Fargo (1996) des frères Coen

Après quelques films remarqués, du premier "Sang pour Sang" (1984) au succès de "Barton Fink" (1991) tout auréolé de sa Palme d'Or au Festival de Cannes, les frères Coen reviennent avec un polar glacé inspiré par un fait divers qui s'est déroulé dans la ville de Fargo (Dakota du Nord) mais les cinéastes avaient déjà leur idée : "Cela ne nous intéressait pas de faire un film documentaire, nous n'avons entrepris aucune recherche sur la nature et la péripétie des meurtres. Mais en prévenant le public que nous prenions notre inspiration dans la réalité, nous le préparions à ne pas voir le film comme un thriller ordinaire." Comme souvent à l'époque, chacun des frères étaient crédités à des postes sensiblement différents, Joel Coen réalisateur-scénariste et son frère Ethan producteur-scénariste et ce pour des conditions de règlements syndicaux puisqu'en vérité les deux frères assumaient ces trois postes de manières complètement équilibrés. Il faudra d'ailleurs attendre de nouvelles réglementations pour que les deux frères soient crédités ensemble à partir du film "The Ladykillers" (2004). Le film obtient le Prix de la mise en scène au Festival de Cannes 1996, puis les frères sont lauréat de l'Oscar du meilleur scénario original, tandis que Frances McDormand est lauréate de l'Oscar de la meilleure actrice... Un vendeur de voitures tente de convaincre son riche beau-père de lui prêter l'argent pour investir dans un projet immobilier mais n'y croyant pas il a cherché à imaginer un faux enlèvement, celui de sa femme, pour faire payer son beau-père. Mais le beau-père voulant finalement investir, le rapt s'avère inutile mais la machine est lancée et quand les ravisseurs prévus font une bavure plus rien ne va se dérouler comme prévu...

Fargo (1996) des frères Coen

Le vendeur de voiture par qui tout débute est incarné William H. Macy dont c'est le premier rôle important après quelques petits rôles comme dans "Ombres et Brouillards" (1992) de Woody Allen et "Le Client" (1994) de Joel Schumacher, il confirmera ensuite avec des films comme "Boogie Nights" (1997) et "Magnolia" (1999) tous deux de Paul Thomas Anderson. Les deux gangsters engagés sont incarnés par l'inénarrable Steve Buscemi acteur fétiche des Coen depuis les débuts et Peter Stormare qui retrouveront tous les deux le duo dans le chef d'oeuvre "The Big Lebowski" (1998). Buscemi avait également été remarqué chez Tarantino dans "Reservoir Dogs" (1992) et "Pulp Fiction" (1994), tandis que Stormare confirmera un peu plus tard comme dans "Le Monde Perdu" (1997) de Steven Spielberg et "Dancer in the Dark" (2000) de Lars Von Trier. Le riche beau-père est incarné par Harve Presnell, jusqu'ici il était surtout connu comme baryton dans les comédies musicales et essentiellement à Broadway mais on le verra encore sur grand écran comme dans "Il Faut Sauver le Soldat Ryan" (1998) de Steven Spielberg ou encore "La Légende de Bagger Vance" (2000) de Robert Redford. Le policière est incarnée par Frances McDormand (Mme Joel Coen à la ville) actrice récurrente chez les Coen mais également remarquée dans de nombreux autres films et ce jusqu'à l'excellent "Three Billboards" (2017) de Martin McDonagh. Son époux est joué par l'armoire à glace John Carroll Lynch alors en début de carrière et qu'on verra dans "Zodiac" (2007) de David Fincher et "Shutter Island" (2010) de Martin Scorcese. Pour finir citons Steve Reevis, amérindien abonné aux rôles de peaux-rouges de "Danse avec les Loups" (1990) de et avec Kevin Costner à "Les Disparues" (2003) de Ron Howard en passant par "Geronimo" (1993) et "Wild Bill" (1995) tous deux de Walter Hill... Les frères Coen retrouve plusieurs membres de leur équipe technique habituelle dont les plus fameux demeurent le compositeur Carter Burwell qui signera tous les films du duo à l'exception notable de "Inside Llewyn Davis" (2012), puis le Directeur Photo Roger Deakins qui signera tous les Coen depuis "Barton Fink" (1991) à l'exception de 3 films, "Burn After Reading" (2008), "Inside Llewyn Davis" et "La Ballade de Buster Scruggs" (2018)... L'intrigue se met en place rapidement, où comment un gars lambda choisit une solution jusqu'au-boutiste pour tenter de devenir plus riche. Un abruti en somme qui va trouver deux benêts du crime pour une affaire qui va forcément partir en c...... ! Le génie des deux réalisateurs-scénaristes résident dans ce mélange des genres savamment dosés merveilleusement incarnés par des acteurs sublimes qui incarnent des crétins qui jouent au caïds comme des gosses attardés. D'ailleurs Ethan Coen précise : "aller contre le cliché hollywoodien du méchant comme superprofessionnel, qui contrôle tout ce qu'il fait. En fait la plupart du temps, les criminels appartiennent à des strates de la société qui ne sont pas équipés pour affronter la vie et c'est pour cela qu'ils se font prendre si souvent. En ce sens aussi notre film est davantage du côté de la vie que des conventions du cinéma et du film de genre."

Fargo (1996) des frères Coen

Quasi toutes les minutes il se passe quelque chose, jusque dans les détails surtout quand entre en scène la flic enceinte qui semble aussi peu professionnelle que les gangsters mais qui va s'avérer plus maline qu'elle en a l'air. L'autre bon point est de montrer que si les méchants sont des crétins il ne demeure pas moins qu'ils restent dangereux. La paire Buscemi-Stromare offre une performance inspirées, l'idiot loquace qui se croit la tête pensante accompagné du psychopathe mutique forment ainsi un des meilleurs duo de bras cassés du crime que le cinéma aura offert. Le génie des Coen est de faire croire qu'ils grossissent le trait des protagonistes de cefait divers alors que même dans l'outrance ils croquent une certaine réalité de ces loosers qiu se prennent pour des cadors. Le plus gros défauts restent la partie de l'ex de la fliquette, d'abord interessante on constate vite que ce personnage est complètement inutile et que l'intérêt de sa présence façon sous-intrigue est même intégrée plutôt maladroitement au récit. Cette partie laisse un peu perplexe, sur le fond comme sur la forme. Dommage... Les Coen intègre au film un joli hommage à Stanley Kubrick, on peut remarquer quelques références comme la porte fracturée (), la réplique de Carl/Buscemi "just a little of the ol'in-and-out" (réplique de Alex dans "Orange Mécanique") ou encore la chanson de Nancy Sinatra "This Boots are Made for Walking" (clin d'oeil à "Full Metal Jacket"). Les Coen signe un polar glacé et glaçant, du moins le paraît-il de loin car il faut lassurément pas le savourer au premier degré car cette énième histoire de pieds nickelés est un Film Noir que les frères Coen saupoudrent d'un humour tout aussi noir, d'un cynisme qui flirte avec l'absurde à chaque instant. Un très bon moment.

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