Je suis toutes les Filles (2021) de Donovan Marsh

Un sujet aussi difficile que lourd, voir tabou, avec la traite sexuelle de fillettes en Afrique du Sud, bien martelé d'entrée par un carton indiquant bien que c'est inspiré de faits réels qui se seraient déroulés vers les années 80-90 et dont le point de départ serait le tueur en série Gert Van Rooyen (Tout savoir ICI !). Le réalisateur-scénariste Donovan Marsh signe ce film après les comédies "Spud" (2010-2013), le polar "iNumber Number" (2013) et surtout le thriller sous-marinier "Hunter Killer" (2018). Le cinéaste co-signe le scénario à plusieurs mains, pour la plupart des auteurs qui signent là leur premier film avec Wayne Fitzjohn et Marcell Greef, et à l'exception notable de Jarrod de Jong surtout producteur de séries TV, ou Emile Leuvennink surtout connu pour des oeuvres télé mais aussi producteur-scénariste du film "Winnie" (2011) de Darren Roodt...

Je suis toutes les Filles (2021) de Donovan Marsh

Afrique du Sud, un service de Police est dédié à des enquêtes de disparitions et d'enlèvements de fillettes qui semblent servir pour un réseau. L'inspecteur Jodie Snyman est particulièrement investie au point de mettre en péril l'existence même du service et sa santé. L'enquête prend une tournure nouvelle quand un premier meurtre est commis sur un suspect pédophile. Il semble alors qu'un justicier veuille faire justice en parallèle des policiers qui sont trop souvent en retard... Le casting est composé d'acteurs quasi tous sud-africains peu connus hors de leur frontière, vus souvent dans des séries TV locales. Les deux personnages féminins principaux sont joués par Erica Wessels aperçue notamment dans les films "Primeval" (2007) de Michael Katleman et "Les Moissonneurs" (2018) de Etienne Kallos, puis Hlubi Mboya dont on peut citer les films "How to Steal 2 Million" (2011) de Charlie Vundla et "Dora's Peace" (2016) de Konstandino Kalarytis. Leur supérieur est interprété par Mothusi Magano remarqué dans "Hotel Rwanda" (2004) de Terry George et "Mon Nom est Tsotsi" (2005) de Gavin Hood, un collègue est joué par Brendon Daniels qui était dans "iNumber Number" (2013) et vu dans des rôles princpaux dans "Four Corners" (2013) de Ian Gabriel et "Tess" (2016) de Tess Rickards. Puis citons le grand méchant, Deon Lotz gueule patibulaire déjà vu dans "Winnie" (2011) de Darren Roodt, "Mandela un long Chemin vers la Liberté" (2013) de Justin Chadwick et (2016) de Christopher Smith... Le premier soucis du film réside justement dans ce film est "inspiré de faits réels". Ce terme est d'ores et déjà très galvaudé et sur ce film il frôle la pure arnaque. En effet, il semble donc que ce soit le tueur en série Gert Van Rooyen qui a inspiré le tueur du film Gert de Jager. Ok. Ensuite les rapports de ce teur avec un réseau n'a strictement jamais été prouvé et tient du fantasme. Néanmoins, il n'y a rien de secret qu'il existe des réseaux pédophiles donc on peut facilement se parer de "faits réels".

Je suis toutes les Filles (2021) de Donovan Marsh

A ce tarif, tous les films sont inspirés ou tirés de faits réels. Vu le sujet, cela permet surtout au film de se doter d'une certaine légitimité mais il n'en demeure pas moins qu'il y a autant de rapport entre cette histoire et des faits réels que n'importe quel polar. Une fois passé cette petite arnaque le film n'est pas dénué de qualité, ou du moins de bonnes idées. Bon point pour le début qui entre dans le vif du sujet, sans prologue trop explicatif. On aime l'immersion dans les bas fonds de l'Afrique du Sud, jusque dans la maison bunker du patron de la police qui démontre que ce pays n'est toujours pas sorti des problèmes, mais qui symbolise surtout que le danger peut être partout. Le plus étonnant pourtant est que la tension mise en place dès les premières minutes s'estompent un peu par la suite, ce qui va à contre courant. La faute aussi à un suspense éventé beaucoup trop tôt puisque le "tueur mystérieux" est dévoilé quasiment aussitôt. Le paramètre le plus intéressant repose donc sur des flash-backs certe difficiles mais trop cousus de fil blanc. L'intrigue repose ensuite sur une enquête très balisé bien que prenante. Il manque aussi au film une ampleur plus pregnante, autant dans la mise en scène que dans le contenu des faits car l'enquête ne fait qu'effleurée les faits puisque le "tueur mystérieux" est seul finalement à faire avancer le schmilblick. On mettra un bémol pour l'actrice principale, Erica Wessels, qui manque un peu de subtilité dans son jeu tandis que ses collègues Hlubi Mboya et Mothusi Magano sont impeccables. Le thriller est plutôt bien pensé mais, outre le tueur trop vite connu, la fin est à la fois trop action movie et trop tiré par les cheveux, surtout quand on insiste sur l'histoire vraie. En conclusion, un thriller aux ambitions trop grandes pour trop peu de moyens (financiers comme humains) ce qui en fait un bon et intéressant téléfilm.

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