnel du drame familial, dans un opus suivant scrupuleusement la même mécanique narrative, tout en faisant habilement la part belle à la jeune génération, donnant plus de mou aussi bien à Noah Jupe qu'à la merveilleuse Millicent Simmons; la courageuse Regan sortant grandit, cristalisant une certaine frange de la génération actuelle qui se bat pour un monde meilleur, même si la société actuelle se complet dans ses répétitives erreurs (impossible de ne pas y voir un petit esprit optimiste à la Greta Thunberg, dans un refuse catégorique de la «sagesse» des adultes, pour agir et se lancer dans un objectif plus grand que soi).
Solidement emballé dans un package d'horreur lisse (pas de R Rated) mais au suspense prenant (Krasinski réserve un bon petit lot de scènes à couper le souffle), entre un symbolisme religieux toujours aussi présent, une caractérisation des personnages un brin sommaire (Cillian Murphy, parfait dans le rôle pas évident du beau-papa de substitution " mais qui ne l'est pas vraiment ") et une action testosteronnée (on sent le budget plus large); Sans un Bruit 2 fait le job, et nous catapulte a nouveau avec ferveur, dans le monde claustrophobe de la famille Abbott.

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De la même manière que l'horreur minimaliste d'Alien, le huitième passager a été troquée contre l'action musclée d'Aliens, Krasinski augmente ses enjeux et passe du thriller horrifique à l'actionner post-apo; soit, finalement, une séance parfaite pour cette saison estivale.
Jonathan Chevrier
[CRITIQUE] : Sans un Bruit 2

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Le premier opus avait reçu un accueil critique et public plutôt bon. Le travail de mise en scène autour du silence fonctionnait bien, le couple Krasinski/Blunt était adorable et nous y découvrions la jeune et talentueuse Millicent Simmonds. J’avais, cependant, quelques réserves quant à la représentation du couple à l’écran, au design des créatures et à la prépondérance des symboles religieux à l’écran. Ceci dit, la fin du film assez ouverte pouvait laisser présager un retournement de situation plutôt plaisant. Qu’en est-il finalement de ce second opus ? 

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Je ne vais pas mentir, Sans un bruit 2, malgré ses défauts m’a bien plu. Tout comme son aîné, il profite d’une mise en scène fluide avec quelques moments de grâce. Je pense notamment à la scène d’ouverture dont la tension est parfaitement rythmée. En terme d’image, si ce n’est le design des créatures qui est propre mais ne m’a pas parlé, le film est beau, les références visuelles à la religion chrétienne fonctionnent. En somme, on ne s’ennuie pas, le divertissement est bon et la facture de qualité. 
Seulement, j’ai tout de même quelques petits aspects à lui reprocher. Si les références visuelles à la chrétienté m’ont plu, la conception du couple traditionaliste est assez fatigante. Le final du premier film nous promettait une Emily Blunt plus centrale, ce ne sera finalement pas le cas. Cette suite nous impose une nouvelle figure paternelle sortie de nulle part. Cillian Murphy aura beau faire de son mieux, cela ne comblera pas les problèmes d’écriture liés au statut de pièce rapportée de son personnage. Il aurait pu être une simple étape dans le cheminement de notre petite famille, laissant à Evelyn Abbott le rôle principal, le film n’aurait rien perdu bien au contraire. L'écriture des personnages est bien le point faible de ce film. Petite pensée émue à Regan Abbott qui semble ne pas avoir la capacité de réfléchir et fait absolument tout ce qu’il ne faut pas faire. Toujours. 

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On peut également reprocher à ce film de ressembler un peu trop au premier. Le film se construit comme son aîné. D’abord une première partie à la mise en scène soignée, avec un travail sur le son et le silence bien fait et une tension maîtrisée. Ensuite tout un déroulé qui est axé sur la figure du père. Pour se finir sur un montage alterné de deux scènes de combat contre les créatures, avec dans les deux films, Emily Blunt les pieds dans l’eau. 
Sans un bruit 2 est une suite cohérente, peut-être un peu trop, qui réussit le pari de garder une mise en scène plaisante. On peut lui reprocher sa vision trop traditionaliste du couple et de la figure paternelle ainsi que sa construction peut-être un peu trop calquée sur le premier. Cependant, celui-ci reste vraiment divertissant et de bonne facture.
Éleonore

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